Tableau XXXI

_Évolution comparée des meurtres, des assassinats et des suicides aux

différents âges, en France_ (1887).

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+--------------------------------------------------------------------+

| |SUR 100,000 HABITANTS| SUR 100,000 INDIVIDUS |

| | de chaque âge |de chaque sexe et de chaque |

| | combien de | âge combien de suicides. |

| +--------+------------+--------------+---------------+

| |Meurtres|Assassinats | Hommes. | Femmes. |

| +--------+------------+--------------+---------------+

|De 16 à 21[343]| 6,2 | 8 | 14 | 9 |

| 21 à 25 | 9,7 | 14,9 | 23 | 9 |

| 25 à 30 | 15,4 | 15,4 | 30 | 9 |

| 30 à 40 | 11 | 15,9 | 33 | 9 |

| 40 à 50 | 6,9 | 11 | 50 | 12 |

| 50 à 60 | 2 | 6,5 | 69 | 17 |

|Au delà | 2,3 | 2,5 | 91 | 20 |

+---------------+--------+------------+--------------+---------------+

*/

Reste l'action de la température. Si l'on réunit ensemble tous les

crimes contre les personnes, la courbe que l'on obtient ainsi semble

confirmer la théorie de l'école italienne. Elle monte jusqu'en juin et

descend régulièrement jusqu'en décembre, comme celle des suicides. Mais

ce résultat vient simplement de ce que, sous cette expression commune de

crimes contre la personne, on compte, outre les homicides, les attentais

à la pudeur et les viols. Comme ces crimes ont leur maximum en juin et

qu'ils sont beaucoup plus nombreux que les attentats contre la vie, ce

sont eux qui donnent à la courbe sa configuration. Mais ils n'ont aucune

parenté avec l'homicide; si donc on veut savoir comment ce dernier varie

aux différents moments de l'année, il faut l'isoler des autres. Or, si

l'on procède à cette opération et surtout si l'on prend soin de

distinguer les unes des autres les différentes formes de la criminalité

homicide, on ne découvre plus aucune trace du parallélisme annoncé (V.

Tableau XXXII).

En effet, tandis que l'accroissement du suicide est continu et régulier

de janvier à juin environ, ainsi que sa décroissance pendant l'autre

partie de l'année, le meurtre, l'assassinat, l'infanticide oscillent

d'un mois à l'autre de la manière la plus capricieuse. Non seulement la

marche générale n'est pas la même, mais ni les _maxima_ ni les _minima_

ne coïncident. Les meurtres ont deux _maxima_, l'un en février et

l'autre en août; les assassinats deux aussi, mais en partie différents,

l'un en février et l'autre en novembre. Pour les infanticides, c'est en

mai; pour les coups mortels, c'est en août et septembre. Si l'on calcule

les variations, non plus mensuelles, mais saisonnières, les divergences

ne sont pas moins marquées. L'automne compte à peu près autant de

meurtres que l'été (1.968 au lieu de 1.974) et l'hiver en a plus que le

printemps. Pour l'assassinat, c'est l'hiver qui tient la tête (2.621),

l'automne suit (2.596), puis l'été (2.478) et enfin le printemps

(2.287). Pour l'infanticide, c'est le printemps qui dépasse les autres

saisons (2.111) et il est suivi de l'hiver (_1.939_). Pour les coups et

blessures, l'été et l'automne sont au même niveau (2.854 pour l'un et

2.845 pour l'autre); puis vient le printemps (2.690) et, à peu de

distance, l'hiver (2.653). Tout autre est, nous l'avons vu, la

distribution du suicide.

Le Suicide: Etude de Sociologie · 第 112 / 163 题