_Part de chaque sexe dans le chiffre total des suicides._
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| | NOMBRES ABSOLUS | SUR 100 SUICIDES |
+-------------------------------+-----------------+------------------+
| | des suicides. | combien d' |
| | | |
| | Hommes.| Femmes.| Hommes.| Femmes. |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|Autriche (1873-77). | 11.429 | 2.478 | 82,1 | 17,9 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|Prusse (1831-40). | 11.435 | 2.534 | 81,9 | 18,1 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
| " (1871-76). | 16.425 | 3.724 | 81,5 | 18,5 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|Italie (1872-77). | 4.770 | 1.195 | 80 | 20 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|Saxe (1851-60). | 4.004 | 1.055 | 79,1 | 20,9 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
| " (1871-76). | 3.625 | 870 | 80,7 | 19,3 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|France (1836-40). | 9.561 | 3.307 | 74,3 | 25,7 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
| " (1851-55). | 13.596 | 4.601 | 74,8 | 25,2 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
| " (1871-76). | 25.341 | 6.839 | 78,7 | 21,3 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|Danemark (1845-56). | 3.324 | 1.106 | 75,0 | 25,0 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
| " (1870-76). | 2.485 | 748 | 76,9 | 23,1 |
+-------------------------------+--------+--------+--------+---------+
|Angleterre (1863-67). | 4.905 | 1.791 | 73,3 | 26,7 |
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On s'est, demandé, il est vrai, si cet excédent de femmes ne venait pas
simplement de ce que la mortalité des fous est supérieure à celle des
folles. En fait, il est certain que, en France, sur 100 aliénés qui
meurent dans les asiles, il y a environ 55 hommes. Le nombre plus
considérable de sujets féminins recensés à un moment donné ne prouverait
donc pas que la femme a une plus forte tendance à la folie, mais
seulement que, dans cette condition comme d'ailleurs dans toutes les
autres, elle survit mieux que l'homme. Mais il n'en reste pas moins
acquis que la population existante d'aliénés compte plus de femmes que
d'hommes; si donc, comme il semble légitime, on conclut des fous aux
nerveux, on doit admettre qu'il existe à chaque moment plus de
neurasthéniques dans le sexe féminin que dans l'autre. Par conséquent,
s'il y avait entre le taux des suicides et la neurasthénie un rapport de
cause à effet, les femmes devraient se tuer plus que les hommes. Tout au
moins devraient-elles se tuer autant. Car même en tenant compte de leur
moindre mortalité et en corrigeant en conséquence les indications des
recensements, tout ce qu'on en pourrait conclure, c'est qu'elles ont
pour la folie une prédisposition sensiblement égale à celle de l'homme;
leur plus faible dîme mortuaire et la supériorité numérique qu'elles
accusent dans tous les dénombrements d'aliénés se compensent, en effet,
à peu près exactement. Or, bien loin que leur aptitude à la mort
volontaire soit ou supérieure on équivalente à celle de l'homme, il se
trouve que le suicide est une manifestation essentiellement masculine.
Pour une femme qui se tue, il y a, en moyenne, 4 hommes qui se donnent
la mort (V. Tableau IV, ci-dessus). Chaque sexe a donc pour le suicide
un penchant défini, qui est même constant pour chaque milieu social.
Mais l'intensité de cette tendance ne varie aucunement comme le facteur
psychopathique, qu'on évalue ce dernier d'après le nombre des cas
nouveaux enregistrés chaque année ou d'après celui des sujets recensés
au même moment.
2° Le tableau V permet de comparer l'intensité de la tendance à la folie
dans les différents cultes.