Un chimiste hongrois, du nom de Brunn, prétend avoir découvert un
liquide chimique qui mettrait certaines substances à l'abri des injures
du temps, en même temps qu'il les rendrait antiseptiques. Ses recherches
lui auraient été suggérées par un voyage en Grèce, au cours duquel il
remarqua que le mortier des édifices en ruine, de plus de deux mille
ans, semblait aussi dur et frais que s'il avait été de l'année
précédente seulement. Il se procura un morceau de mortier et l'examina,
et de cet examen, fait il y a vingt-cinq ans, sont sorties les
recherches qui ont abouti à la découverte, à l'invention d'un liquide
jaune, nommé zorène, dont on n'indique point la composition, mais qui
posséderait toutes les vertus. Ce zorène serait un durcissant
incomparable pour la pierre, la brique et le bois. Il empêcherait aussi
les matériaux d'absorber l'humidité; il rendrait inoxydables les métaux.
En même temps il permettrait de créer des routes ne donnant pas de
poussière,--ce qui est une façon de parler. Le zorène associé aux
scories fournirait des chaussées presque éternelles et si dures que les
véhicules auraient de la peine à les entamer. Si tout cela est vrai, le
zorène a une belle place à prendre.