[_Séance du matin_]
L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatrième de la liberté, et
premier de l'égalité;
Le quinze août, l'Assemblée générale de la section des Postes
extraordinairement convoquée pour dix heures du matin, M. Reignier,
président, a fait lire un décret de l'Assemblée nationale, du quatorze
du courant, par lequel il est ordonné que, dans la journée du quinze,
à la diligence du procureur de la Commune, les quarante-huit sections
seront assemblées et nommeront chacune deux jurés d'accusation et
deux jurés de jugement, pour former les jurés (_sic_) d'accusation
et de jugement dans la poursuite des crimes du dix de ce mois dont
l'instruction et le jugement appartiennent aux tribunaux ordinaires[548].
Après la lecture de ce décret, plusieurs membres ayant dit que
l'Assemblée se trouvait peu nombreuse et qu'il conviendrait de
faire participer à cette nomination le plus grand nombre possible de
citoyens, l'Assemblée l'a ajournée à la séance du soir.
La discussion s'est ouverte ensuite sur divers points de police
intérieure de l'Assemblée, et il a été arrêté:
1º Que pour être admis dans son enceinte on suivrait un mode présenté
par M. Bachelard;
2º Que ce mode ne serait mis en exécution qu'après une nouvelle
rédaction et une nouvelle délibération de l'Assemblée, et qu'en
attendant il serait nommé pour la séance du soir quatre commissaires
pris de moitié dans le ci-devant district de la Jussienne, et moitié
dans le ci-devant district de Saint-Eustache, pour inscrire à la
porte de l'Assemblée les noms et surnoms de MM. les citoyens qui se
présenteront pour y voter.
3º Enfin il a été arrêté que le bureau serait désormais entièrement
libre, et qu'il serait nommé quatre autres commissaires qui seraient
chargés de se placer vers les quatre coins de l'enceinte de l'Assemblée
pour aider M. le Président à maintenir l'ordre.
Les quatre premiers commissaires ont été nommés et l'Assemblée a fixé
son choix sur MM. Bachelard, Gérard, Davras et Grainville.—La séance
levée à midi et demi.