Voici quelques indications sur la nature du document et la forme du
texte.
Les procès-verbaux ci-après constituent un document officiel: chacun
débute par la mention de l'adoption du procès-verbal de la séance
précédente. Mais cette mention ne suffit pas à donner à chaque
procès-verbal le caractère officiel. Seules les signatures du président
et du secrétaire de l'Assemblée, apposées au bas d'une séance, sont
capables de lui conférer ce caractère. Or, les procès-verbaux de toutes
les séances n'en sont pas revêtus: ils sont signés seulement du 4
décembre 1790 au 2 avril 1792 inclus.
Mais la présence ou l'absence des signatures du président et du
secrétaire de l'Assemblée ne suffisent pas elles-mêmes à confirmer ou
à infirmer la valeur documentaire des procès-verbaux. Avant tout il
faudrait connaître les conditions dans lesquelles ces procès-verbaux ont
été rédigés et adoptés.
Le texte édité ne constitue d'abord qu'une copie assez postérieure aux
événements qu'elle relate. Le caractère matériel de l'écriture suffirait
à l'établir; mais, en outre, on peut relever, dans le texte, des
passages incompréhensibles qui sont dus très certainement à des fautes
de lecture de l'original[16] par un scribe inintelligent (voyez par
exemple le procès-verbal de la séance du 11 août). Enfin je signalerai
l'absence des procès-verbaux de plusieurs séances qui ont certainement
eu lieu (3, 4, 29 août); et ceci confirme ce qui vient d'être dit
d'une manière générale sur la tenue des registres des Assemblées de
section. D'autre part la rédaction, faite par le secrétaire greffier,
bien qu'ayant été adoptée, aux séances suivantes, par la majorité de
l'Assemblée, a donné lieu parfois à des protestations de la part d'un
certain nombre de membres de cette Assemblée.
Enfin on remarquera le ton assez sec de ces procès-verbaux et la
manière excessivement discrète avec laquelle ils font allusion aux
troubles qui peuvent survenir dans l'Assemblée[17] ou aux événements
tumultueux du dehors[18].
Il ne faut donc pas se laisser abuser par le caractère officiel du texte
édité. Cependant, tels quels, ces procès-verbaux constituent la source
la moins imparfaite que nous possédions pour nous documenter sur les
actes et les délibérations de l'Assemblée générale de la section des
Postes, et, en l'absence de tout autre document contradictoire, ils
doivent faire foi.
Ils ont été rédigés par des individus ne possédant qu'une culture
assez rudimentaire. Le style en est souvent bizarre ou incorrect. On
pourrait même contrôler, par le changement du style, le changement de
personnalité du secrétaire greffier rédacteur.