CHAPITRE XIII.

Sur l'organisation du Conseil de commerce.--Création d'entrepôts de

commerce.--Colbert fait de grands efforts pour que le transit des

transports entre la Flandre et l'Espagne ait lieu par la

France.--Édit portant que la noblesse peut faire le commerce de mer

sans déroger (1669).--Établissement d'une _Chambre des assurances_

à Marseille (1670.)--Ordonnance pour l'uniformité des poids et

mesures dans les ports et arsenaux (1671).--Opérations sur les

monnaies avant Colbert.--Réformes importantes qu'il introduisit

dans cette administration.--Colbert défend l'exportation des métaux

précieux.--Commerce de la France avec l'Espagne.--Évaluation du

numéraire existant en France à diverses époques.

On a souvent fait honneur à Colbert de la création du Conseil de

commerce; mais déjà une assemblée de ce genre avait été réunie par Henri

IV en 1604, et, entre autres voeux, elle avait recommandé que le roi

favorisât particulièrement la plantation des mûriers. On sait avec

quelle faveur Henri IV accueillit ce voeu[414]. En 1626, le cardinal de

Richelieu établit un Conseil de commerce permanent et en prit la

direction. Quatre conseillers d'État et trois maîtres des requêtes en

firent partie avec lui. Forbonnais observe que la qualité des personnes

ne pouvant suppléer à l'expérience ni aux principes, cette nouvelle

tentative n'eut pas plus de succès que la première. Plus tard,

cependant, des hommes pratiques furent introduits dans ce Conseil; car

le père de Fouquet, autrefois armateur et qui avait gagné une grande

fortune dans le commerce des colonies, fut désigné pour y siéger.

Colbert ne fit donc que se servir d'une institution déjà ancienne, qu'il

perfectionna sans doute, et à laquelle un édit de 1700, rendu sous le

ministère de M. de Chamillart, donna une nouvelle organisation en y

appelant, outre six membres nommés par le roi, douze marchands

négociants, désignés _librement et sans brigue_ par le corps de ville et

par les marchands négociants de Paris, Rouen, Bordeaux, Lyon, Marseille,

La Rochelle, Nantes, Saint-Malo, Lille, Bayonne et Dunkerque[415].

L'institution actuelle des trois Conseils du commerce, des manufactures

et de l'agriculture, date de là.

La création d'entrepôts de commerce, les mesures prises pour encourager

le transit des marchandises étrangères sur le territoire français,

l'édit qui _déclare le commerce de mer ne point déroger à la noblesse_,

la création d'une _Chambre des assurances_ à Marseille, remontent encore

à cette année 1669, la plus féconde en ordonnances, édits et règlements

sur toute sorte de matières pendant l'administration de Colbert, et au

commencement de l'année suivante. On se souvient que le tarif de 1664

avait isolé les provinces qui s'y étaient soumises au moyen d'une double

chaîne de douanes qui les rendait complètement étrangères à celles qui

ne l'avaient pas adopté. Cet état de choses, qui eût empêché tout

commerce, avait été heureusement modifié en 1664 même par la création de

onze entrepôts, situés circulairement dans l'étendue des cinq grosses

fermes, et au moyen desquels les négociants qui réexportaient des

marchandises provenant des provinces appelées étrangères rentraient dans

l'intégralité des droits acquittés. Au mois de février 1670, le bienfait

des entrepôts fut étendu à toutes les villes maritimes, dans le but,

disait l'édit, «d'augmenter encore la commodité des négociants de

quelque pays qu'ils fussent, en leur donnant la facilité de se servir

des ports du royaume comme d'un entrepôt général, pour y tenir toute

sorte de marchandises, soit pour les vendre en France, soit pour les

transporter hors du royaume, moyennant la restitution des droits

d'entrée qu'ils auraient payés.» Seulement, la restitution des droits

d'entrée n'était pas possible d'un bail à l'autre, ce qui était un

sujet d'embarras très-grand pour les négociants, et il peut paraître

surprenant que Colbert n'ait pas cru devoir obvier à un aussi grave

inconvénient en ne soumettant les marchandises à l'acquittement des

droits qu'au moment de leur mise en consommation, quand il y avait

lieu[416].

On sait que la France attache, aujourd'hui encore, une extrême

importance à ce que les divers États auxquels elle confine empruntent

son territoire pour le transport des marchandises qu'ils s'expédient, et

sa position géographique autorise bien d'ailleurs les prétentions

qu'elle a toujours eues de faire le commerce de transit d'une grande

partie de l'Europe. Cette préoccupation fut peut-être plus vive que

jamais en 1669, et l'on ne saurait croire combien de lettres écrivit

Colbert pour engager les négociants de Lille et des autres villes

récemment incorporées à la France à expédier par terre jusqu'au Havre

les marchandises qu'ils envoyaient en Espagne, où ils entretenaient

alors beaucoup de relations, soit parce que l'Espagne était leur

ancienne métropole, soit plutôt à cause de son commerce des Indes. Il y

avait, au surplus, dans ces démarches de Colbert, outre le but

commercial et ostensible, un but politique très-sensé; car, en

multipliant les intérêts des villes conquises avec la France, on

espérait les habituer plus promptement et plus sûrement à sa domination.

Colbert supprima d'abord tout droit de transit entre la Flandre et

l'Espagne, et il paya un entrepreneur pour se charger du transport des

marchandises de Lille au Havre à meilleur marché que ne le faisaient des

Allemands, qui en avaient été chargés jusqu'alors. En même temps, il mit

quelques bâtiments de l'État à la disposition des négociants, sans

compter les escortes qu'il proposait de fournir à tous leurs convois,

quel qu'en fût le nombre. Puis, poussant la sollicitude à l'extrême, il

écrivait à l'intendant de la Flandre de bien faire valoir tous ces soins

aux nouveaux sujets de Sa Majesté, en leur disant qu'elle les conviait à

en profiter pour leur avantage, sans les y forcer. Une autre fois,

toujours à l'occasion du transit, il se plaignait que les marchands de

Lille et des villes conquises n'envoyassent pas assez de ballots par la

voie des provinces françaises, et il recommandait à l'intendant de ne

jamais rien décider à ce sujet sans avoir entendu les marchands et les

fermiers, afin de maintenir la balance égale entre eux; _d'être plutôt

un peu dupe des marchands que de gêner le commerce, parce que ce serait

anéantir les produits_; enfin, d'objecter toujours la rigueur des

ordonnances, pour que les peuples, sachant que la grâce leur venait du

roi, fussent portés à lui en avoir toute la reconnaissance.

Recommandations profondes, et qui dénotaient chez Colbert, non-seulement

une grande habileté, mais aussi un véritable attachement pour les

intérêts dont la direction était confiée à ses soins[417]!

L'édit qui permettait à la noblesse de se livrer au _commerce de mer_

sans déroger date de la même époque. Montesquieu a dit: «Il est _contre

l'esprit du commerce_ que la noblesse le fasse dans une monarchie[418].»

C'est une erreur de plus à ajouter aux erreurs du célèbre publiciste.

Déjà, en 1664, lors de la création des Compagnies des Indes orientales

et occidentales, on avait permis à la noblesse de s'y associer sans

perdre ses privilèges. L'édit du mois d'août 1669 généralisa ce droit.

Le préambule portait que le commerce, particulièrement le commerce

maritime, était la source féconde qui répandait l'abondance dans les

États; qu'il n'existait pas de moyen plus légitime d'acquérir du bien;

que celui-là avait été en grande considération parmi les nations les

plus policées; que les lois et ordonnances n'avaient véritablement

défendu aux gentilshommes que le trafic en détail, l'exercice des arts

mécaniques et l'exploitation des fermes d'autrui, mais que, pourtant,

c'était une opinion généralement accréditée que le commerce maritime

était incompatible avec la noblesse. Tels sont les motifs sur lesquels

se fonda Colbert. Si ses vues eussent été comprises, si une faible

partie des capitaux que possédait la noblesse eût été affectée au

commerce, non-seulement la richesse, mais la puissance du royaume s'en

fussent accrues, et, on peut le dire, les nobles qui se seraient livrés

au commerce auraient servi leur pays, moins glorieusement sans doute,

mais aussi utilement que d'autres pouvaient le faire sur les champs de

bataille. Par malheur, d'un côté les préjugés de classe, de l'autre, la

série de guerres où la France entra peu de temps après, ne permirent pas

à l'édit de 1669 de porter les fruits que Colbert en avait espérés. Sous

le même règne, en 1701, un nouvel édit permit aux nobles, la

magistrature exceptée, de se livrer au commerce en gros[419]. Mais cette

faculté ne fut pas plus recherchée que la première fois, et tandis qu'en

Angleterre le grand commerce enrichissait le pays et doublait

l'importance de ses ressources; en France, l'absence des capitaux et de

tout esprit d'association ne permettait d'entreprendre aucune de ces

grandes opérations qui faisaient la fortune de nos rivaux et les

rendaient peu à peu maîtres de tous les marchés.

L'institution d'une _Chambre des assurances_, ce puissant levier

commercial, eut lieu vers le même temps à Marseille, grâce aux soins de

Colbert. Le 30 juin 1670, ce ministre écrivit à M. d'Oppède, premier

président du Parlement de Provence, pour lui donner l'ordre de faire

établir cette Chambre sur le modèle de celle qui existait à Paris,

«afin, dit-il, de contribuer à rétablir dans Marseille le commerce qui

s'y faisait autrefois[420].»

Enfin, une mesure de détail qui a néanmoins son importance, se rattache

à cette époque de la vie de Colbert. Le 21 août 1671, il fut publié une

ordonnance _pour rendre uniformes les poids et mesures dans tous les

ports et arsenaux de France[421]_. On ne saurait douter, d'après cela,

que l'universel et infatigable ministre n'ait été frappé des

inconvénients de toute sorte occasionnés par la diversité infinie des

poids et mesures, et qu'il n'eût désiré établir un système uniforme dans

toute la France. Mais les difficultés que cette amélioration a

rencontrées de nos jours même font voir ce qu'elles eussent été il y a

cent soixante ans, et tout porte à croire que la plupart des provinces,

notamment les pays d'États, auraient cru leurs libertés et leurs

privilèges à jamais compromis, si le gouvernement leur eût demandé, dans

l'intérêt du commerce, le sacrifice des poids et mesures qu'ils avaient

reçus de leurs aïeux.

C'est ici le lieu de signaler une très-habile opération de Colbert sur

les monnaies, et les changements qu'il introduisit dans cette branche de

l'administration, à laquelle, depuis son ministère, il n'a été apporté

que des modifications de détail. La fabrication des monnaies avait donné

lieu, antérieurement à Sully, aux plus inconcevables fraudes. Des rois

de France, Philippe-le-Bel entre autres, avaient perfidement affaibli le

poids des espèces, comme auraient pu le faire de faux-monnayeurs

passibles du gibet. Il est vrai que c'était pour la raison d'État.

L'administration de Sully lui-même donna lieu, sous ce rapport, à des

plaintes unanimes très-fondées, et l'on reproche particulièrement à ce

ministre un édit de 1609 qui non-seulement dépréciait les monnaies

étrangères, en prohibait la circulation, mais encore défendait, sous

peine de confiscation, d'amende et de prison, de transporter hors du

royaume l'argent monnayé ou non monnayé. Heureusement, la Cour des

monnaies, le Parlement, le peuple et le commerce firent une telle

opposition à cet édit qu'il ne fut pas exécuté, du moins en ce qui

concernait les monnaies étrangères, dont le commerce savait bien, au

surplus, déterminer la véritable valeur.

Voici quelles étaient les règles adoptées pour la fabrication des

monnaies avant 1666. Des orfèvres, des banquiers ou d'autres

entrepreneurs la prenaient à bail, comme une ferme, moyennant un

bénéfice proportionné au nombre de marcs qui devait être frappé, ou pour

une somme fixe indépendante de la quantité de marcs fabriqués. La Cour

des monnaies surveillait si le titre et le poids étaient bien conformes

au traité. En 1662, le bail comprenait la fabrication dans toute la

France. Les principales clauses de ce bail donneront une juste idée des

principes de l'époque sur ces matières. Le roi s'était engagé envers les

fermiers à ne laisser sortir du royaume aucun ouvrage d'or ou d'argent,

à interdire absolument le cours des monnaies étrangères, et même à

défendre aux affineurs de fondre ces monnaies sans la permission du

fermier. En outre, celui-ci avait le droit d'acheter, de préférence à

tous autres, au prix du tarif, toutes les matières dont il aurait

besoin.

Colbert, par malheur, approuvait bien une partie de ces entraves, mais

il y en avait quelques-unes, particulièrement celles qui s'opposaient à

l'exportation de l'orfèvrerie française, dont il comprit tout

l'inconvénient. Cependant, les règles en vigueur étaient si anciennes,

le préjugé général les croyait tellement indispensables, que lorsqu'il

s'agit, en 1666, de renouveler le bail des monnaies, Colbert ne trouva

pas de fermier qui voulût s'en charger à d'autres conditions. Habile à

profiter de l'occasion qui s'offrait à lui, il s'empressa d'adopter,

pour la fabrication des espèces, une forme d'administration qui tenait

tout à la fois de la régie et de l'entreprise. A partir de cette époque,

les directeurs des divers hôtels des monnaies achetèrent, fabriquèrent,

vendirent, avec les fonds et pour le compte de l'État, moyennant un prix

fixe par marc, et sous la surveillance d'un directeur général des

monnaies chargé de rendre compte au Conseil de la fabrication et des

frais[422].

On sait quel prix les gouvernements ont attaché de tout temps à

augmenter la masse du numéraire en circulation. L'opération principale

de Colbert sur les monnaies témoigne de cette préoccupation. Il y avait

alors en France une grande quantité de pistoles d'Espagne et d'écus d'or

qui n'étaient pas de poids. On les décria; mais, en même temps, on

invita les particuliers à les porter aux hôtels des monnaies, où ils

reçurent un poids équivalent en monnaies françaises, sans déduction des

droits dits de _seigneuriage_ et de fabrication; expédient très-habile

assurément, et qui, tout en attirant dans le royaume une grande quantité

d'or et d'argent d'Espagne, eut sans doute aussi pour résultat

d'accroître proportionnellement la masse des denrées ou des objets

fabriqués que la France vendait à ce pays[423].

Quant au commerce de l'or et de l'argent, il ne paraît pas que Colbert

se soit dégagé, à cet égard, des préjugés contemporains. Un écrivain des

plus compétents, l'auteur de l'_Histoire financière de la France_, a dit

que ce minisire «accorda aux négociants et banquiers la liberté de

trafiquer des matières d'or et d'argent en barres, lingots ou monnaies

étrangères, et de les transporter dans _toutes les parties du royaume_,

ce qui jusqu'alors avait été interdit par les ordonnances[424].» Quant à

ce qui concerne l'exportation au dehors du royaume, deux lettres de

Colbert lui-même établissent qu'elle fut au moins sujette à des

restrictions. Dans la première, du 31 octobre 1670, ce ministre

recommande à un sieur Derieu, à Lille, de ne pas laisser sortir d'argent

des pays conquis sans un passeport. La deuxième, du 6 novembre suivant,

est adressée à M. de Souzy, intendant à Lille, auquel Colbert envoie un

arrêt _contre la sortie de l'argent en barres et en réaux_[425]. Enfin,

deux autres lettres de la même année, relatives à l'importation des

métaux précieux, constateraient de nouveau, s'il en était encore besoin,

l'extrême sollicitude de Colbert pour le commerce.

«L'on m'a donné advis, écrivait-il à un de ses agents à Rouen, le 4

avril 1670, qu'il est arrivé au Hâvre de Grâce deux vaisseaux de

Cadis qui ont apporté un million d'or et d'argent; j'ai esté un peu

estonné de n'avoir pas reçeu cet advis par vous, veu que vous

sçavez qu'il n'y a rien qui puisse estre plus agréable au roy que

de semblables nouvelles. N'y manquez donc pas à l'advenir, et

surtout de me mander le nombre et la quantité des marchandises qui

auront esté chargées sur ces vaisseaux[426].»

L'autre lettre, datée du 15 août, est adressée à l'intendant de

Bretagne. Celui-ci lui avait transmis une plainte des négociants de

Saint-Malo, qui assuraient qu'il viendrait une plus grande quantité

d'argent dans le royaume s'il valait autant que dans les pays étrangers.

A cela Colbert répondit qu'il «avouait n'avoir pu jusqu'à présent

comprendre cette réclamation; que, si les négociants de Saint-Malo

voulaient lui en faire la démonstration, peut-être y trouverait-il

quelque expédient; mais qu'à dire vrai il croyait qu'ils auraient

beaucoup de peine à lui persuader que les espèces valaient moins en

France qu'en Angleterre et en Hollande[427].»

On a pu voir en quelque sorte, à travers le temps, la joie que dut

éprouver Colbert en apprenant l'arrivée de ces deux navires qui

portaient 1 million au Havre. _Un million d'or et d'argent!_ Dans leur

concision énergique, ces mots résument toutes les illusions de l'époque

relativement au rôle commercial des métaux précieux. Pour Colbert, en

effet, c'était une satisfaction bien autrement vive de voir arriver ces

navires avec une cargaison d'un million en espèces qu'en marchandises.

Et pourtant, les marchandises sont aussi de l'argent, et, avant d'avoir

atteint leur forme dernière, elles auront employé des milliers de bras,

doublé, triplé de valeur. Mais c'était la grande erreur de l'époque.

Toutes les nations voulaient faire leurs retours en numéraire,

c'est-à-dire vendre sans acheter. C'est ce qui fut cause que le commerce

avec l'Espagne fut alors si recherché; c'est ce qui fit encore que ce

malheureux pays, appauvri par l'émigration de tous les hommes d'énergie

qui allaient chercher fortune en Amérique; entouré, sollicité de tous

côtés par la multitude des vendeurs, succomba bientôt sous sa richesse

et par sa richesse même. Sans doute l'échange de nos denrées ou de nos

marchandises contre de l'or était avantageux au royaume; mais cet

avantage eût été double si la France eût reçu, en retour, une valeur

susceptible d'un nouveau travail, ou qui lui eût épargné un travail

onéreux. Puis, une fois l'Espagne ruinée, épuisée, que devinrent nos

bénéfices et ceux de tous les peuples qui commerçaient avec elle? Ils se

réduisirent à rien. Voilà ce que l'on avait gagné en poursuivant la

folle idée de vendre sans acheter, ou de vendre beaucoup et d'acheter

peu[428]!

On a évalué comme il suit la quantité du numéraire existant en France à

diverses époques:

En 1683 500,000,000 liv.

En 1708 800,000,000

En 1754 1,600,000,000

En 1780 2,000,000,000

En 1797 2,200,000,000

Sous l'Empire 2,300,000,000

En 1828 2,713,000,000

En 1832 3,583,000,000

En 1841 4,000,000,000

Si ces évaluations étaient justes, le _budget central_, qui s'élevait à

114 millions en 1683, aurait absorbé un peu moins du cinquième du

numéraire[429]. Aujourd'hui cette proportion serait beaucoup plus

élevée, et le chiffre du budget formerait environ le tiers du capital

circulant. Mais ces données sont-elles exactes? Cela est au moins

douteux. En effet, l'administration de la monnaie n'a conservé pendant

fort longtemps aucunes données officielles à ce sujet. Il importe donc

de ne pas demander aux documents qui précèdent, ce qu'ils ne peuvent

fournir, c'est-à-dire une conclusion.

Histoire de la vie et de l'administration de Colbert · 第 44 / 189 题