FRANÇOIS DE TESSAN.

[Illustration: Le cortège des étudiants, se rendant place de la

Concorde, passe rue de Rivoli devant, la statue de Jeanne d'Arc.]

[Illustration: UNE MANIFESTATION PATRIOTIQUE DE LA JEUNESSE DES

ÉCOLES.--Le défilé devant la statue de Strasbourg.]

Dans l'après-midi de dimanche dernier, la manifestation traditionnelle

de la jeunesse des écoles à la statue de Strasbourg a eu lieu au milieu

d'une affluence exceptionnelle et avec un calme, une piété silencieuse,

qui lui ont donné un aspect impressionnant. Les étudiants avaient on

effet résolu de conserver à cette manifestation, d'où devait être exclu

tout geste politique, un caractère exclusivement patriotique et

national. Lorsque, à deux heures, le cortège se forma sur la place de la

Sorbonne, les étudiants étaient au nombre de trois à quatre mille. L'un

d'eux, en tête, portait un grand drapeau tricolore cravaté de crêpe.

Puis venaient les délégués des diverses organisations, républicaine,

jeune-républicaine, plébiscitaire, nationaliste, et des universités de

province, notamment de Bordeaux. Huit étudiants suivaient, porteurs de

deux grandes couronnes endeuillées de crêpe et coupées par un large

ruban tricolore. Derrière, marchait la foule des élèves ou des aspirants

aux écoles militaires, le bonnet de police sur l'oreille, et des

étudiants des diverses facultés avec leurs bérets aux couleurs

distinctives. La longue colonne gagna, par la rue de Rivoli, en saluant

la statue de Jeanne d'Arc, la place de la Concorde. Les couronnes et le

drapeau furent déposés sur le socle de la statue de Strasbourg, devant

laquelle les jeunes gens défilèrent ensuite, pieusement recueillis.

L'Illustration, No. 3655, 15 Mars 1913 · 第 10 / 45 题