L'AUTOMOBILISME EN RIVIÈRE.

Pour préluder à la grande semaine maritime du Havre et de Trouville, le

Yachting-Gazette a organisé, de Paris-Courbevoie à Rouen, une croisière

de «cruisers» et de «racers» dont le départ a été donné le dimanche 23

juillet. La première étape, de Courbevoie à Mantes, a été l'occasion

d'un succès pour un des racers, _L'Antoinette-III,_ qui, à Mantes même,

a couru la coupe Dubonnet, sur 100 kilomètres, en 2 h. 20, soit à une

vitesse régulière de plus de 42 kil. 500 à l'heure. Cette allure,

quoique déjà extrêmement rapide, n'est pas surprenante de la part d'un

de ces canots automobiles, et ce n'est pas le motif qui vaut à

_L'Antoinette-III_ de figurer dans nos colonnes. Mais l'instantané

ci-dessus semble bien prouver que ces petits engins mécaniques, produits

d'une industrie essentiellement moderne, apportent, à la surface des

rivières pendant l'instant de leur passage vertigineux dans un sillage

léger et qui s'étale en friselis d'écume, un aspect, nouveau certes,

imprévu peut-être, de monstre marin, mais qui a sa beauté particulière

et qui ne détruit pas l'harmonie, qui ne dépare nullement le cadre d'un

beau paysage fluvial.

L'Illustration, No. 3257, 29 Juillet 1905 · 第 26 / 30 题