Un grave accident a mis dernièrement en émoi la ville de Montélimar,
dans des circonstances qu'il est intéressant de signaler.
M. Brun, pharmacien-chimiste, propriétaire d'une superbe villa, de
construction récente et dont les travaux sont à peine achevés, y avait
installé un appareil à acétylène, fonctionnant de manière à ne laisser
dégager le gaz qu'au fur et à mesure de la consommation. Le 9 octobre,
il essayait un chauffe-bains, avec le constructeur de cet appareil,
lorsque, partant des sous-sols, une explosion se produisit, accompagnée
d'une formidable détonation, entendue à plusieurs kilomètres de
distance. En même temps, les persiennes et volets, réduits en miettes,
étaient projetés au loin, les planchers s'effondraient, leurs poutrelles
en fer tordues comme des brins de paille. Tout un angle du bâtiment
s'était écroulé, et telle avait été la violence de la répercussion qu'il
ne restait plus trace de vitres aux fenêtres des habitations voisines.
On n'a eu, heureusement, aucun accident de personne à déplorer; mais, si
le sinistre était advenu quarante-huit heures plus tard, la famille de
M. Brun et les domestiques eussent été ensevelis sous les décombres.
[Illustration: Villa écornée par une explosion d'acétylène à
Montélimar.]
Quant aux dégâts matériels, ils sont considérables, et l'on peut les
évaluer au moins à une centaine de mille francs; car, sans compter la
partie de la maison entièrement détruite, la partie demeurée debout est
lézardée et atteinte dans ses oeuvres vives.
Au sujet de la cause de l'explosion, l'hypothèse la plus probable est
celle-ci: un ouvrier, mal au courant de la marche de l'appareil, aurait
négligé de fermer un robinet dit «de purge»; d'où une fuite du gaz, qui
se serait accumulé en grande quantité dans les sous-sols, cependant bien
aérés.