CHAPITRE CLXXVIII.

La première grenade d'honneur.--Madame de Balbi.--Cambacérès et le major

Garnier.--La protégée de l'abbé Raynal, ou la femme savante.

Je ne rendrai pas compte de tous les combats que j'eus à me livrer pour

ne pas céder à la voix du bonheur et de l'espérance qui me parlaient

pour Léopold; il m'en coûta, mais heureusement, comme je l'ai dit, la

raison eut le dessus, et heureusement encore les singuliers hasards de

ma destinée m'offraient à tout instant des distractions; je me trouvai

de nouveau attachée à des intérêts que j'avais crus éteints, et

auxquels, sur les libres terres de la Belgique, tous les malheurs, les

persécutions, l'exil et la mort, semblaient donner une activité

nouvelle. Je me préparais à faire la commission dont me chargeait la

lettre de Carnot, lorsqu'à Ath je fis une rencontre qui m'intéressa

singulièrement. Ath est un fort vilain bourg entre Gand et Anvers: ne

voulant pas rester dans la salle de l'auberge avec une demi-douzaine de

fumeurs, je me promenais dehors en attendant le départ de la voiture. À

quelques pas de la porte était assis un militaire qu'au seul aspect je

reconnus pour un Français, à la cravatte noire, à la redingote de route,

au large pantalon bleu, à la mine d'un philosophe de bivac. Il était

adossé contre un de ces gros arbres entourés d'un banc en cercle, si

communs dans les villages de Hollande. Son sac était à ses pieds, et il

le poussait avec un air tantôt triste, tantôt de mauvaise humeur et

d'impatience. Aussitôt je me laissai aller au même mouvement qui me

valut un si rude accueil de la part du colonel espagnol[16]. «Pardon,

mon brave, dis-je au vétéran, vous me paraissez fatigué et las

d'attendre ici?»

À ma voix de femme, il m'avait regardée avec surprise, puis avec un

sourire bienveillant: «Une Française, cela me fait plaisir à rencontrer

dans ce pays de buveurs de bière où on me disait qu'on nous aimait tant,

et où je ne trouve pas seulement à me faire comprendre.»

Nous voilà, nous, installés sous une espèce de treille, et moi de faire

appeler un excellent déjeûner.

«Je viens de loin, me dit le militaire; plus de paie, et me voilà lancé

dans l'émigration.

«--Je ne suis pas riche, mais deux napoléons, je les ai toujours au

service d'un militaire, d'un ancien camarade.

«--Vous avez servi? tenez, je voyais qu'il y avait quelque chose de ça

dans votre tournure; vous êtes d'une jolie taille au moins! Là, vrai,

avez-vous vu le feu? À quelles journées étiez-vous? parlons-en, cela

fait oublier que me voilà vieux, pauvre, cherchant à gagner ma vie en

philosophe.»

Je pensai que c'était vraiment un don particulier de Napoléon que cet

attachement qu'il inspirait aux soldats, à ceux qui même après vingt

années de fatigues et de périls n'avaient encore pour récompense que ces

fatigues et ces périls. Je renouvelai mon offre, y joignant celle

d'adresser le militaire à Anvers à quelqu'un de sûr qui pourrait lui

être utile.

«--Je l'accepte, ma petite dame, avec le même bon coeur que vous

l'offrez; ça se connaît de suite, et je devine que vous êtes ici depuis

que nous sommes des brigands; tenez, votre double napoléon me fera pour

toutes sortes de raisons grand bien; mais j'aime autant votre offre de

m'adresser à des amis, car c'est du travail que je cherche et tout ne me

convient pas, car voilà bientôt trente ans que je n'ai manié que le

fusil, et ça gâte la main pour tout autre métier. Le seul état que j'ai

su, c'est la reliure.

«--Eh bien! tant mieux, j'ai votre fait à Bruxelles; si vous savez

relier, vous serez placé en arrivant.

«--Eh bien alors, gardez votre double napoléon, ça vous servira.

«--Prenez toujours, il ne faut pas qu'en arrivant vous soyez, forcé de

demander des avances; tenez, voilà un mot (et je l'écrivis) pour vous

loger.» En y jetant les yeux et en lisant: _Rue de l'Empereur_, «Cela me

portera bonheur; oh! c'est que nous avons, tels que nous voilà, des

raisons très particulières pour ne pas l'oublier, c'est une vieille

connaissance, ça date de Marengo; tenez, il y a dans ce sac un habit qui

a été à l'île d'Elbe, je veux être enterré dedans. Je ne le donnerais

pas pour une fortune, mon pauvre habit que j'aime, et j'ai là-dedans un

autre trésor.

«--Votre croix?

«--Celle-là reste ici cachée,» et il pressa son coeur. «Mais l'autre est

un souvenir d'un ami bien cher, d'un pays, d'un frère d'armes, c'est une

grenade d'honneur.

«--Qu'est-ce que cela veut dire, mon brave?

«--C'était dans ce temps-là comme la croix, une récompense de la

bravoure, et c'était à mon bon, mon brave Renaud, que Napoléon donna

cette première récompense sur le champ de bataille. Il était sergent

d'artillerie; nous sommes tous deux de Selangey, Côte-d'Or. Renaud fit

au passage du Simplon des actions qui déjà le firent remarquer de

Napoléon, connaisseur en soldats. À Marengo il se coucha sous sa pièce,

et y mit le feu au moment où les Autrichiens venaient s'en emparer;

figurez-vous la débâcle, c'est là-dessus que Napoléon lui décerna la

grenade d'honneur qui était la première donnée; à la même journée, il

démonta encore une batterie autrichienne. Oh! c'était un homme

extraordinaire, brave comme l'épée de Napoléon, et humain et doux comme

une bonne femme. Mon Dieu! c'est un trait d'humanité qui lui coûta la

vie, et c'est comme cela que malheureusement j'ai cette grenade

d'honneur qui ne me quittera plus. Nous étions à Neuhaff, quand un

terrible incendie vint à éclater; la maison où le feu faisait le plus de

ravages était habitée par un père de famille, un ami intime aussi de mon

camarade, qui à la vue du danger n'en fit ni une ni deux, mit habit bas

et s'élança au secours de son ami; je l'avais suivi et tâchais vainement

de l'arrêter quand je vis pour lui une mort inévitable et horrible. Il

faut que je parvienne jusqu'à lui, cria-t-il, et il enfonça une porte;

il croyait trouver là son ami; la flamme qui s'échappait avec fureur

l'enveloppa; j'étais moi-même suspendu sur une poutre près de l'escalier

embrasé; je vis le malheureux et intrépide Renaud tomber et disparaître

dans un tourbillon de fumée et de feu; une seule parole me parvint:

_Garde ma grenade_. Ce cri, Madame, je crois bien souvent encore

l'entendre, et cette grenade, prix de la bravoure, signe de l'honneur

militaire, je l'ai apporteé avec moi sur les champs de bataille d'Iéna,

Wagram, Austerlitz, de la Moskowa et de Mont-Saint-Jean; aujourd'hui,

c'est-à-dire depuis les jours de paix et de délivrance, je l'ai cousue

dans mon uniforme, et voilà mon linceul, c'est une relique pour ceux qui

sont comme moi fidèles à la religion du soldat, au souvenir du drapeau.

«--J'ai vu des sabres d'honneur, répondis-je, mais je ne savais même pas

qu'on eût donné des grenades. Je serai bien aise de la voir quand j'irai

vous trouver à Bruxelles; mais n'en parlez pas, il faut maintenant,

comme vous dites, vivre en philosophe.» Il me témoigna beaucoup de

regret de ce que je n'allais pas à Bruxelles, et voulut défaire son sac;

je m'y opposai, non par défaut d'intérêt, mais parce qu'on mettait les

chevaux, et que je voulus voir emballer ma nouvelle connaissance, que je

quittai avec le doux sentiment d'avoir peut-être assuré son existence

par cette rencontre.

Ce brave homme s'appelait Bois-Marie et se disait parent d'une jeune

fille sacrifiée dans la révolution à la haine féroce d'un ami intime de

Robespierre, si Robespierre put avoir des amis.

Renaudin de Saint-Remi, qui quitta son siége de sage pour déposer comme

témoin contre l'innocente et infortunée Marie, opina ensuite pour la

mort comme juré. J'appris plus tard d'autres détails de ce _grognard_ de

l'île d'Elbe. Quelques uns sont honorables à la mémoire de Tallien; je

les placerai dans le cours de ces volumes. Il monta sur la voiture,

heureux et joyeux, en chantant d'une voix qui était plus propre à

commander _à droite, gauche, fixe_, qu'à fredonner la romance; il chanta

l'air de _Cendrillon: Dieu protégera j'espère._

À une lieue d'Ath, je descendis et pris un chemin de traverse qui me

conduisit à une fort jolie maison de campagne où j'avais quelqu'un à

prendre pour venir à Anvers. J'y trouvai grande société; on m'y donna

des nouvelles de Mme de La Valette. Tous les convives étaient amis ou

connaissances de mes amis, et la conversation se ressentit de la

confiance que produit naturellement la conformité d'opinion.

Parmi les convives était le major Garnier: c'était de tous celui que je

connaissais le moins; et je n'en parlerais même pas, n'ayant pas de bien

à en dire, si, malheureusement trop crédule pour tout ce qui est service

à rendre, je ne me fusse trouvée attachée à des intrigues et projets

d'embauchage que j'atteste sur mon honneur avoir toujours ignorés.

Quêter pour ceux qui partaient ou affectaient de vouloir partir pour le

Champ-d'Asile, beau rêve des proscrits; courir, écrire, user de tous mes

moyens pour leur être utile: voilà ce que j'ai constamment fait pendant

quatre années que j'ai voyagé de Bruxelles à Anvers, Gand, Bruges,

Ostende, Londres et Amsterdam; j'ai même été souvent dupe de mon

exaltation; mais j'ai séché quelques larmes, et je ne saurais regretter

une facilité d'attendrissement qui a eu de pareils résultats.

D'ailleurs, je ne me cite jamais en exemple à imiter; mes défauts, mes

qualités, tiennent ensemble, si bien que ne pas agir de premier élan est

pour moi d'une impossibilité absolue; céder à ce premier mouvement a

même pour moi un charme inexprimable; aussi dès que le major Garnier,

avec sa laideur toute militaire m'eût prononcé les noms magiques de Ney

et Waterloo, unissant par une déchirante pensée de regret ces deux

affreuses époques d'amertume et de deuil, je supposai à celui qui m'en

parlait avec âme tous mes regrets, toute ma douleur, et dès ce moment la

réflexion qui n'eût pas été en faveur du major n'eût pu se faire jour

dans mon esprit; il me disait qu'il avait vu Ney, lorsque exténué de

fatigue, blessé, à pied, et guidé par un sous-officier de la garde, il

arriva, après le fatal 18, au lieu où un officier du général Desnouettes

lui donna son cheval pour se rendre à Marchienne-au-Pont. Dès ce moment

nous fûmes amis, de mon côté avec la plus loyale franchise, du sien avec

toutes les confidences qui pouvaient le mieux m'attacher à ses vues, et

me les faire servir malgré moi et à mon insu.

Le major Garnier avait alors près de cinquante ans; il annonçait avoir

servi dans les gardes françaises, et racontait fort bien une infinité

d'anecdotes. Il était lié avec l'hôte de l'Aigle-Noir, à Liége.

«Je vous y adresserai, me dit-il, vous coucherez dans la chambre où

Louis XVIII, alors MONSIEUR, coucha avec son fidèle d'Avaray, ce modèle

des amis, ce Bertrand de 92.»

Les détails qu'il nous donna sur ce prince étaient remplis d'intérêt;

mais je ne crois pas, ne pouvant en garantir l'authenticité, devoir les

rapporter ici, puisqu'il s'agit d'un personnage auguste; je ne puis

taire pourtant un mot de Mme Balbi, femme du gouverneur du Luxembourg,

et qui, ayant montré la plus constante fidélité au sort du prince, avait

contribué à sa fuite, et bravé toutes les tristes chances de

l'émigration. Je fus bien un peu surprise de voir un soldat d'Arcole,

comme se prétendait le major, si bien au fait des secrets des princes;

car presque tous ceux qui vécurent sous les drapeaux ignoraient aussi

bien les actions d'un courageux dévouement, que les crimes affreux qui

signalèrent cette époque de la révolution.

«Rien, disait le major, n'était aimable et séduisant comme la comtesse

de Balbi. Dans les différens pays que, pendant sa longue émigration,

cette dame a parcourus, on chante ses louanges.»

Madame de Balbi parlait des malheurs de Louis XVI et de l'infortunée

Marie-Antoinette, et leur faisait des partisans en arrachant des larmes.

J'ai logé en Allemagne dans une maison où Mme de Balbi avait habité; un

émigré, qui alors était devenu un des plus zélés sujets de Napoléon Ier,

le major Garnier, conta un mot de cette dame qui ne fit pas fortune dans

la haute société germanique, peu faite encore à l'élégant laisser-aller

des favoris. Mme de Balbi se trouva à un cercle nombreux qui se pressait

pour la voir et l'entendre. Une jeune et naïve allemande passa sa belle

tête blonde et son frais visage entre les épaules un peu tudesques de

son fiancé, et l'émigré en question laissa échapper cette naïveté: _Is

das ein koenings hoer?_[17] Mme de Balbi, qui entendit l'insolente

épithète, se tourna avec cette aisance que donne la cour, et répondit:

«Ma chère, _le sang des princes ne tache pas_.»

Je me rappelai avoir, sous le consulat, entendu parler d'une Mme de

Balbi qui vivait sous les dehors de la médiocrité dans une ville de

province; je demandai au major s'il croyait que ce fût de la même

famille.

«Bien mieux, c'est, dit-il, la même personne. Mme de Balbi a servi les

princes de toutes les manières. Rentrée en 97, elle a su intéresser le

Consul en excitant la sensibilité de l'excellente Joséphine, dont le

faible à protéger l'ancienne aristocratie a bien un peu nui peut-être à

la solidité du trône impérial. Mme de Balbi est, sans nul doute,

intervenue dans quelques tentatives politiques, mais elle a eu

l'heureuse adresse d'en esquiver les conséquences, et cela à une époque

où la police n'était pas mal faite; c'est qu'elle a de l'esprit comme un

démon, l'esprit des affaires.

«--Vous ne jugez pas cela comme moi, lui dis-je; je vois Mme de Balbi

noblement dévouée à la cause de la royauté, seule cause légitime pour

elle; je la vois toujours marchant au but: j'aime ce courage de

constance, cette longue résignation; les princes ne trouvent déjà pas si

souvent ces vertus dans les hommes aux jours de l'adversité, qu'il n'y

ait un mérite de plus pour une femme. La seule chose que je n'approuve

pas, c'est d'avoir affecté les dehors de la pauvreté, d'avoir joué le

rôle de solliciteuse près de l'homme dont elle devait désirer la chute;

c'est trahir les bienfaits: qu'on demande des renseignemens pour sauver

ses amis, bien permis; mais accepter les dons, demander les grâces de

ceux qu'on hait, il y a là dedans quelque chose qui ne va ni à la fierté

du malheur ni à la dignité d'une cause.»

Je mis dans ce discours assez de véhémence pour attirer l'attention, et

j'eus le plaisir de voir tout le monde de mon avis. Le major Garnier se

rendait à Bruxelles; il avait des lettres pour Cambacérès: je ne pus

m'empêcher de lui parler de l'affaire de l'officier à demi-solde avec

l'ex-archichancelier.

«J'en espère mieux, me dit le major; j'ai une recommandation qui ne peut

manquer son effet, c'est un souvenir de jeunesse...

«--Pas avec vous, j'espère, major, lui dis-je en riant.

«--Ce n'est pas ce que votre malice s'imagine.

«--Ah! tant mieux, car j'aurais regretté de voir invoquer de pareils

souvenirs.

«Voilà qui s'appelle pousser loin l'intérêt du sexe.»

Le major, à ce dernier mot, fit une singulière grimace qui le rendit si

laid qu'il n'y eut plus moyen de douter de la parfaite innocence des

souvenirs qu'il allait invoquer; du reste, sa morale était si facile que

le moyen qui réussissait lui paraissait toujours le moyen par

excellence; je lui donnai mon adresse à Anvers, et il quitta la société

avant moi.

La maîtresse de la maison était une parente du fameux

Rabaut-Saint-Étienne, et née à Nîmes, comme lui, professant la religion

réformée. Cette dame, dont la destinée fut fort bizarre, devenue victime

d'un mariage d'inclination, se plaisait à citer un important service que

lui rendit le célèbre abbé Raynal.

«C'était déjà, disait-elle, un vieillard en 92, mais l'homme le

meilleur, le plus aimable, et d'une figure noble et belle. J'étais bien

jeune alors, et le zèle officieux, les services de ce défenseur de

l'humanité, qui habitait une retraite dans le midi de la France, me

sauvèrent l'honneur et la vie.»

On voyait, dans les discours et le caractère de cette dame, que la

société du philosophe avait un peu déteint sur sa conversation

travaillée et presque oratoire; mais je n'ai guère vu de coeur plus

dévoué à ses amis que celui de Mme Étienne Rabaut; elle se prit

d'extrême amitié pour moi.

«Puisque vous avez habité la Hollande, me dit-elle, voilà un ouvrage qui

vous intéressera:» c'était l'_Histoire du Stathouderat_, par l'abbé

Reynal. Madame Étienne y avait écrit quelques notes qui me prouvèrent

qu'elle visait au savoir, et ce fut sans doute mon invincible dégoût

pour cette prétention, qui m'a fait mettre moins d'empressement à

cultiver l'amitié d'une personne d'ailleurs si distinguée. Nous parlâmes

beaucoup de Carnot, cet homme intègre et philosophe, sorti pauvre de

toutes les situations de sa vie. Madame Étienne fit les honneurs de la

soirée par son savoir et ses citations toujours justes, ce qui n'est pas

peu pour qui cite beaucoup. Je l'admirais, mais sans me dire: _J'en

voudrais savoir autant_. Là où perce l'étude chez les femmes, il me

semble que le charme disparaît; presque toujours un succès que nous

avons trop l'air de chercher nous échappe; non que je veuille faire

l'apologie de l'ignorance, et dénigrer les supériorités; mais avec un

peu moins de prétentions, madame Étienne eût été une personne parfaite.

Comme c'est chez elle que je voyais la plupart de mes amis, j'aurai

plusieurs fois occasion de revenir sur son chapitre. Je partis dans la

nuit pour Anvers, afin d'y remplir la commission dont je m'étais

chargée, commission qui eut pour résultat mon premier voyage à Londres,

comme je le dirai dans le chapitre suivant.

Mémoires d'une contemporaine. Tome 7 Souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat, de l'Empire, etc... · 第 19 / 36 题