On sait qu'il existe une commission internationale des glaciers qui
s'est chargée de la surveillance des montagnes et de leurs glaciers Le
but de cette commission est principalement scientifique: il s'agit
simplement de savoir si les glaciers augmentent ou diminuent, les
variations fournissant des indications sur les tendances générales du
climat, sur les probabilités de périodes chaudes ou froides, sèches ou
humides; il est en outre intéressant de suivre les variations des
glaciers en corrélation avec les études météorologiques qui se font sur
l'ensemble du globe. Enfin, les études sur les glaciers présentent un
intérêt pratique en indiquant les oscillations probables des sources et
des torrents constituant la houille blanche. Chaque année la commission
publie un rapport d'ensemble. Celui qui vient de paraître nous fait
savoir qu'en Suisse la plupart des glaciers sont en décrue ou
stationnaires. Il y en a treize qui présentent une légère crue: trois
seuls sont en crue certaine, ce sont trois affluents du Rhône. Dans les
Alpes autrichiennes, il en va assez généralement de même: les glaciers
qui reculent sont plus nombreux que les glaciers qui avancent. En
Dauphiné, d'après M. Kilian, recul général: il y a même des glaciers qui
semblent devoir mourir à brève échéance, leur décrue persistant depuis
trente et quarante ans. Il est vrai qu'ils pourront un jour ressusciter.
Et il en est qui ont la vie dure: les glaciers de Porteras et de la
Grande Roche du Lauzou sont quasi morts depuis vingt ans; mais ils n'ont
pas totalement disparu encore. Partout il y a recul dans le Dauphiné, et
ceci n'est pas encourageant pour les nombreuses industries qui vivent de
la force hydraulique.
Il y a eu, de 1860 à 1891, un mouvement de recul très prononcé. Depuis
1893, ce mouvement s'est ralenti, mais il existe toujours. Sans doute,
il s'arrêtera avant longtemps pour être remplacé par une crue qui durera
un certain nombre d'années.