brisées et droites d'un buisson; leurs racines sont souvent à
découvert et l'on voit qu'elles divergent dans tous les sens; ça et
là une branche gît abattue. Les branches sont généralement formées de
grès plus dur que la matière environnante, et leur partie centrale est
remplie de matière calcaire friable ou d'une variété substalagmitique
de cette roche; cette partie centrale est souvent aussi pénétrée de
crevasses linéaires contenant parfois, mais rarement, une trace de
matière ligneuse. Ces corps calcareux ramifiés paraissent avoir été
formés par une matière calcaire fine entraînée par l'eau dans les
moules ou cavités produits par la destruction de branches et de
racines de buissons qui ont été ensevelis sous le sable accumulé par
le vent. La surface entière de la colline se désagrège aujourd'hui,
et il en résulte que les moules, qui sont durs et compacts, résistent
mieux et font saillie au dehors. Au cap de Bonne-Espérance j'ai trouvé
dans le sable calcareux les moules décrits par Abel entièrement
semblables à ceux de Bald-Head; mais leur partie centrale est souvent
remplie d'une matière charbonneuse noire non encore éliminée. Il n'est
pas étonnant que la matière ligneuse ait été presque entièrement
éliminée des moules de Bald-Head, car plusieurs siècles doivent
certainement s'être écoulés depuis l'époque où les buissons ont été
ensevelis. Par suite de la forme et de la hauteur de cet étroit
promontoire il ne s'y accumule pas de sable actuellement, et la
surface entière subit une érosion active comme je l'ai fait observer.
Nous devons donc rapporter à une époque où l'altitude de la contrée
était plus faible, l'amoncellement des sables calcareux et quartzeux
au sommet de Bald-Head et l'ensevelissement des débris végétaux qui en
a été la suite. Les naturalistes français[3] ont établi la réalité
de ce fait par des coquilles soulevées appartenant à des espèces
récentes. Une seule circonstance m'avait d'abord inspiré des doutes
sur l'origine des moules, c'est que les racines les plus fines
appartenant à des souches différentes s'unissaient parfois pour former
des feuillets ou des veines verticales; mais cette circonstance ne
constitue pas une objection sérieuse, si l'on se rappelle la manière
dont ces radicelles remplissent souvent les crevasses formées dans
une terre dure, et si l'on considère que ces racines se détruiront et
laisseront des cavités aux endroits qu'elles occupaient, tout comme
les souches. Outre les branches calcareuses du cap de Bonne-Espérance,
j'ai vu des moules présentant des formes identiques et provenant de
Madère[4] et des Bermudes; dans ces dernières îles, à en juger
d'après les spécimens rassemblés par le lieutenant Nelson, les roches
calcaires environnantes sont analogues à celles du Cap et d'origine
subaérienne. Si l'on tient compte de la stratification des dépôts
de Bald-Head,--des couches de roche substalagmitique qui alternent
irrégulièrement,--des particules arrondies et de dimension uniforme
provenant probablement de coquilles marines et de coraux,--de
l'abondance des coquilles terrestres dans toute la masse,--et enfin
de la ressemblance absolue des moules calcaires avec les souches,
les racines et les branches des végétaux qui peuvent croître sur des
collines de sable, je crois, malgré l'opinion différente de certains
auteurs, que l'on ne peut mettre raisonnablement en doute la vérité de
la théorie que je viens d'exposer sur leur origine.
Des dépôts calcaires semblables à ceux de King George's Sound occupent
une vaste surface sur les côtes de l'Australie. Le Dr Fitton fait
remarquer que «pendant le voyage de Baudin on a trouvé une brèche
calcaire récente (terme par lequel il désigne tous ces dépôts) sur un
espace qui ne mesure pas moins de 25° en latitude et une largeur égale
en longitude, sur les côtes sud, ouest et nord-ouest»[5]. Suivant
M. Péron, dont les observations et les opinions sur l'origine de la
matière calcaire et des moules ramifiés concordent parfaitement avec
les miennes, il paraît que le dépôt est généralement beaucoup plus
continu qu'aux environs de King George's Sound. L'archidiacre Scott[6]
rapporte qu'à Swan River le dépôt s'étend, en un point, à 10 milles
dans l'intérieur des terres. En outre, le capitaine Winckham m'a
raconté que, pendant sa dernière inspection de la côte occidentale, il
a observé qu'en tous les points où le navire jetait l'ancre le fond de
la mer était formé d'une matière calcaire blanche, ainsi qu'il s'en
est assuré en faisant descendre au fond des pinces en fer. Il semble
donc que le long de cette côte, comme aux Bermudes et à l'Atoll
Keeling, il se forme simultanément des dépôts sous-marins et
subaériens qui se produisent par la désintégration d'organismes
marins. L'étendue de ces dépôts est très remarquable en égard à leur
origine, et on ne peut les comparer sous ce rapport qu'aux grands
récifs coralliens de l'océan Indien et du Pacifique. Dans d'autres
parties du monde, dans l'Amérique du Sud par exemple, il existe des
dépôts calcareux _superficiels_ d'une grande étendue, dans lesquels
on ne peut découvrir aucune trace de structure organique. Ces
observations stimuleront peut-être les recherches quant à savoir si
les dépôts de cette nature ne pourraient pas être formés aussi par des
débris de coquilles et de coraux.
Notes:
[1] J'ai visité cette colline avec le capitaine Fitz-Roy, et nous
sommes arrivés tous les deux à la même conclusion au sujet de ces
corps ramifiés.
[2] J'adopte ce terme d'après l'excellent travail du lieutenant Nelson
sur les îles Bermudes (_Geolog. Transactions_, vol. V, p. 106) pour
la pierre dure, compacte, de couleur crème ou brune, sans aucune
structure cristalline, qui accompagne si souvent les accumulations
calcaires superficielles. J'ai observé des bancs superficiels
semblables recouverts de roche substalagmitique au cap de
Bonne-Espérance, dans plusieurs parties du Chili et sur de grandes
étendues à la Plata et en Patagonie. Quelques-uns de ces bancs ont été
formés par la destruction de coquilles, mais l'origine du plus grand
nombre d'entre eux est fort obscure. Je pense que l'on ne connaît pas
les causes pour lesquelles l'eau dissout du calcaire et le redépose
peu après. La surface des couches substalagmitiques parait être
toujours érodée par l'eau des pluies. Comme toutes les contrées
mentionnées plus haut jouissent d'une saison sèche fort longue en
comparaison de la saison pluvieuse, j'aurais cru que la présence des
calcaires substalagmitiques était en rapport avec le climat si le
lieutenant Nelson n'avait pas découvert cette substance en voie
de formation sous la mer. Les coquilles décomposées paraissent
extrêmement solubles; j'en ai trouvé une excellente preuve en
observant une roche curieuse de Coquimbo au Chili qui était formée
de petites carapaces vides et translucides cimentées. L'examen d'une
série d'échantillons montrait clairement que ces carapaces avaient
contenu primitivement de petits fragments arrondis de coquilles,
cimentés et enveloppés par une matière calcaire (comme cela se produit
fréquemment sur le rivage de la mer) et ensuite décomposés et dissous
dans l'eau qui doit avoir traversé les enveloppes calcaires sans les
attaquer.--On pouvait observer toutes les phases de ce phénomène.
[3] Voir Péron, _Voyage_, t. I, p. 204.
[4] Le Dr J. Macaulay a donné une description complète des moules de
Madère (_Edinb. New Phil. Jour._, vol. XXIX, p. 350). Il considère ces
corps comme des coraux (s'écartant ainsi de l'opinion de M. Smith de
Jordan Hill) et le dépôt calcaire comme d'origine sous-marine. Les
remarques qu'il fait relativement à la structure de ces corps sont peu
précises. Ses arguments s'appuient principalement sur l'abondance de
la matière calcareuse et sur le fait que les moules renferment
une matière d'origine animale dont la présence est démontrée par
l'ammoniaque qu'ils dégagent. Si le Dr Macaulay avait vu les masses
énormes de fragments de coquilles roulés qui se trouvent sur le rivage
de l'île de l'Ascension et surtout sur les récifs coralliens, et s'il
avait songé aux effets que l'action longtemps prolongée de vents
modérés peut produire par l'amoncellement de particules fines, il
aurait hésité à produire l'argument relatif à la quantité de matière,
qui est rarement admissible en géologie. Si la matière calcaire
provient de la décomposition de coquilles et de coraux, il fallait
s'attendre à la présence de matière organique. M. Anderson a analysé
un fragment de moule pour le Dr Macaulay et il a trouvé qu'il était
composé comme suit:
Carbonate de chaux 73,15
Silice 11,90
Phosphate de chaux 8,81
Matière organique 4,25
Sulfate de chaux trace.
-------
98,11
[5] Pour des détails plus complets sur cette formation, voir _Appendix
to the Voyage of capitain King_ par le Dr Fitton. Le Dr Fitton est
porté à attribuer une origine concrétionnaire aux corps ramifiés; je
ferai observer que j'ai vu à la Plata, dans des lits de sable, des
tiges cylindriques qui avaient incontestablement cette origine, mais
elles différaient beaucoup par leur aspect des tiges de Bald-Head et
des autres localités citées plus haut.
[6] Proceedings of the Geological Society, vol. I, p. 320.
CAP DE BONNE-ESPÉRANCE
Après les descriptions géologiques de cette région données par Barrow,
Carmichael, Basile Hall et W.-B. Clarke, je puis me borner á quelques
observations sur le contact des trois formations principales. La roche
fondamentale est le granite[1]; il est surmonté de phyllade argileux,
généralement dur et luisant par suite de la présence de petites
paillettes de mica; le phyllade alterne avec des couches d'une roche
feldspathique à structure phylladeuse, faiblement cristalline, et
passe à cette roche. Ce phyllade argileux est remarquable parce qu'à
certains endroits (comme à Lion's Rump) il est décomposé jusqu'à une
profondeur de vingt pieds, et transformé en une roche grésiforme de
couleur pâle, que certains observateurs ont prise erronément, je
crois, pour une formation distincte. Le Dr Andrew Smith m'a conduit
à Green-Point où l'on voit un beau contact entre le granite et
le phyllade argileux; ce dernier devient un peu plus dur et plus
cristallin à un quart de mille du point où le granite apparaît sur la
plage (mais le granite est probablement beaucoup plus rapproché en
sous-sol). A une distance plus faible quelques-uns des bancs de
phyllade argileux présentent une texture homogène et sont striés de
zones peu distinctes de couleurs différentes, tandis que d'autres
bancs offrent des taches mal définies. A 100 yards environ de la
première veine de granite, le phyllade argileux commence à présenter
différentes variétés, les unes sont compactes et d'une teinte pourpre,
d'autres brillantes avec de nombreuses petites paillettes de mica et
du feldspath imparfaitement cristallisé; quelques-unes sont vaguement
grenues, d'autres porphyriques avec de petites taches allongées d'un
minéral blanc, tendre et facilement attaquable, ce qui donne à cette
variété un aspect vésiculaire. Tout près du granite le phyllade
argileux est transformé en une roche feuilletée de couleur sombre dont
la cassure est rendue grenue par la présence de cristaux imparfaits de
feldspath recouverts de petites paillettes brillantes de mica.
La ligne de contact actuelle entre la région granitique et la région
du phyllade argileux s'étend sur une longueur d'environ 200 yards,
et consiste en masses irrégulières et en nombreux dikes de granite
enchevêtrés dans le phyllade argileux et entourés par cette dernière
roche; la plupart des dikes sont dirigés du N.-W. au S.-E. suivant une
ligne parallèle à la schistosité des phyllades. Lorsqu'on s'éloigne du
point de contact, on ne voit plus que de minces lits et plus loin
que de simples pellicules de phyllade argileux altéré, entièrement
isolées, comme si elles flottaient dans le granite grossièrement
cristallisé; mais, quoique complètement isolées, elles conservent
toutes des traces de la schistosité dirigée N.-W.-S.-E. Ce fait a
été observé dans d'autres cas du même genre et a été cité par des
géologues éminents[2], comme constituant une grave objection à la
théorie, généralement admise, suivant laquelle le granite a été
injecté à l'état liquide; mais, si nous songeons à l'état que doit
vraisemblablement présenter la surface inférieure d'une masse
feuilletée comme le phyllade argileux, après qu'elle a été violemment
ployée en arche par un amas de granite fondu, nous pouvons admettre
qu'elle doit être pleine de fissures parallèles aux plans de la
schistosité, et que ces fissures doivent s'être remplies de granite,
de sorte que, partout où les fissures étaient rapprochées les unes
des autres, de simples couches en forme de cloison ou des coins de
phyllade resteront comme suspendus dans le granite. Par conséquent,
si, plus tard, la masse rocheuse entière se désagrège et est enlevée
par dénudation, les extrémités inférieures de ces masses subordonnées
ou de ces coins de phyllade demeureront entièrement isolées dans le
granite, elles conserveront cependant leurs plans de schistosité
propres parce qu'elles ont fait partie d'un revêtement continu de
phyllade argileux à l'époque où le granite était liquide.
En suivant avec le Dr A. Smith la ligne de contact entre le granite et
le phyllade qui s'étend vers l'intérieur du pays dans la direction du
S.-E., nous arrivâmes à un endroit où le phyllade était transformé en
un gneiss à grain fin parfaitement caractérisé, composé de feldspath
grenu brun jaunâtre, d'une grande quantité de mica noir brillant,
et de quelques couches minces de quartz. Nous devons conclure de
l'abondance du mica dans ce gneiss comparée à la faible proportion qui
s'en trouve dans le phyllade luisant, et de l'extrême petitesse de ses
paillettes, qu'il a été formé ici par action métamorphique,--fait qui
a été mis en doute par certains auteurs, dans des circonstances à peu
près identiques. Les feuillets du phyllade argileux sont droits, et
il était intéressant d'observer que, quand ils prenaient le caractère
gneissique, ils devenaient onduleux et quelques-uns des plus petits
plis étaient anguleux, comme c'est le cas pour les feuillets d'un
grand nombre de schistes métamorphiques.
_Formation de grès_.--Cette formation constitue le trait le plus
saillant de la géologie de l'Afrique australe. Les couches sont
horizontales en un grand nombre de localités, et atteignent une
puissance de 2.000 pieds environ. Le caractère du grès varie; la roche
contient peu de matière terreuse, mais elle est souvent tachetée par
du fer; certains bancs ont le grain très fin et sont tout à fait
blancs; d'autres sont aussi compacts et aussi homogènes que du
quartzite. En certains endroits j'ai observé une brèche de quartz
dont les fragments étaient presque entièrement fondus dans une pâte
siliceuse. Il existe des veines de quartz larges et très nombreuses
qui renferment souvent de grands cristaux parfaitement développés,
et il est évident que dans presque toutes les couches une quantité
importante de silice s'est déposée par solution. Parmi ces variétés
de quartzite, la plupart offrent exactement l'aspect de roches
métamorphiques; mais, comme les couches supérieures sont aussi
siliceuses que celles de la base et que les contacts avec le granite
sont tout à fait normaux dans tous les points que j'ai pu observer,
il me semble difficile de croire que ces couches de grès aient été
exposées à l'action de la chaleur[3]. J'ai constaté en plusieurs
points, sur les lignes de contact entre ces deux grandes formations,
que le granite était décomposé à la profondeur de quelques pouces
et qu'il était remplacé soit par une mince couche d'un schiste
ferrugineux, soit par une couche, épaisse de 4 ou 5 pouces, constituée
par les cristaux du granite recimentés et sur laquelle reposait
immédiatement la grande masse de grès.
M. Schomburgh a décrit[4] une grande formation de grès du Brésil
septentrional qui repose sur le granite et ressemble d'une manière
remarquable, sous le rapport de la composition et sous celui de
la forme extérieure de la contrée, à cette formation du cap de
Bonne-Espérance. Les grès des grands plateaux de l'Australie
orientale, qui reposent aussi sur le granite, diffèrent de ceux dont
nous venons de parler parce qu'ils sont moins siliceux. On n'a pas
découvert de fossiles dans ces trois vastes dépôts. J'ajoute enfin
que je n'ai vu aucun caillou roulé provenant de roches amenées d'une
grande distance au cap de Bonne-Espérance, sur les côtes orientales
et occidentales de l'Australie, ni à la Terre Van Diemen. Dans l'ile
septentrionale de la Nouvelle-Zélande j'ai observé de grands blocs de
_greenstone_, mais je n'ai pas eu l'occasion de déterminer si la roche
dont ils avaient été détachés se trouvait à une grande distance de ce
point.
Notes:
[1] En plusieurs endroits j'ai observé dans le granite de petites
sphères à couleur sombre composées de minuscules paillettes de mica
noir, dans une pâte très résistante. En un autre point j'ai rencontré
des cristaux de tourmaline noire rayonnant autour d'un centre commun.
Le Dr Andrew Smith a découvert dans l'intérieur du pays de beaux
spécimens de granite, avec du mica blanc d'argent rayonnant ou plutôt
ramifié comme de la mousse autour de points centraux. Il existe dans
les collections de la Société Géologique des échantillons de granite
avec du feldspath cristallisé et radié de la même manière.
[2] Voir le travail de M. Keilhau «_Theory on Granite_», dans
l'_Edinburgh New Philosophical Journal_, vol. XXIV, p. 402.
[3] Le Rév. W.-B. Clarke affirme cependant, à ma grande surprise
(_Geological Proceedings_, vol. III, p. 422), qu'en certains endroits
le grès est traversé par des dikes granitiques; ces dikes doivent
appartenir à une période bien postérieure à celle où le granite fondu
réagissait sur le phyllade argileux.
[4] _Geographical Journal_, vol. X, p. 246.
APPENDICE
DESCRIPTION DE COQUILLES FOSSILES
Par G.-B. SOWERBY, Esq. F.L.S.
_Coquilles_ provenant d'un dépôt tertiaire situé au-dessous d'une
grande coulée basaltique à San Thiago dans l'archipel du Cap Vert, et
mentionné à la page 5 de ce volume.
1.--Littorina Planaxis, G. Sowerby.
_Testâ subovatâ, crassâ, loevigatâ, anfractibus quatuor, spiraliter
strialis; aperturâ subovatâ; labio columellari infimâque parte
anfractûs ultimi planatis: long._ 0,6. _lat._ 0,45, _poll_.
Cette coquille a la taille et à peu près la forme d'un petit
bigorneau; elle en diffère essentiellement cependant, parce que la
partie inférieure de la dernière spire et la lèvre columellaire sont
coupées et aplaties, comme dans les _Purpurées_. Parmi les coquilles
récentes de la même localité il y en a une qui ressemble beaucoup à
celle-ci, et qui lui est peut-être identique, mais c'est une coquille
très jeune, de sorte qu'elle ne se prête pas à une comparaison
minutieuse.
2.--Cerithium Aemulum, G. Sowerby.
_Testâ oblongo-turritâ, subventricosâ, apice subulato, anfractibus
decem leviter spiraliter striatis, primis serie unicâ tuberculorum
instructis, intermediis irregulariter obsolete tuberculiferis,
ultimo longe majori absque tuberculis, sulcis duobus fere basalibus
instructo: labii externi margine interno intùs crenulato: long. 1,8;
lat. 0,7, poll_.
Cette espèce ressemble tellement à l'une des coquilles réunies par
Lamarck sous le nom de Cerithium Vertagus, qu'à première vue je
croyais pouvoir l'identifier avec cette dernière coquille, mais elle
s'en distingue facilement parce qu'elle n'offre pas, au centre de la
columelle, le pli qui est si remarquable dans l'espèce de Lamarck.
Il n'y en avait qu'un seul exemplaire, et la partie inférieure de la
lèvre externe lui manquait, de sorte qu'il est impossible de décrire
la forme de la bouche.
3.--Venus Simulans, G. Sowerby.
_Testâ rotundatâ, ventricosâ, lviusculâ, crassâ; costis obtusis,
latiusculis, concentricis, antice posticeque tuberculatim solulis;
areâ cardinali posticâ altérae valvae latiusculâ; impressione
subumbonali posticâ circulari: long. 1,8, lat. 1,5, poll_.
Coquille à caractères intermédiaires, se plaçant entre la _Venus
verrucosa_ de la Manche et la _V. rosalina Rang_. de la côte
occidentale d'Afrique, mais qui se distingue suffisamment de ces deux
espèces par ses côtes concentriques larges et obtuses, divisées en
tubercules tant en avant qu'en arrière. Sa forme est aussi plus
arrondie que celle de ces deux espèces.
Les coquilles suivantes, provenant de la même couche, sont connues
comme espèces récentes, pour autant qu'on puisse les déterminer.
4.--Purpura Fucus.
5.--Amphidesma australe, Sowerby.
6.--Conus venulatus, Lam.
7.--Fissurella coarctata, King.
8.--Perna. Deux valves dépareillées, en si mauvais état qu'on ne
saurait les déterminer.
9.--Ostrea cornucopiae, Lam.
10.--Arca ovata, Lam.
11.--Patella nigrita, Budgin.
12.--Turritella bicingulata? Lam.
13.--Strombus. Trop usé et trop mutilé pour être déterminable.
14.--Hipponyx radiata, Gray.
15.--Natica uber, Valenciennes.
16.--Pecten. Ressemble par sa forme à _P. opercularis_, mais s'en
distingue par divers caractères. Il n'y en a qu'une seule valve,
de sorte que je n'ai pas les garanties nécessaires pour pouvoir
le décrire.
17.--Pupa subdiaphana, King.
18.--Trochus. Indéterminable.
COQUILLES TERRESTRES FOSSILES DE SAINTE-HÉLÈNE
Les six espèces suivantes ont été trouvées ensemble à la partie
inférieure d'un lit épais de terre végétale; les deux dernières
espèces, c'est-à-dire le _Cochlogena fossilis_ et l'_Hélix biplicata_,
ont été trouvées dans un grès calcareux très récent, avec une espèce
du genre _Succinea_ vivant actuellement dans l'île. Ces coquilles sont
mentionnées à la page 108 de ce volume.
1.--Cochlogena Auris-Vulpina, De Fer.
Cette espèce est bien décrite et figurée fort exactement dans le
onzième volume de l'ouvrage de Martini et Chemnitz. Chemnitz exprime
des doutes quant au genre auquel il convient de la rapporter, et
l'avis fortement motivé que cette coquille ne doit pas être considérée
comme terrestre. Les spécimens dont il disposait avaient été achetés
dans une vente publique à Hambourg, où ils avaient été envoyés par
feu G. Humphrey, qui paraît avoir fort bien connu leur véritable
provenance, et qui les a vendues pour des coquilles terrestres.
Chemnitz cite cependant un spécimen de la collection de Spengler qui
était en meilleur état que les siens, et passait pour provenir de
Chine. La figure qu'il a donnée est prise d'après cet individu, qui
me semble être simplement un spécimen nettoyé de la coquille de
Sainte-Hélène. On comprend facilement qu'après avoir passé par deux ou
trois mains une coquille originaire de Sainte-Hélène puisse avoir été
vendue comme provenant de Chine, soit fortuitement, soit dans un but
intéressé. Je crois qu'il est impossible qu'une coquille appartenant à
cette espèce puisse avoir été réellement trouvée en Chine; et je n'en
ai jamais vu une seule parmi la quantité immense de coquilles qui nous
arrivent du Céleste-Empire. Chemnitz n'a pu se décider à établir
un nouveau genre pour cette remarquable coquille, quoiqu'il ne pût
évidemment l'assimiler à aucun des genres connus à cette époque; et
bien qu'il ne la considérât pas comme terrestre, il lui donna le nom
d'_Auris Vulpina_. Lamarck en a fait la seconde espèce de son genre
_Struthiolaria_, sous le nom de _Crenulata_. Elle ne présente
cependant aucune affinité avec ce genre; et on ne saurait concevoir
de doutes sur l'exactitude des idées de De Ferussac, qui place cette
coquille dans la quatrième division de son genre _Cochlogena_; Lamarck
se serait montré conséquent avec ses propres principes s'il l'avait
placée parmi ses _Auriculae_. Cette espèce présente une variété qui
peut être caractérisée comme suit:
Cochlogena auris-vulpina, Var.
_Testâ subpyramidali, aperturâ breviori, labio tenuiori: long. 1,68,
aperturae 0,77, lat. 0,86, poll_.
OBSERVATIONS.--Les proportions diffèrent ici de celles de la variété
ordinaire, qui sont: longueur 1,65, longueur de la bouche 1, largeur
0,96 pouces. Faisons observer que toutes les coquilles de cette
variété provenaient d'une autre partie de l'île que les spécimens
cités en premier lieu.
2.--Cochlogena fossilis, G. Sowerby.
_Testâ oblongâ, crassiusculâ, spirâ subacuminatâ, obtusâ, anfractibus
senis, subventricosis, leviter striatis, suturâ profunde impressâ;
aperturâ subovatâ; peritremate continuo, subincrassato; umbilico
parvo: long. 0,8, lat. 0,37, poll_.
Cette espèce a la taille de _C. Guadaloupensis_, mais s'en distingue
facilement par la forme des spires et parce que la suture est
profondément marquée. Les proportions varient un peu pour les divers
spécimens. Cette espèce n'a pas été trouvée par M. Darwin, mais
provient de la collection de la Société géologique.
1.--Cochlicopa subplicata, G. Sowerby.
_Testâ oblongâ, subacuminato-pyramidali, apice obtuso, anfractibus
novem loevibus, postice subplicatis, suturâ crenulatâ; aperturâ ovatâ,
postice acutâ, labio externo tenui; columellâ obsolete subtruncatâ;
umbilico minimo: long. 0,93, lat. 0,28, poll_.
Cette espèce et la suivante sont rangées dans le sous-genre Cochlicopa
de De Ferussac, parce qu'elles se rapprochent beaucoup de sa
_Cochlicopa Folliculus_. Elles en sont cependant toutes les deux
parfaitement distinctes au point de vue spécifique, car elles sont
beaucoup plus grandes que _C. Folliculus_ et ne sont pas brillantes et
lisses comme cette dernière coquille que l'on trouve dans le Midi de
l'Europe et à Madère. On a trouvé quelques coquilles très jeunes et un
oeuf qui appartiennent, je pense, à cette espèce.
2.--Cochlicopa terebellum, G. Sowerby.