La nef de la cathédrale d'Amiens paraît être une des premières

constructions religieuses dans lesquelles l'architecte ait cherché à

séparer franchement la galerie du triforium du comble en appentis, au

moyen d'une cloison fixe. Voici (fig. 11), en A, le plan d'une

demi-travée de ce triforium[269]. En B, est le tracé de la pile au

niveau de la galerie et au niveau du rez-de-chaussée; en C, le

contre-fort qui porte la colonne recevant la tête de l'arc-boutant[270],

et en D la cloison de maçonnerie avec arc de décharge. En E est donnée

l'élévation de ce triforium sur la nef. On aperçoit en G l'arc de

décharge de la cloison. Comme à Sens, la claire-voie est divisée en deux

travées, la pilette P portant le meneau central de la fenêtre et

reposant sur la clef de l'archivolte du collatéral[271]. En H, est

tracée, a une plus grande échelle, la projection horizontale de la

pilette P, avec les tailloirs des chapiteaux, celle d'une des

colonnettes; et en I, la section du profil de l'arc I'. On remarquera

que cette galerie étant placée à une grande hauteur, et la largeur de la

nef ne pouvant donner beaucoup de reculée, les profils horizontaux, tels

que bases et tailloirs, sont très-développés en hauteur et peu

saillants, afin de ne pas être masqués par les projections

perspectives[272]. Souvent les chapiteaux des colonnettes de ces

triforiums du milieu du XIIIe siècle sont très-bas d'assises et

très-évasés, afin de développer leur corbeille aux yeux des personnes

placées sur le sol. On trouve un très-remarquable exemple de ce parti,

adopté en raison de l'effet perspectif, dans la cathédrale de

Châlons-sur-Marne. À Notre-Dame d'Amiens, on voit que l'architecte,

préoccupé de la diminution perspective de son ordonnance de galerie, en

a exagéré les proportions, comme hauteur, par rapport à la largeur.

C'est à de telles attentions dans la conception des diverses parties

d'un édifice, que l'on reconnaît les maîtres. Ceux-ci, en traçant le

géométral, se rendaient évidemment compte des déformations produites par

la hauteur, l'éloignement et la place relative; ils obtenaient l'effet

voulu sans être obligés, comme cela se voit souvent aujourd'hui, de

tâtonner et de modifier sur place des portions tout entières des

édifices, pour n'obtenir, après ces essais dispendieux, que des

proportions indécises ou des effets incomplets.

La coupe du triforium de la nef de la cathédrale d'Amiens (fig. 12),

faite sur _ab_, montre l'habileté du constructeur. Dans cette coupe, on

voit en A et B les deux arcs concentriques en tiers-point qui forment

archivolte de la galerie. En C, est le renfort intérieur au droit des

grosses piles, en D un linteau de liaisonnement. L'archivolte B naît sur

le chapiteau du petit renfort intérieur de la pilette P du plan, et

vient pénétrer les renforts C. En E, est le plafond du triforium faisant

chemin de ronde au-dessus du comble F des collatéraux. En G, la colonne

isolée qui reçoit la tête des arcs-boutants[273] et qui porte sur le

contre-fort H. En K, est l'arc de décharge marqué G sur le tracé (fig.

11); en I, la cloison fermant le comble, et en L un arc de décharge

portant cette cloison et laissant sous son intrados passer la voûte du

bas côté; Les grandes fenêtres supérieures s'ouvrent en M immédiatement

au-dessus de la galerie[274]. Cependant les murs d'adossement du comble

des bas côtés, vus derrière la claire-voie du triforium, paraissaient

nus; on décida bientôt qu'ils devaient être ajourés, et, dans la même

église (Notre-Dame d'Amiens), l'architecte qui éleva l'oeuvre haute du

choeur établit sur le collatéral des combles en pavillon, afin de

pouvoir ouvrir des jours dans les murs de clôture du triforium. Ces

galeries participèrent ainsi bientôt des fenêtres supérieures[275].

C'est vers le milieu du XIIIe siècle que ce parti fut adopté dans un

grand nombre d'églises du domaine royal, notamment à la cathédrale de

Troyes et à l'abbaye de Saint-Denis, en grande partie reconstruite sous

le règne de Louis IX. Le triforium de la nef et du choeur de cette

dernière église est très-remarquable comme composition. Nous donnons

(fig. 13) le plan A et l'élévation B d'une demi-travée de ce triforium.

En C, est tracée la claire-voie postérieure C' du plan, laquelle reçoit

le vitrage; de sorte que l'on aperçoit les vitraux de cette claire-voie

C à travers l'arcature antérieure. Ici le triforium se relie plus

intimement avec les grandes fenêtres supérieures qu'à Amiens, au moyen

des colonnettes de meneaux D. Mais les tympans T des deux arcatures sont

encore pleins, tandis qu'un peu plus tard, comme à Notre-Dame de Paris,

sous les roses du transsept (1260), dans le choeur des cathédrales de

Beauvais et de Troyes (1250), dans le choeur de la cathédrale de Sées

(1270), dans l'église abbatiale de Saint-Ouen de Rouen (1300), ces

tympans sont eux-mêmes ajourés. Alors le triforium n'est que la

continuation de la fenêtre supérieure, et n'est séparé de celle-ci que

par une dalle formant plafond de la galerie vitrée et sol du chemin de

ronde qui la surmonte. La figure 14 explique cette disposition adoptée

dans l'église abbatiale de Saint-Denis. En A, est le sol du triforium;

en B, le sol du chemin de ronde. À Saint-Denis, la galerie a partout la

même largeur et n'est plus rétrécie par des renforts au droit des piles,

comme à la cathédrale d'Amiens. Le contre-fort C porte la colonne D qui

reçoit les têtes des arcs-boutants[276]. Le collatéral était couvert par

des combles en pavillon, avec chéneau E, afin de permettre d'ouvrir les

jours dans la cloison G[277].

L'exemple le plus complet et le plus développé peut-être du triforium,

se reliant absolument à la fenêtre supérieure, se trouve à Sées, dans le

choeur de la cathédrale, dont la construction date de 1270 environ[278].

Ce monument, conçu d'une manière très-savante, mais mal fondé, sur un

mauvais sol, a beaucoup d'analogie avec le choeur de l'église de

Saint-Ouen de Rouen. Les défauts de structure, qui en ont compromis la

durée, tiennent à une exécution insuffisante, faute de ressources

probablement. Au point de vue de la théorie, le choeur de la cathédrale

de Sées dépasserait même en valeur celui de l'église abbatiale de

Saint-Ouen, s'il eût été fondé sur un bon sol, et si les matériaux

eussent été convenablement choisis et d'une résistance proportionnée aux

charges qu'ils ont à porter[279].

La figure 15 donne le triforium d'une des travées parallèles du choeur

de la cathédrale de Sées. L'archivolte A du collatéral est surmontée

d'un gâble, derrière le rampant duquel s'amorcent les colonnettes qui

composent la claire-voie du triforium et la fenêtre haute. L'ordonnance

de cette partie supérieure commence donc immédiatement au-dessus des

archivoltes (voy. TRAVÉE, fig. 11); et, dès le niveau B, les sections de

l'arcature du triforium et des meneaux des fenêtres sont indiquées. Une

seule dalle C, qui fait appui des fenêtres, recouvre la galerie du

triforium et sert de chemin de ronde extérieur au-dessus de cette

galerie. Comme à Saint-Denis, comme dans le choeur de la cathédrale

d'Amiens, la claire-voie vitrée extérieure D n'est pas semblable à la

claire-voie intérieure, ce qui est fort bien calculé; car si les formes

des arcatures à jour sont pareilles à l'extérieur et à l'intérieur, il

en résulte en perspective des superpositions de lignes d'un mauvais

effet. Au contraire, ces arcatures étant différentes, l'oeil les sépare

assez naturellement, et les intersections des courbes produisent des

combinaisons variées et riches. À Sées, comme à Saint-Ouen de Rouen, ce

n'est plus un bahut plein, mais une balustrade à jour qui forme appui de

la galerie, de sorte que, pour les personnes placées sur le sol

inférieur, les vitraux de la claire-voie postérieure D se voient à

travers cette balustrade. L'intention d'ajourer de plus en plus les

travées au-dessus des collatéraux, et d'en faire comme une sorte de

tapisserie translucide, sans interruption, devient évidente à dater de

la seconde moitié de XIIIe siècle, et se manifeste jusque vers la fin du

XIVe siècle, dans l'Île-de-France et les provinces voisines, sauf de

rares exceptions. Comme les hautes fenêtres elles-mêmes, les galeries du

triforium occupent alors tout l'espace compris entre les piles. Trois

monuments religieux de cette époque (fin du XIIIe siècle), dus à un même

architecte, très-probablement, font exception à cette règle: ce sont les

cathédrales de Clermont (Puy-de-Dôme), de Limoges et de Narbonne, dont

les choeurs furent seuls terminés avant le XIVe siècle. Dans ces trois

églises, les fenêtres hautes n'occupent pas entièrement tout l'espace

libre entre les piles portant les arcs des voûtes; elles sont plus

étroites, et la claire-voie du triforium n'occupe également que la

largeur des fenêtres. Ces galeries du triforium ne sont point ajourées

extérieurement, mais possèdent un mur d'adossement plein, bien que les

collatéraux soient couverts en terrasses, disposition qui, à notre avis,

n'était d'ailleurs que provisoire. De plus, ces galeries pourtournent

les piliers, au lieu de passer à travers, comme dans nos églises du

Nord[280]. Il s'en faut que ce parti ait la franchise du mode de

structure adopté dans nos provinces du Nord. Les arcatures de triforium,

isolées des piles et laissant un plein à droite et à gauche de

celles-ci, ne produisent pas un bon effet, ne s'expliquent pas

nettement. Et, de fait, aucune nécessité de construction ne motive ces

sortes de trumeaux alourdissant les piles sans raison.

Pendant que le triforium se développait ainsi en ne faisant plus qu'un

avec la fenêtre supérieure dans le Nord, en Bourgogne les architectes

procédaient autrement pendant le XIIIe siècle. Ils conservaient le mur

d'adossement plein pour appuyer le comble en appentis du collatéral, et,

au lieu de réserver au-dessus du triforium un chemin de ronde

extérieurement, ils le disposaient intérieurement. La fenêtre supérieure

de la travée se trouvait ainsi élevée à l'aplomb de ce mur d'adossement,

et non point à l'aplomb de la claire-voie intérieure, comme dans les

exemples précédents[281].

Voici (fig. 16) un exemple de cette structure, pris dans la jolie église

de Saint-Martin de Clamecy. On voit combien, dans ces monuments

bourguignons, le triforium prend d'importance. C'est un véritable

portique élevé au-dessus des archivoltes du collatéral. Ce système ne

peut conduire à relier la galerie avec le fenestrage supérieur, posé en

retraite; aussi ne le voyons-nous adopté en Bourgogne, et dans une

partie du Nivernais, que quand, dans ces provinces, on abandonne les

traditions locales, vers la fin du XIVe siècle, pour recourir au style

de l'architecture du domaine royal. L'ordonnance du triforium-portique

bourguignon devait nécessairement entraîner les architectes à décorer

d'une manière particulière ces arcatures qui prenaient une si grande

importance dans les nefs. Les colonnettes ne reposaient plus ici sur un

bahut comme à Amiens, ou sur une balustrade, mais directement sur le sol

de la galerie, accusé par un bandeau saillant; disposition qui

contribuait encore à donner de la grandeur à cette ordonnance. À Semur

en Auxois, les arcatures du triforium de l'église de Notre-Dame sont

décorées de têtes saillantes très-habilement sculptées. Dans la nef de

la cathédrale de Nevers, de petites caryatides supportent les

colonnettes, et des figures d'anges remplissent les tympans (fig. 17).

Ces portiques sont élevés en grands matériaux, et, dans leur hauteur,

les piliers eux-mêmes sont souvent composés de monostyles groupés[282].

Habituellement, dans les églises bourguignonnes, les fenêtres

supérieures n'ont pas l'importance relative (par suite de la grandeur du

triforium) qu'elles prennent, au XIIIe siècle, dans les monuments

religieux du domaine royal. La figure 16 en est la preuve. Quelquefois

même le triforium se confond avec le fenestrage supérieur. L'église

abbatiale de Saint-Seine (Côte-d'Or) nous fournit un exemple de cette

singulière disposition, datant du commencement du XIIIe siècle (fig.

18). Ici c'est le formeret de la voûte haute qui circonscrit l'arcature

du triforium, qui n'est plus qu'une décoration. Ce dernier parti a été

fréquemment adopté dans les églises normandes des XIIe et XIIIe siècles,

en France comme en Angleterre. Mais le triforium dans les églises

normandes mérite une étude particulière. Il se compose, pendant la

première période, c'est-à-dire au XIe siècle, d'un étage élevé au-dessus

du collatéral et couvert par une charpente apparente et d'un chemin de

ronde supérieur au niveau des fenêtres hautes. On ne peut douter

aujourd'hui (depuis les travaux entrepris par M. Ruprich Robert dans les

deux églises abbatiales de Caen, l'Abbaye-aux-Dames et

l'Abbaye-aux-Hommes) que les nefs de ces églises n'aient été couvertes

originairement par des charpentes apparentes[283].

Or, il existe toujours, dans les monuments religieux d'une grande

dimension, en Normandie, une galerie de circulation au-dessus du

triforium, sous la charpente supérieure. Voici une coupe de la nef

primitive de l'Abbaye-aux-Hommes (fig. 19)[284], qui explique clairement

ce que nous venons de dire. En A, est le triforium avec sa charpente; en

B, le chemin de ronde au droit des fenêtres supérieures, sous la grande

charpente C. Il est aisé de se rendre compte de l'usage de ce chemin de

ronde. Les charpentes apparentes étaient composées de pièces de bois

formant des saillies, des entrevous; elles étaient décorées de

peintures. Ces sortes d'ouvrages exigent un entretien fréquent, ne

serait-ce même qu'un époussetage, car les araignées ne tardent pas à

garnir de leurs toiles les creux laissés entre les chevrons ou solives.

Ces bois ont besoin d'être visités pour éviter la pourriture causée par

des infiltrations. Le chemin de ronde B facilitait donc cet entretien et

cette inspection constante. De plus, il permettait de visiter et de

réparer les vitraux des fenêtres supérieures, et de donner passage aux

couvreurs pour réparer les toitures. En E, est tracée une travée, ou

plutôt une demi-travée intérieure, car, dans la nef de l'église

Saint-Étienne de Caen, les travées sont doubles suivant la méthode

normande[285]. La ligne ponctuée _abcd_ indique la coupe longitudinale

du chemin de ronde B. Au XIIe siècle, on remplaça, dans presque toutes

les nefs normandes-françaises, les charpentes apparentes par des voûtes.

Alors, pour contre-buter ces voûtes, dans le triforium A, on construisit

le demi-berceau continu D, avec arcs-doubleaux _f_ au droit des anciens

pilastres _f'_. Ce demi-berceau, non plus que la voûte supérieure,

n'exigèrent la destruction du chemin de ronde B; au contraire, ce chemin

de ronde fut ouvert plus largement sur la nef et décoré de colonnettes

(fig. 20). Les fenêtres _a_, ainsi que les passages, furent conservés en

relevant leur appui d'une assise, afin de trouver la nouvelle pente du

comble. Le sol du chemin de ronde au niveau _b_, dans la disposition

romane, fut abaissé en _d_, pour donner une proportion plus svelte à la

galerie supérieure. L'architecte n'osa pas probablement ouvrir en _g_ de

nouvelles arcades, comme il l'avait fait contre la pile centrale de la

travée, dans la crainte d'affaiblir les piles principales, et aussi

parce que la perspective des arcs ogives les masquait en partie. Ainsi,

la raison d'utilité qui avait fait pratiquer les chemins de ronde sous

les charpentes supérieures des églises normandes primitives devenait,

lorsque ces églises furent voûtées, un motif de décoration qui persiste

dans les monuments de cette province jusqu'à la fin du XIIIe siècle.

Le chevet de la cathédrale de Lincoln (Angleterre) nous fournit un

exemple des plus remarquables de la persistance de cette tradition (fig.

21). Là le triforium est encore couvert par une charpente apparente

comme celui de l'église normande romane, et le chemin de ronde supérieur

se combine avec le fenestrage ouvert sous les formerets. Ce chemin de

ronde n'a plus alors une utilité réelle, puisque les vitraux pourraient,

s'il n'existait pas, être réparés du dehors en passant sur la tablette

de recouvrement du comble du triforium. La claire-voie intérieure du

chemin de ronde se relie à la fenêtre vitrée au moyen de linteaux

formant l'assise du tailloir des chapiteaux. Il y a dans ce parti un

désir de produire de l'effet par le jeu de ces deux claires-voies dont

l'une, celle intérieure, n'est qu'une décoration. On remarquera, dans

cet exemple, combien est chargée de moulures et d'ornements l'arcature

du triforium, et combien cette richesse contraste avec l'aspect nu de la

charpente apparente. Il est évident que, dans cette architecture

normande du XIIIe siècle, la tradition romane conserve son empire et

devient souvent l'occasion de formes et de partis qui ne sont plus

justifiés par suite des changements introduits dans le mode de

structure. Une disposition analogue a été adoptée dans le choeur de la

cathédrale d'Ély, disposition qui reproduit plus exactement encore celle

des chemins de ronde supérieurs des églises normandes romanes. Dans

notre architecture française, au contraire, l'école laïque du XIIe

siècle laisse de côté toutes les traditions romanes, et ne s'inspire

plus que des nécessités imposées par le nouveau mode de structure; elle

procède toujours d'une manière logique, claire, ne met en oeuvre que ce

qui est nécessaire, et peut toujours rendre raison de ce qu'elle fait.

Il serait à souhaiter qu'on en pût dire autant de nos écoles modernes

d'architecture.

Mais nous devons nous borner, les documents abondent, et nous ne pouvons

ici que signaler les principaux, ceux qui présentent un caractère tout

particulier. Ces exemples suffisent, nous l'espérons, à faire ressortir

la variété que nos maîtres du moyen âge savaient apporter dans leurs

conceptions, sans jamais abandonner un principe admis.

Nous ne parlerons qu'incidemment du triforium, dont la forme est

inusitée. La petite église de Champeaux (Seine-et-Marne) possède un

triforium s'ouvrant directement sous le comble du collatéral par des

roses, aujourd'hui bouchées, et très-probablement garnies, dans

l'origine, par des meneaux dans le genre de ceux qui remplissent les

roses percées au-dessus du triforium de la cathédrale de Paris. Dans

quelques églises, le triforium ne consiste qu'en une baie simple ou

jumelle s'ouvrant également sous le comble. La cathédrale de Béziers,

dans les parties de la nef refaites au XIVe siècle, nous montre un

triforium ainsi composé (fig. 22). Sa claire-voie, ouverte sous le

comble du collatéral, consiste en deux baies carrées prolongeant les

meneaux de la fenêtre supérieure. Quelquefois, mais très-rarement, dans

la bonne architecture française, le triforium est simulé et n'est alors

qu'une arcature en placage, une simple décoration occupant la hauteur du

comble du collatéral. Les dispositions adoptées à Saint-Denis, dans les

cathédrales de Troyes, de Beauvais, de Sées, dans l'église abbatiale de

Saint-Ouen de Rouen, persistent pendant les XIVe et XVe siècles. Les

détails du triforium deviennent plus déliés, les profils plus maigres,

mais on ne voit apparaître aucun parti nouveau. Les arcatures se

modifient en raison du goût du moment, mais elles continuent à se relier

au fenestrage supérieur. À la fin du XVe siècle, cependant, il arrive

parfois que la galerie du triforium prend une ordonnance spéciale,

chargée de détails, de redents, de contre-courbes, de sculptures, en

laissant entre elle et le fenestrage un intervalle plein. An XVIe

siècle, on se contente de substituer, comme à Saint-Eustache de Paris,

par exemple, des formes se rapprochant de l'architecture romaine aux

formes gothiques. Ces tentatives, plus ou moins heureuses, ne

constituent pas une invention, un perfectionnement; ce sont là des

questions de détail sur lesquelles il ne paraît pas utile de s'étendre.

[Illustration: Fig. 1.]

[Illustration: Fig. 2.]

[Illustration: Fig. 3.]

[Illustration: Fig. 4.]

[Illustration: Fig. 5.]

[Illustration: Fig. 6.]

[Illustration: Fig. 7.]

[Illustration: Fig. 7. bis.]

[Illustration: Fig. 7. ter.]

[Illustration: Fig. 8.]

[Illustration: Fig. 9.]

[Illustration: Fig. 10.]

[Illustration: Fig. 11.]

[Illustration: Fig. 12.]

[Illustration: Fig. 13.]

[Illustration: Fig. 14.]

[Illustration: Fig. 15.]

[Illustration: Fig. 16.]

[Illustration: Fig. 17.]

[Illustration: Fig. 18.]

[Illustration: Fig. 19.]

[Illustration: Fig. 20.]

[Illustration: Fig. 21.]

[Illustration: Fig. 22.]

[Note 255: Voyez du Cange, _Glossaire_.]

[Note 256: Voyez TRAVÉE, fig. 1.]

[Note 257: Voyez TRAVÉE, fig. 2.]

[Note 258: Voyez TRAVÉE, fig. 2.]

[Note 259: Coupe de la nef de l'église Notre-Dame du Port à

Clermont.]

[Note 260: Disposition de la nef de l'église d'Issoire

(Puy-de-Dôme).]

[Note 261: Voyez à l'article PROPORTION, fig. 2, la coupe

transversale de l'église de Saint-Sernin de Toulouse. Voyez

aussi les Archives des monuments historiques, publiées sous

les auspices du ministre des Beaux-Arts.]

[Note 262: L'église abbatiale de Saint-Germer est, comme

structure, en retard sur l'église abbatiale de Saint-Denis,

et sur les cathédrales de Noyon, de Senlis et de Paris; elle

appartient a une école moins avancée, qui tient encore par

bien des points au système roman: c'est pour cela que nous la

mettons ici en première ligne, sinon par la date (car elle ne

fut élevée qu'en 1160), mais par le style.]

[Note 263: Voyez, dans les _Archives des monuments

historiques_, la _Monographie de Saint-Germer_, par M.

Boeswilwald.]

[Note 264: Voyez CONSTRUCTION, OGIVE, TRAVÉE, VOÛTE.]

[Note 265: Voyez TRAVÉE, fig. 5.]

[Note 266: Voyez à l'article ARCHITECTURE RELIGIEUSE, la vue

perspective du beau triforium voûté du bras de croix sud de

la cathédrale de Soisson. Voyez aussi, à l'article

CONSTRUCTION, fig. 41 et 43, la disposition du triforium du

choeur de l'église Notre-Dame de Châlons-sur-Marne.]

[Note 267: Cette église date des premières années du XIIIe

siècle.]

[Note 268: À l'article CHAPITEAU, voyez la figure 15.]

[Note 269: Voyez TRAVÉE, fig. 10.]

[Note 270: Voyez la coupe, CATHÉDRALE, fig. 20.]

[Note 271: Voyez TRAVÉE, fig. 10.]

[Note 272: Voyez PROFIL, fig. 26.]

[Note 273: Voyez la coupe de la nef, CATHÉDRALE, fig. 20.]

[Note 274: Voyez TRAVÉE, fig. 10, et FENÊTRE, fig. 20.]

[Note 275: Voyez TRAVÉE, fig. 11; ARCHITECTURE RELIGIEUSE,

fig. 36, et FENÊTRE, fig. 24.]

[Note 276: Voyez ARCHITECTURE RELIGIEUSE, fig. 36.]

[Note 277: Pour se rendre compte de la position de ce

triforium au droit des piles, voyez l'article TRAIT, fig. 4.]

[Note 278: Voyez TRAVÉE, fig. 11.]

[Note 279: Les fondations du choeur de la cathédrale de Sées

ne sont que des maçonneries appartenant à un monument

beaucoup plus ancien, sur lesquelles les constructions sont

appuyées tant bien que mal, et ces fondations mal maçonnées

ne sont pas établies sur le sol résistant. Évidemment il y a

eu là une nécessité d'économie.]

[Note 280: Voyez ARCHITECTURE RELIGIEUSE, fig. 38.]

[Note 281: Voyez CONSTRUCTION, fig. 78, 79 _bis_ et 88.]

[Note 282: Comme dans l'église de Semur en Auxois, dans

l'église Notre-Dame de Dijon (voyez CONSTRUCTION, fig. 80),

dans l'église cathédrale d'Auxerre (voyez CONSTRUCTION, fig.

88).]

[Note 283: Voyez la notice de M. Ruprich Robert, l'_Église de

la Sainte-Trinité et l'église de Saint-Étienne à Caen_,

1864.]

[Note 284: D'après M. Robert.]

[Note 285: Voyez TRAVÉE, fig. 2.]

TRILOBE, s. m. Ornement, baie, rosace à jour, à trois lobes. (Voy.

TRÈFLE.)

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 9 - (T - U - V - Y - Z) · 第 20 / 41 段