Au moment de votre formation, vous aviez placé sur votre liste deux
noms illustres dans les fastes de la liberté, celui de WASHINGTON et
celui de FRANKLYN, et déjà l'un d'eux n'existoit plus; FRANKLYN est
mort au mois d'avril, après seize jours de maladie, et sa mémoire a
reçu les plus grands honneurs qui aient jamais été décernés, puisqu'ils
ont été l'hommage de peuples libres; l'Amérique entière l'a pleuré, et
L'ASSEMBLÉE NATIONALE de France, vêtue de deuil, apprend au monde, par
cet acte éclatant, qu'un grand homme appartient également à toutes les
nations.
Honoré de l'amitié de cet homme respectable, pour qui j'étois pénétré
d'une vénération profonde, permettez moi, messieurs, de vous entretenir
de lui quelques instans.
BENJAMIN FRANKLYN, né à _Boston_ en 1706, placé fort jeune chez un de
ses frères qui étoit imprimeur, s'instruisit avec ardeur dans cet art
si utile à l'humanité, et contracta pour l'imprimerie une véritable
tendresse qu'il a conservée jusques à la fin de ses jours; on l'a vu
souvent attirer dans sa retraite de Passy qu'il a rendu si célèbre, MM.
_Didot_, _Pierres_ et les autres artistes distingués de la capitale,
s'entretenir avec eux de leur profession, et contribuer à ses progrès
avec ce génie observateur et inventif qu'il a porté dans les sciences
et dans la politique.
Ce génie étoit le caractère distinctif du grand homme que nous
pleurons; toutes les matières vers lesquelles il dirigeoit son
attention étoient considérées par lui sous tous les aspects, et
toujours il résultoit des vues nouvelles de cet examen.
Presqu'au sortir de l'enfance, le jeune FRANKLYN, garçon imprimeur,
étoit philosophe, sans s'en rendre compte à lui-même, et se formoit par
l'exercice continuel de son génie à ces grandes découvertes qui ont
associé son nom dans les sciences à celui de _Newton_, et à ces grandes
méditations politiques qui l'ont placé à côté des _Lycurgues_ et des
_Solons_.
Maltraité par son frère, il quitta Boston et chercha successivement
de l'emploi dans une imprimerie, d'abord à _New-York_, et ensuite à
_Philadelphie_, où il se fixa.
L'Amérique alors n'étoit pas ce que nous la voyons aujourd'hui.
L'agriculture et quelques arts grossiers occupoient
presqu'exclusivement le peuple simple qui l'habitoit. Le fanatisme
religieux qui y avoit conduit les premiers émigrans Anglois, y laissoit
des traces qui avoient été quelquefois nuisibles à sa tranquillité,
sur-tout dans les provinces du Nord, et qui bornoient à un cercle
étroit, dont la superstition étoit souvent le centre, l'éducation
que recevoient ses habitans. Cependant la _Pensylvanie_, dont le
législateur, quoique fanatique, avoit chéri la liberté, se trouvoit à
cet égard dans une situation plus propre à recevoir le bienfait des
lumières.
Peu de tems après son arrivée, FRANKLYN y établit avec quelques autres
jeunes gens un petit _club_ où chacun après son travail, ou dans
les jours de repos, apportoit le tribut de ses idées, qui y étoient
soumises à la discussion. Cette société, dont le _jeune imprimeur_
étoit l'ame, a été la source de tous les établissemens utiles, tant au
progrès des sciences qu'à celui des arts mécaniques, et sur-tout au
perfectionnement de l'intelligence humaine.
Une gazette qui sortoit de sa presse étoit le moyen dont il se servoit
pour attirer l'attention de ses compatriotes; là, sous le voile
de l'anonyme, il jetoit comme au hasard des propositions d'abord
vagues, puis mieux circonscrites; il provoquoit des souscriptions
toujours remplies avec un empressement d'autant plus grand que chaque
souscripteur pouvoit se regarder comme le chef d'une entreprise dont
l'auteur n'étoit point nommé. C'est ainsi que des bibliothèques
publiques ont été fondées, que se sont élevées des maisons d'éducation
devenues depuis collèges célébres, c'est ainsi que s'est formée la
société philosophique de Philadelphie, émule & quelquefois rivale des
académies d'Europe, c'est ainsi que se sont établies des associations
pour parer, nettoyer, éclairer les rues de la ville, pour arrêter les
incendies; des sociétés de commerce, et même des corps militaires pour
la défense du pays; rien n'étoit étranger au génie de FRANKLYN; et son
nom, que sa modestie avoit toujours soin de cacher, étoit toujours
placé par ses compatriotes sur les listes, et souvent à la tête de
ces différens corps, qui, presque tous, ont voulu le conserver pour
leur chef honoraire, lorsque des occupations plus grandes encore l'ont
enlevé pour long-tems à sa patrie, qu'il devoit mieux servir comme son
agent dans la métropole.
Il y fut envoyé dans l'année 1757, et y arriva porteur d'un nom déjà
célèbre par ses étonnantes découvertes sur la nature, les effets,
l'identité de la foudre et de l'électricité, et sur les moyens de
se préserver de ses coups. Les lettres par lesquelles il les avoit
annoncées, étoient restées long-tems dans l'oubli à la société royale
de Londres, mais enfin elles y avoient été lues, et déjà depuis
plusieurs années les savans d'Europe avoient appris qu'il existoit dans
le nouveau monde un philosophe digne de leur admiration.
_L'acte du timbre_, par lequel le ministère Britannique vouloit
accoutumer les Américains à payer des impôts à la métropole, réveilla
chez eux l'amour de la liberté qui avoit conduit leurs pères dans
ces contrées alors sauvages; les colonies formèrent un _congrès_,
dont la première idée leur avoit été donnée par FRANKLYN en 1754, aux
conférences d'Albany. La guerre qui venoit de se terminer, et les
efforts qu'ils avoient faits pour la soutenir, leur avoient donné
connoissance de leurs forces: elles résistèrent, et le ministère
céda, mais en se réservant les moyens de renouveler ses tentatives.
Cependant, une fois, averties, elles restèrent en garde; la liberté
fomentée par leurs craintes, jetoit chez elles de profondes racines;
une fermentation salutaire agitoit les esprits, et préparoit à la
révolution les hommes dont elle a rendu les noms justement célèbres,
_Hancock_, _Samuel_ et _John Adams_, le sage _Jefferson_,[6] _Jay_,
_Green_, et le grand WASHINGTON; enfin la prompte circulation des
idées par le moyen des gazettes, dont elles devoient l'usage à
l'imprimeur de Philadelphie, les unissoit ensemble pour résister à
toute entreprise nouvelle. Ce fut en 1766, que cet imprimeur appelé
à la barre de la chambre des communes y soutint, comme agent des
colonies, ce fameux interrogatoire qui plaça le nom de FRANKLYN
politique au même degré d'élévation que la physique lui avoit déjà
marqué.
[6] M. _Jefferson_, depuis ministre plénipotentiaire des Etats-Unis
en France, où il a remplacé FRANKLYN; c'est sa plume qui a tracé
l'_acte d'indépendance_ des Etats-Unis, et l'acte de Virginie pour
établir la _liberté de religion_. L'Amérique vient de l'enlever à la
France, où il laisse de véritables regrets, pour lui donner la place
de secrétaire d'état des affaires étrangères.
Depuis ce tems il soutint la cause américaine avec ce caractère de
douceur et de fermeté qui sied si bien à un grand homme, prédisant aux
ministres toutes les fautes qu'ils ont faites, et toutes les suites
qu'elles auroient, jusques à l'époque où l'_acte du thé_ trouvant la
même opposition que celui du timbre, l'Angleterre aveuglée crut pouvoir
soumettre par la force, à deux mille lieues d'elle, trois millions
d'habitans qui vouloient être libres.
Tout le monde connoît les détails de cette guerre, son heureux
résultat pour l'univers, la part que la France y prit sous un roi qui,
protecteur de la liberté de l'Amérique, a mérité depuis que la nation
françoise lui décernât le titre de RESTAURATEUR DE LA LIBERTÉ de son
propre pays, et les services éclatans rendus par ce jeune homme, dont
le nom glorieusement attaché à cette révolution, acquiert un nouveau
lustre dans une révolution plus grande encore.
Mais tout le monde n'a pas également réfléchi sur l'essai hardi de
FRANKLYN en législation. Après avoir déclaré leur indépendance, et
s'être placées _au rang des nations_, les différentes colonies,
aujourd'hui États-Unis de l'Amérique, se donnèrent chacune une forme
de gouvernement; et presque toutes conservant leur antique admiration
pour la constitution Britannique, composèrent les leurs des mêmes
élémens, diversement modifiés. FRANKLYN seul, débarrassant la machine
politique de ces rouages nombreux, de ces contrepoids admirés qui
la compliquoient, proposa de la réduire à la simplicité d'un corps
législatif unique; cette grande idée effraya les législateurs de
Pensylvanie, mais le philosophe en rassura la moitié, et décida ensuite
l'adoption de ce principe, dont L'ASSEMBLÉE NATIONALE a fait la base de
la constitution françoise[7].
[7] La marche ordinaire de l'esprit des hommes les conduit au
simple par le composé. Voyez les ouvrages des premiers mécaniciens
surchargés de pièces nombreuses, dont les unes embarrassent, et les
autres diminuent leur effet. Il en a été de même des législateurs
et des publicistes; ont-ils été frappés d'un abus, ils lui ont
opposé une institution qui souvent a produit des abus plus grands.
L'unité du corps législatif est en économie politique le _maximum_
de la simplicité: FRANKLYN a le premier osé proposer de mettre
cette idée en pratique; le respect des Pensylvaniens la leur fit
adopter; mais elle effraya les autres états, et même la constitution
de Pensylvanie a depuis été changée. En Europe cette opinion a eu
plus de succès, mais il a fallu du tems. Lorsque j'eus l'honneur de
présenter à FRANKLYN la traduction des constitutions de l'Amérique,
les esprits n'étoient guère mieux disposés en deçà qu'au-delà de la
mer Atlantique; et si l'on excepte le docteur _Price_ en Angleterre,
et en France _Turgot_ et _M. de Condorcet_, presque tous les hommes
qui s'occupoient alors d'idées politiques n'étoient pas de l'avis
du philosophe Américain. J'ose dire que j'étois du petit nombre de
ceux qui avoient été frappés de la beauté du plan simple qu'il avoit
tracé, et que je n'ai pas eu besoin de changer d'avis, lorsqu'à la
voix des penseurs profonds, et des orateurs éloquens qui ont traité
devant elle cette importante question, L'ASSEMBLÉE NATIONALE a établi
pour principe de la constitution françoise, _que la législation
seroit confiée à un corps unique de représentans_. Peut-être me
pardonnera-t-on d'avoir une fois parlé de moi dans un tems où
l'honneur que j'ai d'être homme public, me fait un devoir de rendre
compte à mes concitoyens de la suite de mes opinions. La France ne
rétrogradera pas vers un systême plus compliqué, et sans doute elle
aura la gloire de maintenir celui qu'elle établit: et de lui donner
une perfection sur laquelle le spectacle d'une grande nation heureuse
fixera les yeux de l'Europe et du monde entier.
Après avoir donné des loix à son pays, FRANKLYN revint encore une fois
le servir en Europe; mais ce ne fut plus par des plaidoyers auprès
d'une métropole, par des réponses à la barre de son parlement, ce
fut par des traités avec la France, et successivement avec d'autres
puissances qui, quoique gouvernées par des monarques ou des despotes,
écoutèrent la voix de l'Américain, qui parloit de liberté.
Je l'avois connu quelques années auparavant dans un voyage à Londres;
et permettez-moi, messieurs, de me rappeler le bonheur que j'eus à son
arrivée à Paris, de conduire chez lui M. TURGOT, alors ex-ministre,
et de voir s'embrasser pour la première fois ces deux grands, ces
deux excellens hommes, si dignes tous les deux de l'admiration et des
regrets de l'humanité. FRANKLYN au moins a rempli une longue carrière;
mais TURGOT, enlevé au monde à cinquante-quatre ans, n'a pas vu la
liberté de son pays. C'est lui qui inscrivit au bas du portrait de
FRANKLYN ce beau vers,
Eripuit cœlo fulmen, mox sceptra tyrannis.
dont le dernier hémistiche étoit une prophétie qui ne tarda pas à
s'accomplir.
Les vicissitudes de la fortune des Américains causoient quelquefois
de vives inquiétudes à leur illustre négociateur; mais sa grande ame,
rassurée par le courage de ses compatriotes, par la fermeté du congrès,
et sur-tout par le génie, les talens et les vertus de l'immortel
WASHINGTON, ne cédoit point à la crainte; cependant il ne se flattoit
pas que la paix vînt terminer aussi-tôt le cours de cette heureuse
révolution; et lorsque je l'embrassai, le jour même qu'il l'avoit
signée, _mon ami_, me dit-il avec cet air d'une satisfaction douce et
complète, _pouvois-je espérer, à mon âge, de jouir d'un pareil bonheur?_
Dès-lors, quelqu'attrait que le séjour de la France eût pour lui;
quelque plaisir qu'il goutât dans la société des amis qu'il s'y étoit
formés; quelque danger qu'une longue traversée pût présenter à un
vieillard de 79 ans, tourmenté des douleurs de la pierre, il lui devint
nécessaire de revoir son pays: il partit donc en 1785; et son retour
sur cette terre, devenue libre, fut un triomphe dont l'antiquité ne
nous fournit point d'exemple.
Il a vécu cinq ans encore; il a rempli trois ans la place de président
de l'assemblée générale de Pensylvanie; il a été membre de la dernière
convention qui a établi la nouvelle forme de gouvernement fédératif, et
son dernier acte public a été un grand exemple pour ceux qui coopérent
à la législation de leur pays. Son avis dans cette convention avoit
différé sur quelques points de celui de la majorité; mais lorsque les
articles furent définitivement arrêtés, _il ne doit plus régner qu'un
sentiment_, dit-il à ses collègues, _le bien de la patrie exige que la
résolution soit unanime_, et il signa.
Des souffrances presque continuelles pendant les deux dernières années
de sa vie, n'avoient altéré ni son esprit, ni son caractère, et jusques
au dernier moment _FRANKLYN_ a conservé l'usage de toutes
ses facultés. Son testament, qu'il avoit fait pendant son séjour en
France, et qui vient d'y être ouvert, commençoit par ces mots. _Moi
Benjamin Franklyn, imprimeur, maintenant ministre plénipotentiaire
en France, etc._ C'est ainsi qu'en mourant il rendoit encore hommage
à l'imprimerie, et ce même sentiment l'avoit porté à instruire dans
cet art son petit-fils _Benjamin Beach_, qui, fier des leçons de son
illustre maître, est maintenant imprimeur à Philadelphie.
Il n'a jamais fait que des ouvrages assez courts; ceux de physique
consistent presque tous dans des lettres qu'il écrivoit à M.
_Collinson_ membre de la société royale de Londres, et à quelques
autres savans d'Europe; ils ont été traduits par M. _Barbeu du Bourg_;
mais peut-être en désirera-t-on une traduction nouvelle; ses œuvres
politiques, dont une grande partie n'est pas connue en France, sont
composées de lettres ou de petits traités, mais tous, jusques à ses
plaisanteries, portent l'empreinte de son génie observateur et de sa
philosophie douce; il en a fait plusieurs à l'usage de la partie du
peuple qui ne peut pas se livrer à l'étude, et qu'il est si important
d'éclairer, et il a su réduire les vérités utiles en maximes faciles à
retenir, quelquefois en proverbes, et en petits contes dont les graces
simples et naïves acquièrent un nouveau prix lorsqu'on les rapproche du
nom de l'auteur.
Le plus volumineux de ses ouvrages, c'est l'histoire de sa vie qu'il
avoit commencée pour son fils, et dont on doit la continuation aux
ardentes sollicitations de M. _le Veillard_, l'un de ses amis les
plus chers; elle a été l'occupation de ses derniers loisirs, mais le
mauvais état de sa santé, et les douleurs cruelles qui ne lui donnoient
presqu'aucun relâche, ont souvent interrompu ce travail, et les deux
copies dont l'une avoit été adressée par lui à Londres au docteur
_Price_ et à M. _Vaughan_, et dont l'autre est entre les mains de M.
_le Veillard_ et dans les miennes, s'arrêtent à 1757. Il y parle de lui
comme il auroit parlé d'un autre, il y trace ses pensées, ses actions,
et même ses erreurs et ses fautes; il y peint le développement de son
génie et de ses talens, avec la simplicité d'un grand homme qui se rend
justice, et avec le sentiment d'une conscience pure qui n'a jamais eu
de reproche à se faire.
En effet, messieurs, la vie entière de FRANKLYN, ses méditations, ses
travaux, tout a été dirigé vers l'utilité publique, mais ce grand
objet qu'il avoit toujours en vue ne fermoit pas son ame aux sentimens
particuliers; il aimoit sa famille, ses amis; il étoit bienfaisant; les
charmes de sa société étoient inexprimables: il parloit peu, mais il ne
se refusoit point à parler, et sa conversation, toujours intéressante,
étoit toujours instructive. Au milieu de ses plus grands travaux
pour la liberté de son pays, il avoit toujours près de lui, dans son
cabinet, quelque expérience de physique, et les sciences, qu'il avoit
découvertes plus encore qu'étudiées ont été pour lui une source
continuelle de plaisirs.
Vous jouirez, messieurs, de ses mémoires aussitôt que nous aurons reçu
d'Amérique ce qu'il peut avoir ajouté à ce que nous possédons, et nous
nous proposons ensuite de donner une collection complète de ses œuvres.
Son nom va retentir dans toutes les sociétés politiques ou savantes;
de nombreux éloges seront écrits ou prononcés, et vous attendrez sans
doute avec impatience celui dans lequel l'orateur citoyen[8], organe
de l'académie des sciences, louera dignement un confrère qu'il lui
appartient d'apprécier: il sera le précurseur de l'histoire qui placera
le nom de FRANKLYN parmi les noms des plus célèbres bienfaiteurs de
l'humanité; et, sans doute, après avoir retracé sa vie, après avoir
peint la douleur de ses concitoyens qui tous croyoient avoir perdu
un père ou un ami, après avoir raconté les honneurs rendus par eux
à sa mémoire, elle signalera dans ses fastes l'hommage éclatant que
L'ASSEMBLÉE NATIONALE vient d'y ajouter comme une époque remarquable,
et digne à-la-fois de la nation, qui s'est honorée de cet hommage, et
du grand homme qui l'a mérité.
[8] M. De Condorcet.
_N. B._ L'article premier du journal Nº. II. est de M. de Condorcet,
dont le nom a été omis par mégarde au bas de cet article.
_Il s'est glissé dans cet article deux erreurs typographiques qu'il est
important de relever._
Pag. 2, lig. 6, au lieu de trente ans, _lisez_ vingt ans.
Pag. 12, lig. 6, au lieu de ferveurs, _lisez_ terreurs.