Les divers procédés suggérés de temps à autre pour purifier la fumée de
tabac présentent généralement deux points communs: ils ont la prétention
d'enlever au tabac _tous_ ses principes nocifs et ils exigent une
cuisine plus ou moins compliquée.
Un chimiste allemand, moins absolu que ses précurseurs, propose une
solution d'une extrême simplicité: elle consiste à placer, soit dans le
tuyau de la pipe, soit dans le fume-cigare ou fume-cigarette, un petit
tampon d'ouate imbibé de perchlorure de: fer. D'une longue série
d'expériences, M. Thoms se croit autorisé à conclure que cette
filtration élimine totalement l'hydrogène sulfuré et l'huile essentielle
empyreumatique; et, pour la plus grande partie, la nicotine et ses
produits de décomposition, l'acide cyanhydrique et l'ammoniaque. On ne
saurait, ajoute-t-il, éliminer toute la nocivité sans éliminer le
plaisir.
La vapeur du perchlorure n'est pas vénéneuse, et, comme elle n'est pas
entraînée; par la fumée filtrée, il semble qu'elle ne doive pas influer
sérieusement sur l'arôme! Sur ce point, toutefois, le chimiste a
l'esprit de décliner sa compétence et de s'en rapporter à celle des
fumeurs.