Le _Bulletin économique_ de Madagascar signale une découverte
importante, faite dans la rivière de l'Isonjo, de la province de
Farafangana, où une révolte a récemment éclaté. Des laveurs d'or ont
recueilli quelques fragments d'un métal blanc qui, expédiés au service
des mines, ont été reconnus comme composés de platine natif. Le platine
est un métal très rare et coûteux; la plus grande partie du platine qui
se trouve dans le commerce provient des mines de la Russie. Il est très
désirable que l'on trouve de nouveaux dépôts de cette substance
précieuse. Le platine est employé dans l'industrie, où il sert à la
fabrication des cornues dans lesquelles s'opère la concentration de
l'acide sulfurique.
On en fait beaucoup usage aussi dans la confection des lampes à
incandescence, en raison de son coefficient de dilatation, voisin de
celui du verre.
Enfin, c'est un métal précieux pour les laboratoires de chimie et de
physique, où, très résistant à la chaleur et très malléable en même
temps, il sert à faire des creusets, des cornues, des tubes, pour
différentes réactions exigeant une haute température ou l'intervention
d'acides très puissants. Dans nos appartements, le platine sert encore,
sous forme de mousse, à allumer les becs de gaz, sans allumettes: il a
le pouvoir, en absorbant les gaz, de s'échauffer assez pour les
enflammer. A l'état naturel, le platine se présente sous la forme de
paillettes ou de petits grains irréguliers; on le trouve le plus souvent
parmi les produits de désagrégation des roches anciennes, avec d'autres
métaux lourds, le fer et l'or en particulier.
A Madagascar, c'est avec l'or qu'on l'a découvert et, étant donnée sa
valeur commerciale, c'est une acquisition précieuse. On va explorer
attentivement la rivière de l'Isonjo et ses affluents, pour mettre la
main, si possible, sur les roches d'où proviennent les débris découverts
à Bemahala, sur le gisement original du métal si recherché. Il faut
espérer que le gisement sera assez riche pour qu'il vaille la peine d'en
faire l'exploitation méthodique.