_Le Prince de Bismarck, sa vie et son oeuvre, par madame Marie Dronsart,
1 vol. in-18, Calmann Lévy, éditeur._
Ce matin, à six heures, le ciel est sombre. Tandis qu'une lourde pluie,
lancée par le vent, sonne la charge contre les vitres, la tempête
souffle dans les cheminées comme dans d'énormes flûtes mélancoliques, et
courbe sur l'avenue un grand peuplier qui semble ainsi l'arc de Nemrod.
Les jeunes feuilles des tilleuls ont froid et n'osent s'ouvrir. Les
oiseaux se taisent. À vrai dire, c'est un temps qui convient à mes
pensées. J'ai dévoré hier une biographie du prince de Bismarck, écrite
avec beaucoup de talent par Mme Marie Dronsart; j'en reste oppressé, et
voici que j'ai dans l'âme autant de souffles et de nuées qu'en chasse
devant moi le ciel agité. Otto de Bismarck! Quel homme! quelle destinée!
Il est né, on le sait, au coeur de la Prusse, sur cette vaste plaine de
sable où règnent de rudes et longs hivers, et qui nourrit de sombres
forêts. Il est junker, c'est-à-dire gentilhomme campagnard, issu d'une
longue lignée de cavaliers, grands chasseurs, grands buveurs, fortes
têtes. L'un d'eux, Rulo, fut excommunié en 1309 pour avoir ouvert une
école laïque. Le fils de celui-là fut un grand politique. On grava sur
sa tombe cette simple épitaphe: _Nicolaus de Bismarck, miles_. Soldats,
ils le sont tous. Ils sont cuirassiers, dragons, carabiniers. Au reste,
aussi aptes à négocier qu'à se battre. Avec une main de fer, ils ont
l'esprit délié. Ils sont violents et rusés. Ce double caractère se
retrouve dans le plus grand d'entre eux. Otto de Bismarck montra dès la
jeunesse un esprit indomptable. Envoyé par son père en 1832 à
l'Université de Goettingue, il n'était pas arrivé depuis vingt-quatre
heures qu'il avait déjà fait mille extravagances. Cité devant le
recteur, il se présenta dans un costume désordonné, en compagnie d'un
dogue féroce et démuselé. À Berlin, où il alla ensuite, il n'entendit
aucun professeur et ne suivit pas même le cours de droit de l'illustre
Savigny. Il passait son temps à boire, à fumer et à se battre au sabre.
Il lui arriva de se battre vingt-huit fois en trois semestres. Chaque
fois, il toucha son adversaire et ne reçut lui-même qu'une seule
blessure, dont il porte encore une cicatrice à la joue. C'est à ce jeu
qu'il prit en lui-même une confiance insolente. Il est soldat comme ses
aïeux; mais c'est, comme eux, pour commander, non pour obéir. Entré, en
1838, dans les cuirassiers de la garde, il ne put supporter la
discipline. Un de ses chefs lui fit faire antichambre. «J'étais, venu
lui dit M. de Bismarck, pour vous demander un congé. Mais, pendant cette
longue heure, j'ai réfléchi. Je vous offre ma démission.» Il porte dans
la vie publique la même impatience, que l'âge n'a pas calmée. En 1863, à
la Chambre, rappelé à l'ordre par le président, il répond: «Je n'ai pas
l'honneur d'être membre de cette Assemblée; je n'ai pas fait votre
règlement; je n'ai pas pris part à l'élection de votre président; je ne
suis donc pas soumis aux règles disciplinaires de la Chambre. Le pouvoir
de M. le Président a pour limite la place que j'occupe ici. Je ne
reconnais d'autorité supérieure à la mienne que celle de Sa Majesté le
roi... Je parle ici en vertu, non pas de votre règlement, mais de
l'autorité que Sa Majesté m'a conférée et du paragraphe de la
Constitution qui prescrit que les ministres, en tout temps, devront
obtenir la parole, s'ils la demandent, et être écoutés.»
À ce moment, des murmures s'élèvent dans l'Assemblée. Il les domine:
--Vous n'avez pas le droit de m'interrompre.
En 1865, ministre, il garde l'humeur batailleuse d'un étudiant. En
pleine Chambre, il propose à un brave homme de savant, M. de Virchow,
d'aller ensemble dans un pré se couper la gorge.
L'âge même n'a pas raison de sa violence. Si le seul maître qu'il
reconnaisse, le souverain, lui résiste, il contient mal sa colère. Un
jour, en sortant du cabinet de l'empereur, il tire la porte de telle
façon, que le bouton lui reste dans la main. Il le lance dans la pièce
voisine contre un vase de porcelaine qui se brise avec fracas. Alors il
pousse un soupir de soulagement et murmure:
--Maintenant, ça va mieux!
Tour à tour, la violence sauvage de son humeur le retient au milieu des
hommes pour les conduire ou les combattre et le pousse dans la solitude
des bois, des champs paternels, que son âme démesurée emplit toute. À
Varzin, il pratique sincèrement la vie rustique. Il a besoin d'air et
d'espace. Il fallut longtemps à ses muscles puissants des exercices
terribles. C'est un cavalier digne des vieux centaures de l'Elbe dont il
descend. Son père, le voyant à cheval, disait:
--Il est tout comme Pluvinel.
Mais, à la vérité, le maître classique qui enseigna l'équitation
française à Louis XIII n'aurait jamais avoué pour son élève ce
chevaucheur furieux qui crève sa bête et mène, à travers plantations,
taillis et fondrières, le train du cavalier fantôme.
Comme ses pères, M. de Bismarck est grand chasseur. Quarante ans il
poursuivit le cerf, l'élan, le moufflon, le daim, l'ours, le chamois, le
renard et le loup. Il a goûté plus qu'aucun autre gentilhomme campagnard
cette joie de détruire qui ajoute, dit-on, à la joie de vivre, et qui
entretient en santé les rudes veneurs. Il y a peu de temps, sentant son
déclin et la vanité de l'effort, une image familière lui vint à
l'esprit; son oeuvre politique lui apparut comme un long hallali, et il
se compara lui-même à «un chasseur épuisé de fatigue». Il nage comme il
chasse. Il se plonge dans l'eau des fleuves, des lacs et des océans avec
délices. Il semble que la mer soit la grande volupté de ce géant chaste.
Il lui donne les noms de belle et de charmante. «J'attends avec
impatience, écrit-il un jour, le moment de presser son sein mouvant sur
mon coeur.» Il a pour sa terre un amour de propriétaire campagnard.
En 1870, il disait un matin, à Versailles: «J'ai eu cette nuit, pour la
première fois depuis longtemps, deux heures de bon sommeil réparateur.
Ordinairement je reste éveillé, l'esprit rempli de toutes sortes de
pensées et d'inquiétudes; puis Varzin se présente tout à coup,
parfaitement distinct, jusque dans les plus petits détails, comme un
grand tableau avec toutes ses couleurs. Les arbres verts, les rayons de
soleil sur l'écorce lisse, le ciel bleu au dessus. Impossible, malgré
mes efforts, d'échapper à cette obsession...» Aujourd'hui, dit-on, le
prince de l'empire n'est jamais si heureux que lorsqu'il parcourt ce
rustique domaine «en grandes bottes bien graissées». Il goûte la
campagne en homme pratique, se préoccupant des gelées, des boeufs
malades, des moutons morts ou mal nourris, des mauvais chemins, de la
rareté des fourrages, de la paille, des pommes de terre, du fumier; il
aime aussi la nature pour le mystère infini qui est en elle. Il a le
sentiment de la beauté des choses. En 1862, pendant le séjour à jamais
funeste qu'il fit en France, il visita la Touraine. En revenant de
Chambord, il écrivit à la princesse de Bismarck: «Tu ne peux te faire
une idée, d'après les échantillons de bruyère que je t'envoie, du violet
rosé que revêt dans ce pays ma fleur préférée. C'est la seule qui
fleurisse dans le jardin royal, comme l'hirondelle est la seule créature
vivante qui habite le château. Il est trop solitaire pour le moineau.»
Chez lui, la machine animale est d'une force prodigieuse; elle est aussi
d'une capacité et d'une exigence peu communes. M. de Bismarck est un des
plus grands buveurs de son temps. Bière, vin de Champagne, vin de
Bourgogne, vin de Bordeaux, tout lui est bon. Il étonna les cuirassiers
de Brandebourg en vidant d'un trait le hanap du régiment, qui contenait
une bouteille. Un jour, à la chasse, il avala d'une haleine ce que
contenait de Champagne une énorme corne de cerf percée des deux bouts.
Étant à Bordeaux, en 1862, il fit grand honneur aux crus du Médoc et
puis s'en vanta justement. «J'ai bu, écrivit-il, du laffitte, du pichon,
du mouton, du latour, du margaux, du saint-julien, du brame, du laroze,
de l'armaillac et autres vins. Nous avons à l'ombre 30 degrés et au
soleil 55, mais on ne pense pas à cela quand on a du bon vin dans le
corps.» S'il boit beaucoup, il mange à l'avenant. Pendant la guerre de
1870-71, sa table ne cesse d'être abondamment fournie en pâtés,
venaisons et poitrines d'oie fumées. «Nous avons toujours été grands
mangeurs dans la famille, disait-il devant ces victuailles. S'il faut
que je travaille bien, il faut que je sois bien nourri. Je ne peux faire
une bonne paix si l'on ne me donne pas de quoi bien manger et bien
boire.»
Par un contraste qui fait sa force, cet homme violent, aux appétits
impérieux, sait quand il veut se contenir et feindre. Il sait boire, il
sait tout aussi bien faire boire les autres. Il aimait les cartes dans
sa jeunesse, mais il cessa de jouer après son mariage. «Cela ne
convenait pas à un père de famille.» Le jeu ne fut plus pour lui qu'un
moyen de tromper son monde. M. Busch nous a conservé à ce sujet un
intéressant propos de table: «Dans l'été de 1865, pendant que je
négociais la convention de Gastein avec Blome, le diplomate autrichien,
je me livrai au _quinze_ avec une folie apparente, qui stupéfia la
galerie. Mais je savais très bien ce que je faisais. Blome avait entendu
dire que ce jeu fournissait la meilleure occasion de découvrir la nature
vraie d'un homme, et il voulait l'expérimenter sur moi. «Ah! c'est
ainsi, pensai-je. Eh bien, voilà pour vous!» Et je perdis quelques
centaines de thalers, que j'aurais vraiment pu réclamer, comme ayant été
dépensés au service de Sa Majesté. J'avais mis Blome sur une fausse
piste; il me prit pour un casse-cou et s'égara.»
Sa puissance de travail est prodigieuse et ne peut être comparée qu'à
celle de Napoléon. M. de Bismarck trouve, au milieu des grandes
affaires, le temps de lire. En 1866, le 2 juillet, la veille de Sadowa,
il visita le champ de bataille de Sichrow, couvert de cadavres, de
chevaux éventrés, d'armes et de caissons. Au retour, il écrivit à la
comtesse: «Envoyez-moi un pistolet d'arçon et un roman français.» Il
sait par coeur Shakespeare et Goethe. Il a une connaissance approfondie de
l'histoire universelle. Il sent la musique, surtout celle de Beethoven.
Il lui arriva d'emprunter au poème du _Freyschütz_ un de ses effets
oratoires les plus heureux. C'était en 1848. Les libéraux offraient à
Frédéric-Guillaume IV la couronne impériale. L'altier junker, leur
ennemi, s'écria: «C'est le radicalisme qui apporte au roi ce cadeau. Tôt
ou tard, le radicalisme se dressera devant le roi, réclamera sa
récompense et, montrant l'emblème de l'aigle sur le drapeau impérial, il
lui dira: «Pensais-tu que cette aigle fût un don gratuit?» Ces paroles
sont exactement celles que prononce le diable quand il réclame l'âme de
Max pour prix des balles enchantées.
Sa parole est rude et savoureuse. Elle abonde en images pittoresques et
en expressions créées. Un jour, il parle d'un débat sincère à la
tribune. «C'est, dit-il, la politique en caleçon de bain.» Il vante
Lassalle, dont l'esprit lui plaisait. «Je l'aurais voulu pour voisin de
campagne.» Il s'entretient avec un socialiste éloquent et entêté: «J'ai
trouvé une borne-fontaine de phrases.»
Je partage, pour ma part, le goût que M. J.-J. Weiss trouve à la
savoureuse éloquence du chancelier. Ce n'est pas, si vous voulez, un bel
orateur.--Il manque tout à fait de rhétorique. Mais il a, ce qui vaut
mieux, l'image soudaine et l'expression vivante. Voici un exemple, pris
entre mille, de cette causerie imagée qui lui est naturelle.
C'était au début de la session de 1884-1885. Plusieurs députés avaient
déposé une proposition tendant à allouer aux membres du Reichstag une
indemnité pécuniaire, à l'exemple de la France, où les députés comme les
sénateurs reçoivent, on le sait, un traitement. C'est là une disposition
démocratique. Comme telle, elle devait déplaire à M. de Bismarck, qui y
fit en effet le plus mauvais accueil. Il la considéra comme inspirée par
les socialistes du Parlement et non content de la combattre, il se donna
la satisfaction de combattre ceux de qui elle semblait émaner.
Il leur reprocha d'attaquer tous les systèmes de gouvernement sans avoir
eux-mêmes un système à proposer. «Ils étaient six avant les élections,
dit-il. Ils sont douze aujourd'hui. J'espère bien qu'ils seront dix-huit
à la prochaine législature et qu'ils s'estimeront assez nombreux alors
pour porter leur Eldorado sur le bureau de la Chambre. Alors on
connaîtra l'inanité de ce qu'ils veulent et ils perdront leurs
partisans. En attendant ils ont encore le voile du prophète--de ce
prophète dont le visage était si affreux, qu'il ne le montrait à
personne. Comme lui, ils se gardent de soulever le voile.» Cette image
du prophète voilé, dont il a fait usage plusieurs fois, est frappante.
Elle ne lui appartient pas, il est vrai. Elle est tirée d'un poème de
Thomas Moore (_the veiled prophet_). C'est un emprunt. Mais de telles
citations, amenées aussi naturellement, relèvent la pensée et donnent au
discours une force inattendue.
Ce qu'est M. de Bismarck, on le voit. Ce qu'il a dit, on l'a entendu. Ce
qu'il a fait, on le sait trop. Mais que pense-t-il? que croit-il? Quelle
idée se fait-il de lui-même, de la vie et de la destinée de l'homme?
Personne peut-être ne le sait. Et ce serait pourtant une chose curieuse
à connaître que la philosophie du prince de Bismarck.
On a dit que cet esprit si fort confessait la foi religieuse de la
multitude, et que même il y mêlait des superstitions antiques et
grossières: que, par exemple, il tenait pour funestes certains jours et
certaines dates. Il s'en est défendu. «Je prendrai place, a-t-il dit, à
une table de treize convives aussi souvent qu'il vous plaira, et je
m'occupe des affaires les plus importantes le vendredi ou le 13 du mois,
si c'est nécessaire.» Soit! À cet égard, il a l'esprit libre. Par
contre, il avoue avoir été frappé d'une terreur superstitieuse quand le
roi lui conféra le titre de comte. C'est une vieille croyance, en
Poméranie, que toutes les familles qui reçoivent ce titre s'éteignent
promptement. «Je pourrais en citer dix ou douze, disait longtemps après
M. de Bismarck; je fis donc tout pour l'éviter; il fallut bien enfin me
soumettre. Mais je ne suis pas sans inquiétude, même maintenant.»
Il ne paraît pas que ce soit là une pure plaisanterie. On dit aussi
qu'il vit des fantômes dans un vieux château du Brandebourg. Quant à sa
croyance en Dieu, elle semble profonde. La foi chrétienne a même arraché
à ce superbe des accents d'humilité. N'a-t-il pas écrit publiquement:
«Je suis du grand nombre des pécheurs auxquels manque la gloire de Dieu.
Je n'en espère pas moins, comme eux, que, dans sa grâce, il ne voudra
pas me retirer le bâton de l'humble foi, à l'aide duquel je cherche ma
voie au milieu des doutes et des dangers de mon état.» Je ne suis pas
tenté de suspecter outre mesure la sincérité du sentiment qu'expriment
ces paroles piétistes. Il n'est pas surprenant que M. de Bismarck soit
un esprit religieux, puisqu'il joint à beaucoup d'imagination un dégoût
instinctif des sciences naturelles et positives. De tout temps, il a
volontiers consulté «la Bible et le Ciel étoilé», et fait comme un autre
son roman de l'idéal.
On le dit triste, et je l'en félicite. Il méprise les hommes, et
pourtant leur inimitié lui pèse. Il s'écrie amèrement: «J'ai été haï de
beaucoup et aimé d'un petit nombre (1866).--Il n'y a pas d'homme si bien
détesté que moi de la Garonne à la Néva (1874).» Il sait qu'en Prusse
même, il serait maudit si la victoire n'avait assuré ses desseins. «Que
nous soyons vaincus, disait-il avant Sadowa, et les femmes de Berlin me
lapideront à coups de torchons mouillés.»
Pour comble de misère, cet homme qui a tant agi ne découvre plus, à la
réflexion, de raisons d'agir en ce monde. Il ne trouve même plus un sens
possible à la vie. «Que la volonté de Dieu soit faite! écrit-il en 1856.
Tout n'est ici-bas qu'une question de temps; les races et les individus,
la folie et la sagesse, la paix et la guerre vont et viennent comme les
vagues, et la mer demeure. Il n'y a sur la terre qu'hypocrisie et
jonglerie! Que ce masque de chair nous soit arraché par la fièvre ou par
une balle, il faut qu'il tombe tôt ou tard; alors apparaîtra entre un
Prussien et un Autrichien une ressemblance qui rendra très difficile de
les distinguer l'un de l'autre.»
Vingt ans plus tard, dans une heure intime et solennelle, il sentit lui
monter au coeur l'épouvante et l'horreur de son oeuvre. C'était à Varzin.
Le jour tombait. Le prince, selon son habitude, était assis après son
dîner, près du poêle, dans le grand salon où se dresse la statue de
Rauch: _la Victoire distribuant des couronnes_. Après un long silence,
pendant lequel il jetait de temps à autre des pommes de pin dans le feu
et regardait droit devant lui, il commença tout à coup à se plaindre de
ce que son activité politique ne lui avait valu que peu de satisfaction
et encore moins d'amis. Personne ne l'aimait pour ce qu'il avait
accompli. Il n'avait fait par là le bonheur de personne, ni de lui-même,
ni de sa famille, ni de qui que ce fût.
Quelqu'un lui suggéra qu'il avait fait celui d'une grande nation.
--Oui; mais le malheur de combien? répondit-il. Sans moi, trois grandes
guerres n'auraient pas eu lieu, quatre-vingt mille hommes n'auraient pas
péri; des pères, des mères, des frères, des soeurs, des veuves ne
seraient pas plongés dans le deuil. J'ai réglé tout cela avec mon
créateur; mais je n'ai récolté que peu ou pas de joie de toutes mes
oeuvres.
Jamais M. de Bismarck ne s'était montré si grand que ce soir-là.