SOCIÉTÉ DE 1789.

_Extrait des registres des délibérations de la Société de 1789_[5].

_Du 28 mai_, arrêté que les députés à l'Assemblée Nationale, non

domiciliés à Paris, pourront être reçus à la Société à titre

d'_associés_, et seront invités à délibérer dans ses assemblées de

discussion, ainsi qu'à jouir de tous les avantages et agrémens de la

Société, pendant le tems que durera l'Assemblée Nationale. Ils devront

être présentés par un membre de la Société, et ils seront admis par la

voie d'un scrutin, fait entre douze commissaires nommés à cet effet.

Lesdits associés ne pourront point payer de cotisation.

[5] Cette courte notice des travaux de la société de 1789 n'a pour

objet que d'en donner une idée à nos lecteurs; à mesure que leur

intérêt s'accroîtra pour ces mêmes travaux, nous nous proposons de

les leur faire connoître d'une manière plus particulière.

En conséquence de cet arrêté, plus de cent membres de l'Assemblée

Nationale se sont déjà présentés, et ont été reçus comme associés.

_Du 10 juin_, l'assemblée générale a adopté le réglement proposé par

un directoire de correspondance, rédigé en quatorze articles; voici

ceux qui sont relatifs aux sociétés étrangères ou nationales, qui

demanderont de correspondre avec celle de 1789.

Le directoire de correspondance mettra au nombre de ses premiers

devoirs de donner aux sociétés qui auront demandé et obtenu

l'association, tous les éclaircissemens qu'elles exigeront, et de leur

faire part des délibérations importantes prises par la Société de 1789,

lorsque ces délibérations ne seront pas de nature à être insérées dans

son Journal.

Sur la demande des sociétés correspondantes, le directoire se chargera

de leur faire passer les écrits nouveaux et périodiques, et ces

sociétés devront faire les fonds d'avance de ces envois, entre les

mains du rédacteur du Journal de la Société: ces Sociétés sont priées

d'affranchir tous leurs paquets; on affranchira de même les envois.

_Du 13 juin_, la forme des comités de discussion a été établie

provisoirement par un réglement. Il a été arrêté que le Président de

ces comités seroit élu pour quinze jours, sans pouvoir être continué,

si ce n'est après un intervalle pareil. Il a été arrêté aussi qu'il

seroit assisté de deux secrétaires chargés de la rédaction du

procès-verbal des comités, et choisis dans le directoire du journal.

Dans le comité-général de discussion, tenu le même jour, M. de la

Rochefoucauld, député de Paris à l'assemblée nationale, a lu le morceau

suivant sur Benjamin Franklyn.

Immédiatement après cette lecture, qui a été justement applaudie, M. de

Liancourt a fait la motion que les membres de la société portassent le

deuil, décrété par l'assemblée nationale, et que le buste de Franklyn

fût placé dans la salle d'assemblée avec cette inscription:

_Hommage rendu par le vœu unanime de la société de 1789 à Benjamin

Franklyn, objet de l'admiration et des regrets des amis de la

liberté._

Cette motion a été adoptée à l'unanimité. M. de la Rochefoucauld a

offert alors à la société un buste de Benjamin Franklyn, et l'assemblée

lui a voté des remerciemens par acclamation.

M. de la Rochefoucauld a été élu au scrutin président du comité général

de discussion: voici son discours.

Journal de la société de 1789 - Nº III · 第 4 / 5 题