Après avoir suivi longtemps à tâtons le sentier ténébreux qui mène à
l'abbaye, nos guides arrêtèrent nos chevaux; ils sonnèrent aux grilles pour
demander l'hospitalité habituelle aux pèlerins et aux voyageurs. On leur
répondit rudement des fenêtres que l'heure était indue, qu'on n'ouvrait
plus à de nouveaux hôtes, et que d'ailleurs le monastère était plein de
visiteurs arrivés avant nous. Les guides eurent beau répliquer qu'ils
conduisaient le ministre de France et sa famille, que nous avions des
lettres du tout-puissant ministre d'État _Fossombroni_, qui nous
recommandait au prieur, les fenêtres se refermèrent, les lueurs des
flambeaux s'éteignirent dans le monastère, et il nous fallut reprendre,
pour trouver un abri, le sentier par lequel nous étions venus.