IV

J'ai compris mon rôle d'éditeur de la manière suivante, en ce qui

concerne le texte. Je n'ai pas cherché d'abord à le résumer, malgré

sa longueur. Comme c'est à peu près le seul document de cette espèce

que nous possédions, j'ai pensé qu'il serait intéressant de le donner

_in extenso_. Cependant je ne prétends pas le reproduire d'une manière

identique à l'original. Le seul procédé de reproduction rigoureux est

la représentation photographique. Quand on est obligé d'y renoncer,

pour des raisons pratiques, il est impossible de garantir l'exactitude

complète de la version publiée. On n'est jamais sûr, en effet, malgré

la collation la plus soignée, d'avoir copié toujours exactement et de

n'avoir pas à la fois retranché et ajouté aux fautes du texte;

sans compter que l'impression peut causer des erreurs nouvelles.

Je n'ai donc pas cru devoir respecter la _graphie_ du scribe et j'ai

corrigé ses fautes accidentelles[19], ses fautes habituelles (par

exemple: il _à_ fait, il _à_ été arrêté) et mêmes les formes alors

usitées et tombées aujourd'hui en désuétude (par exemple: _oit_ pour

_ait_, à la troisième personne de l'imparfait de l'indicatif, _aoust_

pour _août, tems_ pour _temps_, etc.). Je ne vois pas du tout l'intérêt,

et je vois très bien l'inconvénient qu'il y a à conserver l'orthographe

ancienne, dans un ouvrage qui n'est pas destiné à des grammairiens,

ces formes ne faisant qu'arrêter la lecture, sans apporter aucune

connaissance nouvelle. Quant aux fautes qui sont le fait du scribe,

elles ne pourraient être intéressantes que si ce scribe était en même

temps l'écrivain, ce qui n'est pas le cas ici.

Par contre, je ne me suis pas permis de toucher au style, de corriger

les tournures de phrases incorrectes. Si le sens appelle un mot qui

est resté dans la plume du copiste, je le supplée dans le texte _en le

mettant entre crochets_. S'il se rencontre une expression ou un membre

de phrase simplement bizarre mais intelligible, je me borne à mettre

dans le texte un _sic_ entre parenthèses, afin de faire entendre que le

passage est exactement reproduit et que la faute ne vient pas de moi.

Enfin, si le passage considéré paraît inintelligible au premier abord,

je mets en note le sens que je lui attribue, mais sans y toucher. Je

me permets seulement de corriger dans le texte les fautes évidentes de

copie qui arrêtent la lecture, en indiquant toujours en note la forme

originale.

Pour les noms propres j'ai fait un choix, quand je l'ai pu, entre les

différentes formes d'un même nom. La forme la plus vraisemblable une

fois établie, j'ai fait suivre d'un (_sic_) chaque forme nouvelle, pour

indiquer que cette orthographe n'est pas la véritable ou, du

moins, qu'elle n'est pas la seule et qu'il y a lieu de se reporter à

l'index alphabétique.

Bien entendu, je n'ai pas respecté la ponctuation, trop souvent

fantaisiste, de l'original.

V

Le travail des notes a été fait d'une manière différente suivant la

période. Du 4 décembre 1790 au 11 novembre 1791, j'ai pu me borner à

renvoyer aux _Actes de la Commune de Paris_[20] et faire des notes en

général assez courtes.

Du mois de novembre 1791 à la fin de juin 1792, comme il n'existe, pour

le moment, aucun travail d'érudition analogue au précédent, j'ai dû

donner à mes notes plus d'étendue et souvent éditer moi-même de longs

documents _in extenso_. Mes sources ont été ici, non seulement les

pièces isolées, imprimées ou manuscrites, éparses dans les différents

dépôts et dont la plupart sont indiquées dans les recueils de MM. Tuetey

et Tourneux[21], mais encore les journaux contemporains dont j'ai

dépouillé un assez grand nombre[22] pour la période en question.

De la fin de juin 1792 au 5 septembre de la même année, le présent

procès-verbal fait mention d'événements qui ont déjà fait, de ma

part, l'objet d'une étude détaillée[23]. J'ai cru pouvoir ici,

dans un grand nombre de cas, me borner à renvoyer à cet ouvrage pour

l'élaboration duquel j'avais du reste déjà dû dépouiller le registre que

j'édite aujourd'hui. Parfois, mais rarement, ce précédent travail m'a

dispensé, grâce à une analyse suffisante, avec extraits, du document

considéré, de donner le texte intégral d'un document important. Mais le

plus souvent j'ai dû, après avoir renvoyé à mon autre ouvrage pour les

renseignements bibliographiques, reproduire dans ma note le document

même auquel le procès-verbal des Postes fait allusion, ce document ne

m'ayant pas paru, lors de la rédaction de mon premier travail, avoir un

intérêt suffisamment général pour justifier une analyse détaillée.

Bien entendu, je ne donne jamais le texte _in extenso_ des documents

qu'il est facile de se procurer et je me borne à renvoyer à l'ouvrage

où ils se trouvent: Buchez et Roux, Mortimer-Ternaux, réimpression du

_Moniteur_, Aulard, _La Société des Jacobins_, etc.

Belfort, le 22 décembre 1910.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 15 / 357 题