M. Fortunat sortit...

L’effroyable colère qui succédait à la stupeur idiote, charriait avec

une violence inouïe tout son sang à son cerveau... Il avait un nuage

pourpre devant les yeux, ses oreilles tintaient, et à chaque pulsation

son crâne était ébranlé comme par un coup de marteau...

Ce fut si terrible qu’il eut peur.

--Vais-je donc avoir une attaque d’apoplexie, pensa-t-il.

Et, comme tout, autour de lui, tourbillonnait, comme les planchers

semblaient se dérober sous ses pieds, il s’assit au beau milieu de

l’escalier, attendant que ce dangereux vertige passât un peu,

s’efforçant de s’arraisonner et appelant à son secours toute sa

philosophie.

Il fut bien cinq minutes avant de se risquer à descendre, et quand enfin

il arriva dans la rue, ses traits étaient si décomposés que Chupin

frémit.

--Cristi!... murmura-t-il, le bourgeois a son compte.

Vivement il avait sauté sur le trottoir; il aida M. Fortunat à

s’installer dans le fiacre, et avant de monter lui-même:

--Place de la Bourse, 27!... cria-t-il au cocher, qui fouetta son

cheval.

Véritablement, c’était pitié de voir quel désespoir remplaçait la

confiance si joyeuse du chasseur d’héritages.

--C’est la fin de tout, gémissait-il, je suis volé, dépouillé, ruiné...

une affaire sûre... Ces malheurs n’arrivent qu’à moi... Un autre m’a

devancé... un autre touchera la prime... Oh!... si je le connaissais, le

misérable, si je le connaissais!...

--Minute... interrompit Chupin, je le connais, moi, ce particulier...

La vie infernale 1. Pascale et Marguerite; 2. Lia d'Argelès · 第 69 / 138 题