LA RÉSISTANCE DU COEUR AUX BLESSURES.

On est habitué à considérer le coeur comme un organe extrêmement

sensible et qui ne pourrait être touché par un corps étranger sans que

la mort s'ensuivît.

Or la chirurgie moderne reconnaît à cet organe une grande tolérance; non

seulement on peut pratiquer des opérations sur le coeur, mais encore

celui-ci résiste à de très graves traumatismes.

Les blessures du coeur, dans les tentatives de suicide, donnent une

mortalité de 60%, ce qui représente plus d'un tiers de guérisons.

Un chirurgien cite un cas dans lequel il eut à rechercher dans le coeur

une balle que s'était tirée une jeune fille. Il n'arriva pas à la

trouver, malgré des recherches nombreuses et la palpation énergique du

coeur. Or la malade survécut, non seulement à la balle, que la

radioscopie révéla comme étant dans l'épaisseur même de l'organe, mais

encore aux longs examens du chirurgien, à l'intérieur même du péricarde!

Les plaies du coeur sont graves du fait de l'hémorragie abondante

qu'elles provoquent souvent, car alors le sang s'accumule dans le

péricarde et la compression finit par provoquer l'arrêt cardiaque; et,

quand les vaisseaux nourriciers du muscle sont atteints, la mort

survient encore rapidement par le défaut d'irrigation nutritive de

l'organe.

Mais, en dehors de ces conditions, on peut espérer la guérison.

Quand la syncope survient sous l'influence du choc traumatique, il

suffit de maintenir les fonctions respiratoires et circulatoires par le

massage du coeur pour voir se rétablir les fonctions de cet organe,

l'effet nerveux inhibiteur ne tardant pas à cesser.

En réalité, cela revient à dire qu'il est possible de revenir d'une mort

subite par arrêt du coeur.

L'Illustration, No. 3269, 21 Octobre 1905 · 第 34 / 41 题