Mais à deux pas de l'adolescent sont sa mère et sa soeur; le pathétique
commence là avec la femme et l'enfant: la mère, vieillie par la maladie
plus que par l'âge, est languissamment assise sur une des marches du quai
des Esclavons, adossée au mur d'une masure qui est sans doute la sienne;
son bâton, qui échappe à sa main affaissée, atteste qu'elle est infirme et
qu'elle s'est traînée avec effort jusque-là, pour voir une dernière fois
l'embarquement de son mari et de ses jeunes enfants; elle les recommande à
Dieu de ses lèvres pâles et balbutiantes. Son regard est attaché sur le
mari et sur les enfants. L'adieu est déjà dit; ces chers parents ont le
pied sur le pont de la barque; la mer les ramènera-t-elle? la
retrouveront-ils quand ils reviendront? Problème touchant qui se pose sur
tous les visages! Pour elle, le problème semble déjà résolu; elle n'a plus
qu'un souffle de vie, ce souffle est dans son coeur. Une larme monte aux
yeux quand on la regarde.