[Note 74: Il n'est question, bien entendu, que des

constructions du commencement du XIIIe siècle, dues à

Enguerrand. Les courtines du château de Coucy furent encore

exhaussées vers 1400 par Louis d'Orléans.]

[Note 75: Voyez, pour le système de structure de ces tours, à

l'article CONSTRUCTION, la figure 144.]

[Note 76: Ces escaliers ont été surélevés, sous Louis

d'Orléans, jusqu'au niveau des combles.]

[Note 77: Voyez LATRINES, fig. 1.]

[Note 78: Voyez DONJON, HOURD, MÂCHICOULIS.]

[Note 79: Voyez HOURD, PORTE (la porte de Laon à

Coucy-le-Château).]

[Note 80: La partie supérieure du crénelage, détruite

aujourd'hui, est restaurée à l'aide des gravures de du

Cerceau et de Châtillon.]

[Note 81: Voyez CHÂTEAU.]

[Note 82: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 11, et SIÉGE,

fig. 2.]

[Note 83: Tour dite de _la Peyre_, à la gauche de la

barbacane de la porte Narbonnaise.]

[Note 84:

Huit arbalétriers dans les deux étages intérieurs servaient

facilement les seize meurtrières, ci ............... 8 hommes.

Un servant à chaque étage........................... 2 -

Huit arbalétriers dans les hourds................... 8 -

Deux servants pour les mâchicoulis.................. 2 -

Un capitaine de tour; ci ........................... 1 -

Total ............................. 21 hommes.

L'enceinte extérieure de Carcassonne possède quatorze tours;

en les supposant gardées chacune en moyenne par vingt hommes,

cela fait ........................................... 280 hommes.

Vingt hommes dans chacune des trois barbacanes ....... 60 -

Cent hommes pour servir les courtines sur les points

d'attaque............................................. 100 -

_À reporter_.......................................... 440 hommes.

Report. . . . . .. .................................... 440 hommes.

L'enceinte intérieure comprend vingt-quatre tours, à vingt

hommes par poste, en moyenne ................... ...... 480 -

Pour la porte Narbonnaise ............................. 50 -

Pour garder les courtines ............................. 100 -

Pour la garnison du château ........................... 200 -

Total ................................................ 1270 hommes.

Ajoutons à ce nombre d'hommes les capitaines, un par poste

ou par tour, suivant l'usage .......................... 50 hommes.

Nous obtenons un total de............................. 1320 hommes.

Ce nombre était plus que suffisant, puisque les deux

enceintes n'avaient pas à se défendre simultanément, et que

les hommes de garde, dans l'enceinte intérieure, pouvaient

envoyer des détachements pour défendre l'enceinte extérieure,

ou que celle-ci étant tombée au pouvoir de l'ennemi, ses

défenseurs se réfugiaient derrière l'enceinte inférieure.

D'ailleurs l'assiégeant n'attaquait pas tous les points à la

fois. Le périmètre de l'enceinte extérieure est de 1400

mètres en dedans des fossés, donc c'est environ un homme par

mètre de développement qu'il fallait compter pour composer la

garnison d'une ville fortifiée comme l'était la cité de

Carcassonne.]

[Note 85: Voyez le plan général de la cité de Carcassonne,

ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 11, B, et les archives des

_Monuments historiques._]

[Note 86: Les meurtrières du rez-de-chaussée sont _hachées_,

ainsi que la porte qui, de cet étage, donne dans l'escalier à

vis.]

[Note 87: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 24 _bis_.]

[Note 88: La plupart des ouvrages militaires des ordres du

Temple et de Malte présentent des tours carrées. (Voyez

_Essai sur la dominat. franç. en Syrie durant le moyen âge_,

par E. G. Rey, 1866.)]

[Note 89: «Et... (du Guesclin) prit son chemin et son retour,

et tous les seigneurs de France en sa compagnie, pour venir

de rechef devant la cité d'Usson, en Auvergne, et

l'assiégèrent; et firent là le duc de Berry, le duc de

Bourbon et le connétable, amener et charrier grands engins de

Riom et de Clermont, et dresser devant ladite forteresse, et

avec tout ce appareiller grands atournemens d'assaut.»

(Froissart, _Chron_., CCCXXIX.)]

[Note 90:

Encontre Bertran a la deffense levée:

N'i avoit sale amont qui ne fust bien semée;

De fiens y ot. on mis mainte grande chartée,

Par coi pierres d'engien, qui laiens soit getée,

Ne mefface léons une pomme pelée.

Car Bertran ot mandé par toute la contrée

Pluseurs engiens, qu'il fist venir en celle anée,

De Saint-Lo en y vint, cette ville alozée;

Bertran les fist lever sans point de l'arrestée.

Pardevant le chastel (de Valognes), dont je fuis devisée

Ont dréciez. VI. engiens getans de randonnée,

Mais en son de la tour, qui fu haulte levée,

Il avoit une garde toute jour ajournée,

Qui sonnoit. I. becin, quant la pierre est levée;

Et quant la pierre estoit au chastel assenée,

D'une blanche touaille (serviette), qui li fut présentée,

Aloit frolant les murs, faisait grande risée;

De ce avoit Bertran forment la chière irée.»

(_La Vie vaillant Bertran du Guesclin_, par Cuvelier,

trouvère du XIVe siècle, v. 5076 et suiv.)]

[Note 91: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 41.]

[Note 92: Le _cran_ est la poussière que produit la taille de

la pierre, et que l'on recueille sur les chantiers. On s'en

servait beaucoup, pendant le moyen âge, pour charger des

voûtes que l'on voulait mettre à l'abri des projectiles ou

des incendies.]

[Note 93: Ces tours ont été dérasées au niveau des courtines

en 1814. (Voyez les grandes gravures d'Israël Sylvestre, _Les

plus excellens bastimens de France_ de du Cerceau, etc.)]

[Note 94: De notre temps nous avons vu la fortification

allemande revenir aux commandements élevés, aux tours

bastionnées.]

[Note 95: Voyez ENGIN.]

[Note 96: Le château de Vincennes, dont il existe des restes

considérables que nous voyons aujourd'hui, fut commencé par

le roi Jean, sur de nouveaux plans; mais si l'on considère le

style de l'architecture, il ne paraît pas que les

prédécesseurs de Charles V aient élevé l'ouvrage au-dessus du

sol de la place; si même Charles V n'a pas entièrement repris

l'oeuvre.]

[Note 97: Ce fait est bien visible dans les ouvrages

entrepris par Louis d'Orléans, au château de Coucy, de

Montépilloy près de Senlis.]

[Note 98: Ces travaux ont été commencés en 1858 par ordre de

l'Empereur, et en grande partie au moyen des crédits ouverts

sur la cassette de Sa Majesté.]

[Note 99: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, BOULEVARD.]

[Note 100: Tour Hector.]

[Note 101: Il a fallu vingt-sept jours à un ouvrier habile

pour pratiquer un trou d'un mètre carré environ dans l'un de

ces murs, au-dessus du talus, c'est-à-dire au point où la

maçonnerie n'a que 4 mètres d'épaisseur.]

[Note 102: Au siége d'Orléans, plusieurs des anciennes tours

de l'enceinte furent terrassées pour recevoir des pièces

d'artillerie.]

[Note 103: Voyez à l'article CHÂTEAU, la description des

défenses du château de Bonaguil (fig. 28 et 29).]

[Note 104: Voyez SIÉGE, page 426.]

[Note 105: Voyez BOULEVARD.]

[Note 106: _Trattato di architettura civile e militare_ di

F.G. Martini, publié pour la première fois par les soins du

chevalier César Saluzzo. Turin, 1861. Voyez l'atlas, pl. V,

XXII, XXIII et suiv.]

[Note 107: À Langres, à Dijon, ancien château, XVe siècle; à

Marseille, fin du XVe siècle (front démoli du Nord);

peut-être au château de Ham, avant la reconstruction de la

plate-forme de la grosse tour, bâtie par le comte de

Saint-Pol, et dont les murs ont 10 mètres d'épaisseur.]

[Note 108: On donnait le nom de _moineau_ à un petit ouvrage

saillant bas, placé au fond du fossé, le défendant et pouvant

contenir des arquebusiers ou même des arbalétriers. On

croyait ainsi protéger le point mort des tours circulaires.

(Voyez à l'article BOULEVARD le grand ouvrage de

Schaffhausen, les défenses circulaires qui remplissaient

exactement dans le fossé d'office de moineaux.)]

[Note 109: On donne généralement, à l'invention du boulet de

fonte de fer, une date trop récente. Déjà, vers 1430,

l'artillerie française et allemande s'en servait. Les

inventaires d'artillerie de Charles VII en font mention. Des

vignettes de manuscrits de 1430 à 1440 figurent des

projectiles de fer. Au musée d'artillerie il existe un canon

de 1423, de bronze, provenant de Rhodes, fondu en Allemagne,

qui ne pouvait servir qu'à envoyer des boulets de fonte. À la

défense d'Orléans, en 1428, les artilleurs orléanais avaient

des boulets de fonte.]

[Note 110: Plus tard Castriotto (1584) adopte de nouveau les

tours rondes au milieu des bastions, en capitales, et au

milieu des courtines. Vauban lui-même, dans sa dernière

manière (1698), établit des tours bastionnées formant

traverses en capitales, entre les bastions retranchés d'une

façon permanente et le corps de la place, sortes de réduits

qui devaient inévitablement retarder la reddition de la

place, puisque la chute du bastion non-seulement n'entraînait

pas celle des défenses voisines, mais exigeait des travaux

considérables pour prendre la tour bastionnée formant

saillant porte-flancs. Montalembert (1776) plaça également en

capitales, à la gorge des bastions, des caponnières élevées

en maçonnerie, à plusieurs étages, qui ne sont autre chose

que des tours casematées ayant un commandement considérable

sur les dehors. À la base, la caponnière de Montalembert est

entourée d'une série de _moineaux_ qui donnent en plan une

suite d'angles saillants en étoile, se flanquant

réciproquement, pour poster des fusiliers. Les Allemands de

nos jours en sont revenus aux tours possédant un commandement

sur les ouvrages. Mais en présence des effets destructifs de

la nouvelle artillerie, ce système ne peut être d'une grande

valeur, à moins qu'on ne puisse revêtir ces tours casematées

d'une cuirasse assez forte pour résister aux projectiles. Ces

tentatives répétées sans cesse depuis le moyen âge prouvent

seulement que les commandements sur les dehors sont toujours

considérés comme nécessaires, et que la fortification du

moyen âge (eu égard aux moyens d'attaque) avait sur la nôtre

un avantage.]

[Note 111: Cette tour est celle qui commande la porte

Laufer.]

[Note 112: Les cinq tours sont bâties sur le même modèle.]

[Note 113: Voyez CRÉNAUX, fig. 19.]

[Note 114: Sauf ces guettes, les tours de Nuremberg sont

intactes. Les guettes sont indiquées dans d'anciennes

gravures (voyez Mérian, _Cosmogr. univers._).]

[Note 115: De notre temps, la fumeuse tour Malakof, qui était

un ouvrage à commandement élevé, fut détruite dès les

premiers moments du siége, et la résistance de ce point

dépendit des ouvrages de terre qui furent élevés autour de la

première défense.]

[Note 116: Voyez la _Monographie du château de Salces_ par M.

le capitaine Ratheau (Paris, 1860, Tanera). Cette étude,

très-bien faite, de cette ancienne place en donne l'idée la

plus complète.]

[Note 117: _Plans et profils des principales villes et lieux

considérables de la principauté de Catalogne_. Paris, 168...]

[Note 118: _Monogr. du château de Salces_.]

[Note 119: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 11. C'est la

tour marquée O sur le plan.]

[Note 120: Tour de la Peyre, fig. 13, 14, 15, 16 et 17.]

[Note 121: Cet ouvrage dépend de l'enceinte bâtie sous le

règne de saint Louis.]

[Note 122: La tour du Trésau est marquée M sur ce plan.

(Voyez aussi l'article PORTE, fig. 18.)]

[Note 123: Ce château, qui dépendait du Valois, fut rebâti en

partie par Louis d'Orléans, quand ce prince fortifia son

duché pendant la maladie de Charles VI. Le château de

Montépilloy, situé sur une hauteur, commandant la route de

Senlis à Crespy, servit de point d'appui aux armées des

partis qui manoeuvrèrent dans cette contrée pendant les

guerres du XVe et du XVIe siècle. Il fut démantelé après

l'entrée de Henri IV à Paris.]

[Note 124: Plus tard Louis d'Orléans fit détruire une partie

de cette chemise, et bâtir une courtine en F, laquelle

enfermait les nouveaux ouvrages.]

[Note 125: Pour plus de clarté, nous n'avons pas présenté la

passerelle avec ses piles en coupe, mais en élévation

latérale.]

[Note 126: Voyez MÂCHICOULIS, fig. 6 et 7.]

[Note 127: Beaucoup de ces tours étaient couronnées de

pinacles isolés les uns des autres.]

[Note 128: Voyez le plan du palais archiépiscopal de Narbonne

à l'article PALAIS, fig. 11, 12 et 13.]

[Note 129: Voyez la _Guyenne militaire_, par M. Léo Drouyun,

t. II, p. 158 et suiv.]

[Note 130: Voyez la _Guyenne militaire_, t. II, p. 162. M.

Léo Drouyn donne, sur cette petite place, de curieux détails

auxquels nous engageons nos lecteurs à recourir.]

[Note 131: Voyez la _Guyenne militaire_, pl. 132.]

[Note 132: Voyez CHÂTEAU, fig. 7.]

[Note 133: Voyez CHÂTEAU, fig. 24, et DONJON, fig. 41, 42, 43

et 44.]

[Note 134: Ces deux tours avaient été renversées par la mine.

Leurs fragments, en quartiers énormes, gisaient sur le sol;

c'est à l'aide de ces débris que ces ouvrages ont été

restaurés. Les hauteurs d'étages étaient d'ailleurs indiquées

par les amorces sur les bâtiments voisins conservés.]

[Note 135: Chacune des huit tours du château de Pierrefonds

portait le nom du preux dont la statue est placée sur le

parement extérieur. La statue de Charlemagne remplissait la

niche pratiquée au sommet du cylindre de la tour d'angle du

donjon. (Voyez la _Notice sur le château impérial de

Pierrefonds_, 4e édition.)]

[Note 136: Voyez DONJON, fig. 41, 42 et 43.]

[Note 137: Voyez l'article CONSTRUCTION, fig. 154; voyez

aussi l'article ÉCHAUGUETTE. Les deux tours extérieures du

donjon de Pierrefonds possèdent chacune une guette (voyez la

figure précédente).]

[Note 138: Une légende prétend qu'elle salua Charlemagne à

son passage à Carcassonne; mais Charlemagne est-il jamais

passé à Carcassonne? puis la tour n'est que du XIe siècle.]

[Note 139: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, le plan du château

de Carcassonne, fig. 12 (la tour de guet est en S), et figure

13, la vue perspective de ce château. Voyez aussi les

_Archives des monuments historiques_, Gide éditeur.]

[Note 140: Cette tour est dite aujourd'hui, _tour de François

Ier_.]

[Note 141: Voyez _Dissert. archéol. sur les anciennes

enceintes de Paris_, par Bonnardot Parisien, 1852. Voyez les

plans de Gomboust, de de Fer, de Mérian, la tapisserie de

l'hôtel de ville, les gravures de Callot, d'Israël Sylvestre,

les plans déposés aux Archives de l'empire, les dessins et

gravures de della Bella, les dessins de Le Vau (Archiv. de

l'empire). Cette tour ne fut démolie qu'au moment où l'on

commença le palais des _Quatre Nations_ (l'Institut actuel),

vers 1660.]

[Note 142: D'après les documents cités plus haut.]

[Note 143: Ces remparts suivaient la direction de la rue

Mazarine actuelle, qui, bâtie hors de la ville, dès le XVe

siècle, s'appelait la rue des _Fossés de Nesle_, parce

qu'elle s'élevait sur la contrescarpe de ces fossés.]

[Note 144: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 78.]

[Note 145: Voyez, à l'article PONT, l'historique de la

construction de cette tour et la figure 2.]

[Note 146: Voyez _Essai sur la domination française en Syrie

durant le moyen âge_, par E. G. Rey, 1866.]

[Note 147: Il eût été facile de conserver ce précieux

monument qui ne gênait pas sérieusement le tracé des voies

nouvelles sur ce point de Paris. C'était un très-curieux

exemple des travaux dus aux Templiers vers la fin du XIIe

siècle.

Malgré des réclamations appuyées pur les personnages les plus

autorisés, la démolition de la tour Bichat fut décidée

hâtivement, et c'est à peine si nous eûmes le temps de

mesurer cet édifice. Quelques chapiteaux provenant de cette

démolition ont été transportés au musée de Cluny; mais ce

n'était pas par sa sculpture, bien qu'elle soit belle, que

cet édifice intéressait l'historien.]

[Note 148: Voyez l'excellent _Itinéraire archéologique de

Paris_ du savant auteur de tant de travaux précieux sur nos

antiquités nationales. M. de Guilhermy déplorait, en 1855,

comme tous ceux qui ont quelque souci de nos monuments

historiques, la destruction de la tour Bichat. «La ville de

Paris, disait-il, qui a fait de si généreux sacrifices pour

sauver la tour Saint-Jacques la Boucherie, s'est au contraire

montrée insouciante envers celle de Latran, ct cependant, si

la première est en jouissance d'une plus grande renommée,

l'autre appartenait à une meilleure époque de l'art et se

rattachait à une famille d'édifices d'un caractère plus

intéressant....» Nous ajouterions que la tour de Latran était

l'unique monument de ce genre en France.]

[Note 149: Voyez TEMPLE.]

[Note 150: _Itinéraire archéologique de Paris_, p. 299.]

[Note 151: Voyez, à l'article MAISON, le plan, fig. 34.]

[Note 152: Voyez le plan général de la cité. Celle porte est

celle de Saint-Nazaire (ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 11, en

D).]

[Note 153: La pierrière est figurée en batterie sur cette

plate-forme.]

[Note 154: Voyez la _Guyenne militaire_, par M. Léo Drouyn,

t. II, p. 255. Voyez aussi, dans le même ouvrage, la porte de

Saint-Macaire, dite porte de Cadillac, laquelle est sur plan

barlong et couronnée par une simple rangée de mâchicoulis.]

[Note 155: Les relevés très-complets de cet ouvrage nous ont

été fournis par M. Durand, architecte à Bordeaux] [Note 156:

Ainsi que nous l'avons expliqué à propos d'une des tours du

château de Vincennes. Les portes de ce château sont percées

dans des tours sur plan barlong analogues à celle représentée

fig. 31 et 32.]

[Note 157: Renseignements extraits d'une note inédite de M.

Alfred Ramé.]

[Note 158: C'est sur ce programme qu'est construite la porte

de la baille du château de Blain dont nous venons de parler.]

[Note 159: Voyez du Cerceau, _Les plus excellens bastimens de

France_.]

[Note 160: Voyez SALLE.]

[Note 161: M. Lisch, architecte, qui a fait sur le port de la

Rochelle un travail très-remarquable, a bien voulu nous

permettre de reproduire ses relevés de la _tour de la

Lanterne_.]

[Note 162: Voyez _Mémoire sur l'éclairage et le balisage des

côtes de France_, 1864, par M. Léonce Reynaud.]

TOURELLE (TOURNELLE), s. f. Diminutif de tour, petite tour, ou plutôt

tour d'un petit diamètre. Les manoirs ne pouvaient être munis de tours,

mais de tourelles seulement[163]. On donnait aussi le nom de

_tournelles_ à de véritables tours flanquant des courtines, mais dont

l'étroite circonférence ne pouvait contenir qu'un très-petit nombre de

défenseurs; sortes de guérites ou d'échauguettes. Les portes, les

châtelets, n'étaient souvent munis que de tournelles. Aujourd'hui, on

désigne habituellement par le mot _tourelles_ les ouvrages cylindriques,

ou à pans, portés en encorbellement. Ces tourelles s'élevaient, soit sur

un cul-de-lampe, soit sur un contre-fort; elles donnaient un flanquement

peu étendu et des vues sur les dehors d'une habitation, d'une porte ou

d'une courtine. On ne commence guère à les employer que pendant le XIIe

siècle; les XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles même en font un grand

usage, et certaines habitations du XVIIe siècle en possèdent

encore[164].

La tourelle est fermée et ne communique avec les logis ou chemins de

ronde que par une porte. Elle forme ainsi intérieurement une petite

pièce circulaire, un cabinet, une guérite, et est couverte le plus

souvent par un cône de pierre ou de charpente, plomb et ardoise. Souvent

les tourelles contiennent un escalier à vis pour communiquer d'un

premier étage aux parties supérieures de l'édifice. La figure 1 donne le

plan et la vue d'une tourelle d'angle du XIIe siècle, appartenant à la

partie la plus ancienne du château de Vées (Oise). Cette tourelle,

cylindrique, est posée sur deux contre-forts et trois culs-de-lampe,

remplissant les trois angles rentrants; elle n'était, par conséquent,

évidée que dans la hauteur du second étage. Sa couverture est un cône de

pierre creux. Des cordons de pointes de diamant ornent sa naissance et

sa corniche.

Les clôtures d'abbayes, de courtils, étaient souvent renforcées de

tourelles aux angles, ou de distance en distance, pour poster des

guetteurs. Quelquefois même ces tourelles avaient deux étages, l'un au

niveau du chemin de ronde, l'autre au-dessus, auquel on montait par une

échelle[165]. Ces sortes de tourelles étaient de véritables

échauguettes, et les appelait-on ainsi pendant le moyen âge[166]. Les

deux fuseaux cylindriques qui flanquent la porte de l'abbaye du

Mont-Saint-Michel en mer sont bien des _tournelles_, dans l'ancienne

acception du mot. Voici (fig. 2) une perspective de ce bel ouvrage bâti

en assises de granit rose et gris alternées dans la hauteur du premier

étage, et qui date de 1260 environ[167]. Ces deux tourelles servaient à

la fois d'escaliers et de défenses dans leur partie supérieure. La porte

qu'elles flanquent est précédée d'un châtelet, et l'ensemble de la

construction est intact[168]. Ce ne sont point des combles coniques qui

couronnent les deux cylindres, mais des plates-formes, afin de laisser

plus de liberté aux défenseurs.

La porte principale du palais des papes, à Avignon, est également

flanquée de deux véritables tourelles, dont la disposition mérite

l'attention.

Cette façade se compose d'une suite d'arcs percés de mâchicoulis à la

hauteur de 15 mètres au-dessus du sol, et portant un chemin de ronde

crénelé, en arrière duquel le mur de face s'élève jusqu'aux combles et

porte un second crénelage[169]. Les deux tourelles de la porte reposent,

en tas de charge, sur deux piles des arcs formant mâchicoulis, et

profitent de la saillie du chemin de ronde pour s'élever jusqu'au

crénelage supérieur (fig. 3); elles flanquent ainsi les deux chemins de

ronde inférieurs A et B, et ajoutent aux défenses de la porte[170].

Les pyramides de couronnement de ces deux tourelles étaient de pierre et

décorées de crochets. On observera que les culs-de-lampe qui les

supportent sont sur plan circulaire, tandis que les tourelles sont

elles-mêmes tracées sur plan octogone, avec nerfs saillants aux angles

et au milieu des faces du prisme. Cette disposition n'est pas rare

pendant le XVe siècle.

Beaucoup d'hôtels, et de simples maisons même, possédaient des tourelles

d'angle permettant de prendre des jours d'enfilade sur les rues, ou des

tourelles engagées contenant des escaliers (voyez MAISON, fig. 13, 14,

15, 33, 34, 35 et 39). Parfois aussi ces tourelles étaient disposées

pour donner de petits cabinets dans le voisinage des pièces

d'habitation. Il existait une charmante tourelle de ce genre dans

l'angle de la cour de l'hôtel de la Trémoille, à Paris; elle formait un

porche à rez-de-chaussée, devant le couloir qui conduisait au

jardin[171].

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 9 - (T - U - V - Y - Z) · 第 12 / 41 段