constructions religieuses dans lesquelles l'architecte ait cherché à
séparer franchement la galerie du triforium du comble en appentis, au
moyen d'une cloison fixe. Voici (fig. 11), en A, le plan d'une
demi-travée de ce triforium[269]. En B, est le tracé de la pile au
niveau de la galerie et au niveau du rez-de-chaussée; en C, le
contre-fort qui porte la colonne recevant la tête de l'arc-boutant[270],
et en D la cloison de maçonnerie avec arc de décharge. En E est donnée
l'élévation de ce triforium sur la nef. On aperçoit en G l'arc de
décharge de la cloison. Comme à Sens, la claire-voie est divisée en deux
travées, la pilette P portant le meneau central de la fenêtre et
reposant sur la clef de l'archivolte du collatéral[271]. En H, est
tracée, a une plus grande échelle, la projection horizontale de la
pilette P, avec les tailloirs des chapiteaux, celle d'une des
colonnettes; et en I, la section du profil de l'arc I'. On remarquera
que cette galerie étant placée à une grande hauteur, et la largeur de la
nef ne pouvant donner beaucoup de reculée, les profils horizontaux, tels
que bases et tailloirs, sont très-développés en hauteur et peu
saillants, afin de ne pas être masqués par les projections
perspectives[272]. Souvent les chapiteaux des colonnettes de ces
triforiums du milieu du XIIIe siècle sont très-bas d'assises et
très-évasés, afin de développer leur corbeille aux yeux des personnes
placées sur le sol. On trouve un très-remarquable exemple de ce parti,
adopté en raison de l'effet perspectif, dans la cathédrale de
Châlons-sur-Marne. À Notre-Dame d'Amiens, on voit que l'architecte,
préoccupé de la diminution perspective de son ordonnance de galerie, en
a exagéré les proportions, comme hauteur, par rapport à la largeur.
C'est à de telles attentions dans la conception des diverses parties
d'un édifice, que l'on reconnaît les maîtres. Ceux-ci, en traçant le
géométral, se rendaient évidemment compte des déformations produites par
la hauteur, l'éloignement et la place relative; ils obtenaient l'effet
voulu sans être obligés, comme cela se voit souvent aujourd'hui, de
tâtonner et de modifier sur place des portions tout entières des
édifices, pour n'obtenir, après ces essais dispendieux, que des
proportions indécises ou des effets incomplets.
La coupe du triforium de la nef de la cathédrale d'Amiens (fig. 12),
faite sur _ab_, montre l'habileté du constructeur. Dans cette coupe, on
voit en A et B les deux arcs concentriques en tiers-point qui forment
archivolte de la galerie. En C, est le renfort intérieur au droit des
grosses piles, en D un linteau de liaisonnement. L'archivolte B naît sur
le chapiteau du petit renfort intérieur de la pilette P du plan, et
vient pénétrer les renforts C. En E, est le plafond du triforium faisant
chemin de ronde au-dessus du comble F des collatéraux. En G, la colonne
isolée qui reçoit la tête des arcs-boutants[273] et qui porte sur le
contre-fort H. En K, est l'arc de décharge marqué G sur le tracé (fig.
11); en I, la cloison fermant le comble, et en L un arc de décharge
portant cette cloison et laissant sous son intrados passer la voûte du
bas côté; Les grandes fenêtres supérieures s'ouvrent en M immédiatement
au-dessus de la galerie[274]. Cependant les murs d'adossement du comble
des bas côtés, vus derrière la claire-voie du triforium, paraissaient
nus; on décida bientôt qu'ils devaient être ajourés, et, dans la même
église (Notre-Dame d'Amiens), l'architecte qui éleva l'oeuvre haute du
choeur établit sur le collatéral des combles en pavillon, afin de
pouvoir ouvrir des jours dans les murs de clôture du triforium. Ces
galeries participèrent ainsi bientôt des fenêtres supérieures[275].
C'est vers le milieu du XIIIe siècle que ce parti fut adopté dans un
grand nombre d'églises du domaine royal, notamment à la cathédrale de
Troyes et à l'abbaye de Saint-Denis, en grande partie reconstruite sous
le règne de Louis IX. Le triforium de la nef et du choeur de cette
dernière église est très-remarquable comme composition. Nous donnons
(fig. 13) le plan A et l'élévation B d'une demi-travée de ce triforium.
En C, est tracée la claire-voie postérieure C' du plan, laquelle reçoit
le vitrage; de sorte que l'on aperçoit les vitraux de cette claire-voie
C à travers l'arcature antérieure. Ici le triforium se relie plus
intimement avec les grandes fenêtres supérieures qu'à Amiens, au moyen
des colonnettes de meneaux D. Mais les tympans T des deux arcatures sont
encore pleins, tandis qu'un peu plus tard, comme à Notre-Dame de Paris,
sous les roses du transsept (1260), dans le choeur des cathédrales de
Beauvais et de Troyes (1250), dans le choeur de la cathédrale de Sées
(1270), dans l'église abbatiale de Saint-Ouen de Rouen (1300), ces
tympans sont eux-mêmes ajourés. Alors le triforium n'est que la
continuation de la fenêtre supérieure, et n'est séparé de celle-ci que
par une dalle formant plafond de la galerie vitrée et sol du chemin de
ronde qui la surmonte. La figure 14 explique cette disposition adoptée
dans l'église abbatiale de Saint-Denis. En A, est le sol du triforium;
en B, le sol du chemin de ronde. À Saint-Denis, la galerie a partout la
même largeur et n'est plus rétrécie par des renforts au droit des piles,
comme à la cathédrale d'Amiens. Le contre-fort C porte la colonne D qui
reçoit les têtes des arcs-boutants[276]. Le collatéral était couvert par
des combles en pavillon, avec chéneau E, afin de permettre d'ouvrir les
jours dans la cloison G[277].
L'exemple le plus complet et le plus développé peut-être du triforium,
se reliant absolument à la fenêtre supérieure, se trouve à Sées, dans le
choeur de la cathédrale, dont la construction date de 1270 environ[278].
Ce monument, conçu d'une manière très-savante, mais mal fondé, sur un
mauvais sol, a beaucoup d'analogie avec le choeur de l'église de
Saint-Ouen de Rouen. Les défauts de structure, qui en ont compromis la
durée, tiennent à une exécution insuffisante, faute de ressources
probablement. Au point de vue de la théorie, le choeur de la cathédrale
de Sées dépasserait même en valeur celui de l'église abbatiale de
Saint-Ouen, s'il eût été fondé sur un bon sol, et si les matériaux
eussent été convenablement choisis et d'une résistance proportionnée aux
charges qu'ils ont à porter[279].
La figure 15 donne le triforium d'une des travées parallèles du choeur
de la cathédrale de Sées. L'archivolte A du collatéral est surmontée
d'un gâble, derrière le rampant duquel s'amorcent les colonnettes qui
composent la claire-voie du triforium et la fenêtre haute. L'ordonnance
de cette partie supérieure commence donc immédiatement au-dessus des
archivoltes (voy. TRAVÉE, fig. 11); et, dès le niveau B, les sections de
l'arcature du triforium et des meneaux des fenêtres sont indiquées. Une
seule dalle C, qui fait appui des fenêtres, recouvre la galerie du
triforium et sert de chemin de ronde extérieur au-dessus de cette
galerie. Comme à Saint-Denis, comme dans le choeur de la cathédrale
d'Amiens, la claire-voie vitrée extérieure D n'est pas semblable à la
claire-voie intérieure, ce qui est fort bien calculé; car si les formes
des arcatures à jour sont pareilles à l'extérieur et à l'intérieur, il
en résulte en perspective des superpositions de lignes d'un mauvais
effet. Au contraire, ces arcatures étant différentes, l'oeil les sépare
assez naturellement, et les intersections des courbes produisent des
combinaisons variées et riches. À Sées, comme à Saint-Ouen de Rouen, ce
n'est plus un bahut plein, mais une balustrade à jour qui forme appui de
la galerie, de sorte que, pour les personnes placées sur le sol
inférieur, les vitraux de la claire-voie postérieure D se voient à
travers cette balustrade. L'intention d'ajourer de plus en plus les
travées au-dessus des collatéraux, et d'en faire comme une sorte de
tapisserie translucide, sans interruption, devient évidente à dater de
la seconde moitié de XIIIe siècle, et se manifeste jusque vers la fin du
XIVe siècle, dans l'Île-de-France et les provinces voisines, sauf de
rares exceptions. Comme les hautes fenêtres elles-mêmes, les galeries du
triforium occupent alors tout l'espace compris entre les piles. Trois
monuments religieux de cette époque (fin du XIIIe siècle), dus à un même
architecte, très-probablement, font exception à cette règle: ce sont les
cathédrales de Clermont (Puy-de-Dôme), de Limoges et de Narbonne, dont
les choeurs furent seuls terminés avant le XIVe siècle. Dans ces trois
églises, les fenêtres hautes n'occupent pas entièrement tout l'espace
libre entre les piles portant les arcs des voûtes; elles sont plus
étroites, et la claire-voie du triforium n'occupe également que la
largeur des fenêtres. Ces galeries du triforium ne sont point ajourées
extérieurement, mais possèdent un mur d'adossement plein, bien que les
collatéraux soient couverts en terrasses, disposition qui, à notre avis,
n'était d'ailleurs que provisoire. De plus, ces galeries pourtournent
les piliers, au lieu de passer à travers, comme dans nos églises du
Nord[280]. Il s'en faut que ce parti ait la franchise du mode de
structure adopté dans nos provinces du Nord. Les arcatures de triforium,
isolées des piles et laissant un plein à droite et à gauche de
celles-ci, ne produisent pas un bon effet, ne s'expliquent pas
nettement. Et, de fait, aucune nécessité de construction ne motive ces
sortes de trumeaux alourdissant les piles sans raison.
Pendant que le triforium se développait ainsi en ne faisant plus qu'un
avec la fenêtre supérieure dans le Nord, en Bourgogne les architectes
procédaient autrement pendant le XIIIe siècle. Ils conservaient le mur
d'adossement plein pour appuyer le comble en appentis du collatéral, et,
au lieu de réserver au-dessus du triforium un chemin de ronde
extérieurement, ils le disposaient intérieurement. La fenêtre supérieure
de la travée se trouvait ainsi élevée à l'aplomb de ce mur d'adossement,
et non point à l'aplomb de la claire-voie intérieure, comme dans les
exemples précédents[281].
Voici (fig. 16) un exemple de cette structure, pris dans la jolie église
de Saint-Martin de Clamecy. On voit combien, dans ces monuments
bourguignons, le triforium prend d'importance. C'est un véritable
portique élevé au-dessus des archivoltes du collatéral. Ce système ne
peut conduire à relier la galerie avec le fenestrage supérieur, posé en
retraite; aussi ne le voyons-nous adopté en Bourgogne, et dans une
partie du Nivernais, que quand, dans ces provinces, on abandonne les
traditions locales, vers la fin du XIVe siècle, pour recourir au style
de l'architecture du domaine royal. L'ordonnance du triforium-portique
bourguignon devait nécessairement entraîner les architectes à décorer
d'une manière particulière ces arcatures qui prenaient une si grande
importance dans les nefs. Les colonnettes ne reposaient plus ici sur un
bahut comme à Amiens, ou sur une balustrade, mais directement sur le sol
de la galerie, accusé par un bandeau saillant; disposition qui
contribuait encore à donner de la grandeur à cette ordonnance. À Semur
en Auxois, les arcatures du triforium de l'église de Notre-Dame sont
décorées de têtes saillantes très-habilement sculptées. Dans la nef de
la cathédrale de Nevers, de petites caryatides supportent les
colonnettes, et des figures d'anges remplissent les tympans (fig. 17).
Ces portiques sont élevés en grands matériaux, et, dans leur hauteur,
les piliers eux-mêmes sont souvent composés de monostyles groupés[282].
Habituellement, dans les églises bourguignonnes, les fenêtres
supérieures n'ont pas l'importance relative (par suite de la grandeur du
triforium) qu'elles prennent, au XIIIe siècle, dans les monuments
religieux du domaine royal. La figure 16 en est la preuve. Quelquefois
même le triforium se confond avec le fenestrage supérieur. L'église
abbatiale de Saint-Seine (Côte-d'Or) nous fournit un exemple de cette
singulière disposition, datant du commencement du XIIIe siècle (fig.
18). Ici c'est le formeret de la voûte haute qui circonscrit l'arcature
du triforium, qui n'est plus qu'une décoration. Ce dernier parti a été
fréquemment adopté dans les églises normandes des XIIe et XIIIe siècles,
en France comme en Angleterre. Mais le triforium dans les églises
normandes mérite une étude particulière. Il se compose, pendant la
première période, c'est-à-dire au XIe siècle, d'un étage élevé au-dessus
du collatéral et couvert par une charpente apparente et d'un chemin de
ronde supérieur au niveau des fenêtres hautes. On ne peut douter
aujourd'hui (depuis les travaux entrepris par M. Ruprich Robert dans les
deux églises abbatiales de Caen, l'Abbaye-aux-Dames et
l'Abbaye-aux-Hommes) que les nefs de ces églises n'aient été couvertes
originairement par des charpentes apparentes[283].
Or, il existe toujours, dans les monuments religieux d'une grande
dimension, en Normandie, une galerie de circulation au-dessus du
triforium, sous la charpente supérieure. Voici une coupe de la nef
primitive de l'Abbaye-aux-Hommes (fig. 19)[284], qui explique clairement
ce que nous venons de dire. En A, est le triforium avec sa charpente; en
B, le chemin de ronde au droit des fenêtres supérieures, sous la grande
charpente C. Il est aisé de se rendre compte de l'usage de ce chemin de
ronde. Les charpentes apparentes étaient composées de pièces de bois
formant des saillies, des entrevous; elles étaient décorées de
peintures. Ces sortes d'ouvrages exigent un entretien fréquent, ne
serait-ce même qu'un époussetage, car les araignées ne tardent pas à
garnir de leurs toiles les creux laissés entre les chevrons ou solives.
Ces bois ont besoin d'être visités pour éviter la pourriture causée par
des infiltrations. Le chemin de ronde B facilitait donc cet entretien et
cette inspection constante. De plus, il permettait de visiter et de
réparer les vitraux des fenêtres supérieures, et de donner passage aux
couvreurs pour réparer les toitures. En E, est tracée une travée, ou
plutôt une demi-travée intérieure, car, dans la nef de l'église
Saint-Étienne de Caen, les travées sont doubles suivant la méthode
normande[285]. La ligne ponctuée _abcd_ indique la coupe longitudinale
du chemin de ronde B. Au XIIe siècle, on remplaça, dans presque toutes
les nefs normandes-françaises, les charpentes apparentes par des voûtes.
Alors, pour contre-buter ces voûtes, dans le triforium A, on construisit
le demi-berceau continu D, avec arcs-doubleaux _f_ au droit des anciens
pilastres _f'_. Ce demi-berceau, non plus que la voûte supérieure,
n'exigèrent la destruction du chemin de ronde B; au contraire, ce chemin
de ronde fut ouvert plus largement sur la nef et décoré de colonnettes
(fig. 20). Les fenêtres _a_, ainsi que les passages, furent conservés en
relevant leur appui d'une assise, afin de trouver la nouvelle pente du
comble. Le sol du chemin de ronde au niveau _b_, dans la disposition
romane, fut abaissé en _d_, pour donner une proportion plus svelte à la
galerie supérieure. L'architecte n'osa pas probablement ouvrir en _g_ de
nouvelles arcades, comme il l'avait fait contre la pile centrale de la
travée, dans la crainte d'affaiblir les piles principales, et aussi
parce que la perspective des arcs ogives les masquait en partie. Ainsi,
la raison d'utilité qui avait fait pratiquer les chemins de ronde sous
les charpentes supérieures des églises normandes primitives devenait,
lorsque ces églises furent voûtées, un motif de décoration qui persiste
dans les monuments de cette province jusqu'à la fin du XIIIe siècle.
Le chevet de la cathédrale de Lincoln (Angleterre) nous fournit un
exemple des plus remarquables de la persistance de cette tradition (fig.
21). Là le triforium est encore couvert par une charpente apparente
comme celui de l'église normande romane, et le chemin de ronde supérieur
se combine avec le fenestrage ouvert sous les formerets. Ce chemin de
ronde n'a plus alors une utilité réelle, puisque les vitraux pourraient,
s'il n'existait pas, être réparés du dehors en passant sur la tablette
de recouvrement du comble du triforium. La claire-voie intérieure du
chemin de ronde se relie à la fenêtre vitrée au moyen de linteaux
formant l'assise du tailloir des chapiteaux. Il y a dans ce parti un
désir de produire de l'effet par le jeu de ces deux claires-voies dont
l'une, celle intérieure, n'est qu'une décoration. On remarquera, dans
cet exemple, combien est chargée de moulures et d'ornements l'arcature
du triforium, et combien cette richesse contraste avec l'aspect nu de la
charpente apparente. Il est évident que, dans cette architecture
normande du XIIIe siècle, la tradition romane conserve son empire et
devient souvent l'occasion de formes et de partis qui ne sont plus
justifiés par suite des changements introduits dans le mode de
structure. Une disposition analogue a été adoptée dans le choeur de la
cathédrale d'Ély, disposition qui reproduit plus exactement encore celle
des chemins de ronde supérieurs des églises normandes romanes. Dans
notre architecture française, au contraire, l'école laïque du XIIe
siècle laisse de côté toutes les traditions romanes, et ne s'inspire
plus que des nécessités imposées par le nouveau mode de structure; elle
procède toujours d'une manière logique, claire, ne met en oeuvre que ce
qui est nécessaire, et peut toujours rendre raison de ce qu'elle fait.
Il serait à souhaiter qu'on en pût dire autant de nos écoles modernes
d'architecture.
Mais nous devons nous borner, les documents abondent, et nous ne pouvons
ici que signaler les principaux, ceux qui présentent un caractère tout
particulier. Ces exemples suffisent, nous l'espérons, à faire ressortir
la variété que nos maîtres du moyen âge savaient apporter dans leurs
conceptions, sans jamais abandonner un principe admis.
Nous ne parlerons qu'incidemment du triforium, dont la forme est
inusitée. La petite église de Champeaux (Seine-et-Marne) possède un
triforium s'ouvrant directement sous le comble du collatéral par des
roses, aujourd'hui bouchées, et très-probablement garnies, dans
l'origine, par des meneaux dans le genre de ceux qui remplissent les
roses percées au-dessus du triforium de la cathédrale de Paris. Dans
quelques églises, le triforium ne consiste qu'en une baie simple ou
jumelle s'ouvrant également sous le comble. La cathédrale de Béziers,
dans les parties de la nef refaites au XIVe siècle, nous montre un
triforium ainsi composé (fig. 22). Sa claire-voie, ouverte sous le
comble du collatéral, consiste en deux baies carrées prolongeant les
meneaux de la fenêtre supérieure. Quelquefois, mais très-rarement, dans
la bonne architecture française, le triforium est simulé et n'est alors
qu'une arcature en placage, une simple décoration occupant la hauteur du
comble du collatéral. Les dispositions adoptées à Saint-Denis, dans les
cathédrales de Troyes, de Beauvais, de Sées, dans l'église abbatiale de
Saint-Ouen de Rouen, persistent pendant les XIVe et XVe siècles. Les
détails du triforium deviennent plus déliés, les profils plus maigres,
mais on ne voit apparaître aucun parti nouveau. Les arcatures se
modifient en raison du goût du moment, mais elles continuent à se relier
au fenestrage supérieur. À la fin du XVe siècle, cependant, il arrive
parfois que la galerie du triforium prend une ordonnance spéciale,
chargée de détails, de redents, de contre-courbes, de sculptures, en
laissant entre elle et le fenestrage un intervalle plein. An XVIe
siècle, on se contente de substituer, comme à Saint-Eustache de Paris,
par exemple, des formes se rapprochant de l'architecture romaine aux
formes gothiques. Ces tentatives, plus ou moins heureuses, ne
constituent pas une invention, un perfectionnement; ce sont là des
questions de détail sur lesquelles il ne paraît pas utile de s'étendre.
[Illustration: Fig. 1.]
[Illustration: Fig. 2.]
[Illustration: Fig. 3.]
[Illustration: Fig. 4.]
[Illustration: Fig. 5.]
[Illustration: Fig. 6.]
[Illustration: Fig. 7.]
[Illustration: Fig. 7. bis.]
[Illustration: Fig. 7. ter.]
[Illustration: Fig. 8.]
[Illustration: Fig. 9.]
[Illustration: Fig. 10.]
[Illustration: Fig. 11.]
[Illustration: Fig. 12.]
[Illustration: Fig. 13.]
[Illustration: Fig. 14.]
[Illustration: Fig. 15.]
[Illustration: Fig. 16.]
[Illustration: Fig. 17.]
[Illustration: Fig. 18.]
[Illustration: Fig. 19.]
[Illustration: Fig. 20.]
[Illustration: Fig. 21.]
[Illustration: Fig. 22.]
[Note 255: Voyez du Cange, _Glossaire_.]
[Note 256: Voyez TRAVÉE, fig. 1.]
[Note 257: Voyez TRAVÉE, fig. 2.]
[Note 258: Voyez TRAVÉE, fig. 2.]
[Note 259: Coupe de la nef de l'église Notre-Dame du Port à
Clermont.]
[Note 260: Disposition de la nef de l'église d'Issoire
(Puy-de-Dôme).]
[Note 261: Voyez à l'article PROPORTION, fig. 2, la coupe
transversale de l'église de Saint-Sernin de Toulouse. Voyez
aussi les Archives des monuments historiques, publiées sous
les auspices du ministre des Beaux-Arts.]
[Note 262: L'église abbatiale de Saint-Germer est, comme
structure, en retard sur l'église abbatiale de Saint-Denis,
et sur les cathédrales de Noyon, de Senlis et de Paris; elle
appartient a une école moins avancée, qui tient encore par
bien des points au système roman: c'est pour cela que nous la
mettons ici en première ligne, sinon par la date (car elle ne
fut élevée qu'en 1160), mais par le style.]
[Note 263: Voyez, dans les _Archives des monuments
historiques_, la _Monographie de Saint-Germer_, par M.
Boeswilwald.]
[Note 264: Voyez CONSTRUCTION, OGIVE, TRAVÉE, VOÛTE.]
[Note 265: Voyez TRAVÉE, fig. 5.]
[Note 266: Voyez à l'article ARCHITECTURE RELIGIEUSE, la vue
perspective du beau triforium voûté du bras de croix sud de
la cathédrale de Soisson. Voyez aussi, à l'article
CONSTRUCTION, fig. 41 et 43, la disposition du triforium du
choeur de l'église Notre-Dame de Châlons-sur-Marne.]
[Note 267: Cette église date des premières années du XIIIe
siècle.]
[Note 268: À l'article CHAPITEAU, voyez la figure 15.]
[Note 269: Voyez TRAVÉE, fig. 10.]
[Note 270: Voyez la coupe, CATHÉDRALE, fig. 20.]
[Note 271: Voyez TRAVÉE, fig. 10.]
[Note 272: Voyez PROFIL, fig. 26.]
[Note 273: Voyez la coupe de la nef, CATHÉDRALE, fig. 20.]
[Note 274: Voyez TRAVÉE, fig. 10, et FENÊTRE, fig. 20.]
[Note 275: Voyez TRAVÉE, fig. 11; ARCHITECTURE RELIGIEUSE,
fig. 36, et FENÊTRE, fig. 24.]
[Note 276: Voyez ARCHITECTURE RELIGIEUSE, fig. 36.]
[Note 277: Pour se rendre compte de la position de ce
triforium au droit des piles, voyez l'article TRAIT, fig. 4.]
[Note 278: Voyez TRAVÉE, fig. 11.]
[Note 279: Les fondations du choeur de la cathédrale de Sées
ne sont que des maçonneries appartenant à un monument
beaucoup plus ancien, sur lesquelles les constructions sont
appuyées tant bien que mal, et ces fondations mal maçonnées
ne sont pas établies sur le sol résistant. Évidemment il y a
eu là une nécessité d'économie.]
[Note 280: Voyez ARCHITECTURE RELIGIEUSE, fig. 38.]
[Note 281: Voyez CONSTRUCTION, fig. 78, 79 _bis_ et 88.]
[Note 282: Comme dans l'église de Semur en Auxois, dans
l'église Notre-Dame de Dijon (voyez CONSTRUCTION, fig. 80),
dans l'église cathédrale d'Auxerre (voyez CONSTRUCTION, fig.
88).]
[Note 283: Voyez la notice de M. Ruprich Robert, l'_Église de
la Sainte-Trinité et l'église de Saint-Étienne à Caen_,
1864.]
[Note 284: D'après M. Robert.]
[Note 285: Voyez TRAVÉE, fig. 2.]
TRILOBE, s. m. Ornement, baie, rosace à jour, à trois lobes. (Voy.
TRÈFLE.)