#Spécialiste en industrie des technologies de l'information, "facilitator" entre
les Etats-Unis et l'Europe, journaliste
Jacques Gauchey est l'auteur de La vallée du risque - Silicon Valley, paru fin
1990 chez Plon. Son métier - "facilitator" entre les Etats-Unis et l'Europe -
est très lié à ses relations personnelles. En 1993, grâce au réseau qu'il a
constitué de part et d'autre de l'Atlantique, il crée la société G.a
Communications, qui aide les sociétés américaines spécialisées en technologies
de l'information à définir et mettre en place leur politique européenne,
particulièrement en matière de stratégie, de partenariat et de visibilité.
Ses activités dans le domaine des nouvelles technologies sont multiples:
directeur du Multimedia Development Group (MDG) en 1996-1997; responsable du
International Group du MDG de 1994 à 1996, avec des activités allant de la
conférence M3 du MDG (1994) à la publication des éditions 1995 et 1996 du guide
Going Global: Multimedia Marketing & Distribution; président de manifestions
telles que les "only-for-CEOs IT conferences"; ETRE (en Europe) et ATRE (en
Asie) (1990, 1991 et 1992), le "World Multimedia: A Mosaic of Markets" du MDG
(San Francisco, 1994), Multimedia Live! (San Francisco, 1995), le séminaire des
AI (Artificial Intelligence) Soft International Partners (Tokyo, 1996), etc. Il
préside régulièrement des groupes de travail en industrie des technologies de
l'information.
Entre 1985 et 1992, Jacques Gauchey a été le correspondant de la côte ouest des
Etats-Unis pour La Tribune, quotidien parisien économique, financier et
boursier. Auparavant, il a travaillé pour Le Figaro et Le Point.
*Entretien du 31 juillet 1999
= Dans quelle mesure l'internet a-t-il changé votre vie professionnelle?
Complètement. Le monde entier est sur mon écran d'ordinateur. Chaque individu a
maintenant accès à une base de données globale. A cet individu d'apprendre à y
naviguer ou de s'y noyer.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Mes clients sont tous maintenant des sociétés internet. Mes outils de travail
sont ou seront bientôt tous liés à l'internet que ce soit mon téléphone mobile,
mon PDA (personal digital assistant) et mon PC.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Le droit d'auteur dans son contexte traditionnel n'existe plus. Les auteurs ont
besoin de s'adapter à un nouveau paradigme, celui de la liberté totale du flot
de l'information. Le contenu original est comme une empreinte digitale: il est
incopiable. Il survivra et prospérera donc.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
La technologie résoudra le problème éventuellement. Et que le meilleur gagne.
L'internet a vraiment décollé aux Etats-Unis à cause d'un concept
révolutionnaire: une langue unique - l'anglais. Le mouvement "politically
correct" pour l'enseignement obligatoire multi-linguistique dans les écoles
américaines et le respect des différentes sous-cultures est un désastre pour
l'avenir de ce pays (comme il l'est déjà en Europe). Aux individus de décider,
chez eux, s'ils veulent apprendre une autre langue.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
J'ai publié quelques numéros d'une lettre d'information en anglais gratuite il y
a quatre ans sur internet. Une dizaine de lecteurs par numéro jusqu'au jour (en
janvier 1996) où l'édition électronique de Wired Magazine créa un lien. En une
semaine j'ai eu une centaine de courriers électroniques - y compris de lecteurs
francais de mon livre La vallée du risque - Silicon Valley, contents de me
retrouver.
= Et votre pire souvenir?
L'internet est un médium et comme tout médium un facteur d'éclatement du pire.
La fusillade d'Atlanta fin juillet 1999 par un "day trader". La pornographie. La
vente libre des armes en ligne. Les mails non sollicités.