ASSEMBLÉE DU 10 AOUT 1792

L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le dix août, et l'an quatrième de

la liberté[504];

Le procès-verbal de la veille a été adopté.

Une députation des Thermes-de-Julien s'est présentée.

Un des membres de la députation a mis sur le bureau un extrait du

procès-verbal de cette section relatif au décret, prononcé par

l'Assemblée nationale, de sauver la patrie et de maintenir la

liberté et l'égalité[505], vœu qu'avait manifesté la section des

Thermes-de-Julien[506].

Sur la représentation faite par un membre que, le Conseil général

de la Commune ne pouvant suffire dans les circonstances actuelles

aux moyens d'opérer promptement la tranquillité publique, il était

indispensable à chaque section de nommer des commissaires pour les

représenter, à cet effet[507], il a été arrêté que MM. Blondel, Desvieux

et Gibbon seraient nommés commissaires pour s'occuper à la Maison

commune de tout ce qui pouvait intéresser la chose publique[508].

Il a été de même arrêté que MM. Bachelard, Langlois et Charmot étaient

nommés pour représenter la section au Comité central[509] et lui rendre

exactement compte de tous les arrêtés des sections qui y seraient

envoyés par les sections.

Ces nominations ayant privé le Bureau de son président et de son

vice-président, l'Assemblée a procédé à ces nominations; M. Le Bœuf

a été nommé président, et M. Payen (_sic_), l'un des secrétaires, a été

nommé vice-président. Il a été procédé de suite à son remplacement par

M. Chamfort, l'un des vicaires de la paroisse.

Il a été lu une lettre du Comité de surveillance de l'Assemblée

nationale[510], par laquelle, l'Assemblée nationale venant d'autoriser

le Comité de surveillance à faire arrêter toutes personnes suspectes,

soit pour leur propre sûreté dans la circonstance actuelle, soit pour

découvrir les ennemis et leurs trames criminelles, il priait l'Assemblée

de la section de vouloir bien lui faire passer le nom et l'adresse

des personnes que le peuple peut suspecter de malveillance, et contre

lesquelles on pourrait avoir des renseignements intéressants, afin de

prendre les mesures que la prudence suggérera.

L'Assemblée a arrêté que cette lettre serait renvoyée au Comité[511], et

qu'elle autorise les membres qui le composent de (_sic_) se conformer

entièrement au vœu exprimé en cette lettre.

Lecture a été faite d'un arrêté du Département relatif à l'arrêté pris

par la section de Mauconseil[512].

MM. Baillardet, Gambier et Robelin, ayant été nommés commissaires

pour se rendre au bataillon des Petits-Pères, à l'effet de s'informer

du résultat des perquisitions qu'ils s'étaient chargés de faire,

relatives au coup de fusil parti de l'hôtel Massiac sur un citoyen de

Saint-Eustache, ont dit qu'il leur paraissait qu'il n'avait pas été

possible d'en obtenir encore tous les renseignements nécessaires.

MM. Sédaine et Ducormier ont été nommés commissaires pour se rendre

au secrétariat de l'Assemblée nationale pour prendre copie du décret

d'aujourd'hui relatif à tous les citoyens qui ont droit de voter dans

les Assemblées primaires[513].

A leur retour, ils ont rendu compte à l'Assemblée que ce décret serait

incessamment envoyé aux sections. Sur l'observation, faite par plusieurs

membres, que beaucoup de soldats citoyens n'étaient point pourvus,

dans l'événement du jour, de cartouches suffisantes pour être sur une

défensive assurée;

L'Assemblée, considérant que, dans tous les temps et particulièrement

lorsque la patrie est en danger, il est prudent et nécessaire que

chacun étant sous les armes soit en état d'une défensive assurée, a

déclaré qu'elle manifestait son vœu pour que chaque citoyen soit

muni de seize cartouches, qui lui seraient fournies par l'adjudant

du bataillon, et que chacun serait tenu de les représenter à toutes

réquisitions et sur la (_sic_) responsabilité, sauf à l'adjudant de

compléter cette quantité lorsqu'il lui aura été prouvé que l'emploi en

aura été fait à un usage dont il aura connaissance, ce qu'il sera tenu

de constater; et a arrêté qu'il sera remis extrait du procès-verbal à

chacun des commandants de Saint-Eustache et de la Jussienne.

La séance a été levée à une heure après minuit.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 236 / 357 题