XXXV

Mais à deux pas de l'adolescent sont sa mère et sa soeur; le pathétique

commence là avec la femme et l'enfant: la mère, vieillie par la maladie

plus que par l'âge, est languissamment assise sur une des marches du quai

des Esclavons, adossée au mur d'une masure qui est sans doute la sienne;

son bâton, qui échappe à sa main affaissée, atteste qu'elle est infirme et

qu'elle s'est traînée avec effort jusque-là, pour voir une dernière fois

l'embarquement de son mari et de ses jeunes enfants; elle les recommande à

Dieu de ses lèvres pâles et balbutiantes. Son regard est attaché sur le

mari et sur les enfants. L'adieu est déjà dit; ces chers parents ont le

pied sur le pont de la barque; la mer les ramènera-t-elle? la

retrouveront-ils quand ils reviendront? Problème touchant qui se pose sur

tous les visages! Pour elle, le problème semble déjà résolu; elle n'a plus

qu'un souffle de vie, ce souffle est dans son coeur. Une larme monte aux

yeux quand on la regarde.

Cours familier de Littérature - Volume 07 · 第 40 / 326 题