Cette fumée aperçue à travers les âges par saint Jean ne peut être que

la fumée du tabac, à moins pourtant que ce ne soit celle de la

dynamite!

CÉRÉMONIES

DU BAPTÊME, DU MARIAGE ET DE L'ENTERREMENT

Nous n'avons pas à entrer ici dans tous les détails de ces diverses

cérémonies; nous nous bornerons à rappeler les principaux usages que

l'étiquette prescrit pour chacune d'elles.

LE BAPTÊME

Le baptême est une cérémonie purement religieuse. C'est l'entrée dans le

giron de l'Église de l'enfant qui vient de naître, et à qui son parrain

et sa marraine servent d'introducteurs.

Le grand-père paternel et la grand'mère maternelle sont de droit parrain

et marraine du premier né.

On alterne pour le second. Le père de la jeune femme en est le parrain,

et la mère du mari la marraine.

A défaut de l'un ou de l'autre, ou de tous les deux, on choisit toujours

l'ascendant le plus proche et le plus âgé dans la ligne paternelle et

dans la ligne maternelle.

Il est d'usage de laisser à la marraine le choix de son compère.

Quelquefois cependant on lui désigne la personne qu'on désirerait

donner pour parrain à l'enfant; mais elle est libre de refuser.

Avant d'offrir le parrainage à une personne, les parents auront soin de

s'assurer si cette proposition lui agrée.

Dans le cas où il ne vous conviendrait pas d'accepter une pareille

demande, apportez dans votre refus toutes les formes et la bonne grâce

possibles.

On ne doit pas refuser de servir de parrain ou de marraine à l'enfant

d'une personne qui est dans une situation peu aisée. Ce serait manquer

tout à la fois de charité et de savoir-vivre.

Ne vous offrez jamais personnellement pour être parrain ou marraine dans

une famille d'une condition égale à la vôtre, et encore moins d'une

condition supérieure.

La qualité de parrain et de marraine implique une sorte de

responsabilité presque paternelle; elle est tout à la fois une charge

matérielle et morale.

Ainsi elle oblige à des frais de cérémonie, à des dépenses diverses pour

cadeaux. Nous ne parlerons pas des cadeaux qui varient selon les

localités, et qui sont en outre subordonnés à la position de fortune de

ceux qui donnent et de ceux qui reçoivent.

Le parrain est le grand dispensateur de dragées.

La veille du jour du baptême, il envoie à sa commère une ou plusieurs

douzaines de boîtes, selon qu'il tient à faire les choses plus ou moins

largement.

Il distribue des cornets de bonbons avec pièces d'argent à la

garde-malade et aux domestiques.

Voici comment se règlent les choses, le jour de la cérémonie:

Le père se charge du service des voitures. Il en envoie une au parrain

qui va lui-même chercher la marraine et la fait monter avec lui.

Le père, la nourrice ou la garde, occupent une seconde voiture; mais, à

la rigueur, une seule peut suffire.

Dans ce cas, la marraine occupe le fond de la voiture avec l'enfant et

la nourrice. Le père et le parrain se plaçent sur la banquette du

devant.

Si c'est l'enfant d'un haut personnage que l'on va faire baptiser,

l'enfant occupera le fond de la voiture avec la marraine, et même on lui

donnera la droite comme place d'honneur.

En arrivant à l'église, la femme qui porte l'enfant, entre la première.

Le parrain et la marraine la suivent, sans se donner le bras; puis

viennent le père, les parents et les amis de la famille.

Quand la cérémonie commence, le parrain se place à droite de l'enfant,

la marraine à gauche. La nourrice tient la tête de l'enfant appuyée sur

le bras droit.

Le prêtre fait les questions voulues et exorcise le nouveau-né.

Le parrain et la marraine récitent à voix basse, et en français, le

_Pater_ et le _Credo_, et prennent les engagements chrétiens pour le

compte du bébé.

De là l'obligation qu'ils contractent de surveiller la façon dont il

sera élevé et de le suivre dans le développement graduel de son

existence.

L'enfant a reçu trois noms: un de sa marraine, un autre du parrain, et

le troisième choisi par la mère; et c'est sous ces trois noms, qui

doivent se trouver dans le calendrier des Saints, que le prêtre baptise

l'enfant.

On se rend alors à la sacristie pour y signer l'acte de baptême.

Il faut veiller très attentivement à ce que les noms donnés à l'enfant

soient les mêmes que ceux qui figurent sur les registres de la mairie,

sans quoi il serait exposé par la suite à toute sorte d'embarras, chaque

fois qu'il aurait à se servir de ces deux actes.

Le père envoie une boîte de bonbons à l'ecclésiastique qui a administré

le baptême, et y ajoute quelques pièces d'or ou d'argent, selon sa

fortune.

Il y a encore le suisse, le sacristain, l'enfant de chœur ainsi que les

pauvres, qui vous attendent à la sortie de l'église, et auxquels il est

d'usage de distribuer quelque argent: c'est l'affaire du parrain.

Le parrain et la marraine reconduisent l'enfant à sa mère, et reçoivent

ses remerciements en échange de leurs félicitations.

Généralement, un repas de gala a lieu après la cérémonie. Si la mère est

encore trop faible pour y assister, l'on se borne à une collation, et

l'on attend son rétablissement, afin qu'elle puisse participer au repas

et en faire les honneurs.

A partir de ce jour, le parrain et la marraine sont considérés comme

membres de la famille. Ils s'occuperont de leur filleul ou filleule qui,

de leur côté, n'oublieront jamais le respect et la reconnaissance

qu'ils doivent à l'un et à l'autre.

LE MARIAGE

_Mariage à la Mairie._

Passons sur les préliminaires pour arriver tout de suite aux cérémonies

civile et religieuse.

Le contrat a été signé par les deux parties. Le sacrifice est fait, d'un

côté comme de l'autre; le notaire y a passé, comme on le dit encore dans

certaines provinces; en d'autres termes, il n'y a plus à y revenir.

La publication des bans se fait à l'église, en même temps que le mariage

est affiché à la mairie.

Il ne peut avoir lieu que dans la commune où l'un des deux contractants

a son domicile, lequel s'établit par six mois de résidence continue.

Les pièces à fournir à la mairie, sont:

1º Un certificat constatant que la publication des bans a été faite dans

les localités où la loi l'exige;

2º Les extraits de naissance des conjoints, et en cas d'impossibilité,

un acte de notoriété délivré sur le lieu de leur naissance, ou de leur

domicile. Cet acte devra être légalisé sans le moindre vice de forme.

3º Le consentement par acte notarié des père et mère, dans le cas où ils

ne pourraient assister à la célébration du mariage; et, dans le cas où

ils auraient refusé ce consentement, la preuve légale que les

soumissions respectueuses ont été faites suivant les prescriptions de la

loi;

4º Le futur est tenu de fournir son acte de libération du service

militaire;

5º S'il appartient à l'armée, l'autorisation du ministre de la guerre.

A Paris, le mariage à la mairie a presque toujours lieu la veille du

jour de sa célébration à l'église. Cependant la célébration à l'église

peut être retardée de plusieurs jours.

Aujourd'hui, il n'y a guère que les parents des futurs et leurs témoins

qui assistent au mariage civil.

Ces témoins au nombre de quatre,--deux pour le marié, deux pour la

mariée,--sont pris parmi les plus proches parents; quelquefois aussi ce

sont des personnages dont on désire se faire honneur et appui.

On se rend à la mairie en voitures ordinaires et en toilette de ville,

qui est laissée au goût de chacun.

Le maire ou l'adjoint lisent la loi aux futurs et leur font prononcer le

_Oui_ sacramental.

Après quoi, ils sont déclarés unis devant la loi.

C'est la mariée qui signe la première; puis elle passe la plume à son

mari qui, en la recevant, salue et dit: «Merci, _Madame_!»

A partir de ce moment, chacun l'appelle _Madame_.

L'époux et ses parents reconduisent la mariée à son domicile. Le soir,

un dîner auquel les témoins seuls assistent, réunit les deux familles.

_Le Mariage à l'Église._

Pour se marier à l'église, on devra fournir:

1º Un certificat constatant la publication des bans dans les églises où

elle est exigible;

2º Un extrait de l'acte de baptême, ou à son défaut, une attestation que

l'on a fait sa première communion;

3º Un billet de confession.

Le marié et sa famille vont chercher la mariée et les siens à leur

domicile;

Le marié offre à celle-ci le bouquet de _noces_ qui doit être

entièrement blanc;

Il porte également avec lui l'anneau et la pièce de mariage, laquelle

peut être d'or ou d'argent, selon la fortune des conjoints.

Les lettres d'invitation faites en double, ont dû être envoyées huit

jours au moins avant le mariage;

Les lettres de faire part ne s'envoient que dans la quinzaine qui suit.

Elles sont destinées aux personnes habitant une autre résidence, à

celles avec qui l'on n'a pas de relations suivies, à tous ceux enfin

dont on n'espère pas, ou même dont on ne désire pas la présence à la

cérémonie.

On expédie ces lettres dans de grandes enveloppes, en ayant soin de

placer en dessus la lettre des parents ou tuteurs qui en font l'envoi.

Voici dans quel ordre le cortège se rend à l'église:

La première voiture est occupée par la mariée qui s'installe au fond et

à droite, ayant sa mère à sa gauche. Le père s'assied sur la banquette

du devant;

Dans la seconde voiture, prennent place le marié et sa famille. Il

occupe le fond, à gauche, sa mère à sa droite, et le père sur le devant;

Puis vient la voiture de la demoiselle d'honneur; et après celles des

témoins et des autres membres de la famille.

C'est une sœur de la mariée, ou une des plus proches parentes, ou encore

une amie intime qui remplit le rôle de la demoiselle d'honneur;

De même pour le marié, c'est son frère ou un ami qui lui sert de garçon

d'honneur.

La demoiselle et le garçon d'honneur doivent être célibataires.

La quête est toujours faite par la demoiselle d'honneur.

S'il y a deux quêteuses, cette fonction en double revient à la plus

jeune parente du marié, et le plus jeune parent de la mariée lui donne

la main pour quêter.

Il est de bon goût d'indiquer très exactement sur les lettres l'heure de

la cérémonie, afin de ne pas faire attendre les invités;

Ceux-ci doivent être rendus à l'église pour le moment de l'entrée des

jeunes époux.

Quand les voitures arrivent devant le portail, le suisse dispose

aussitôt le cortège sur deux rangs, de manière que la jeune mariée, en

passant au milieu, soit protégée contre les regards indiscrets des

curieux;

Le père de la mariée lui offre la main pour la conduire à l'autel.

Le marié la suit avec sa mère; la mère de la mariée est au bras du père

du jeune homme.

Puis viennent la demoiselle et le garçon d'honneur; les témoins avec les

plus proches parents et les autres membres de la famille.

Arrivés devant les sièges qui leur sont réservés, le marié se place à

droite, la mariée à gauche.

Les parents de chaque famille, les amis et les invités, se rangent dans

le même ordre; à droite, ceux du jeune homme; à gauche, ceux de la jeune

femme.

A l'Offertoire, le poêle est tenu par les deux plus jeunes garçons de la

famille. Si l'un d'eux est trop petit, on le hisse droit sur une chaise.

Aux questions adressées par le prêtre, le marié et la mariée répondent à

demi-voix et en s'inclinant avec respect.

Au moment de la bénédiction de l'anneau, les époux ôtent leurs gants, et

le marié prend de la main droite l'anneau que lui présente le prêtre et

le passe au doigt annulaire de la main gauche de la mariée.

La messe terminée, on se rend dans l'ordre suivant à la sacristie pour

signer les actes du mariage:

Le père du marié donne le bras à la mariée; la mère de la mariée au

jeune époux; et ainsi de suite en intervertissant les rôles.

Après la signature, le marié présente les personnes de sa connaissance à

la mariée qui, autant que possible, adresse à chacune d'elles un mot

aimable.

Les parents de la mariée présentent leur gendre.

Chacun adresse son petit compliment aux deux époux en leur serrant la

main avec effusion, tout en passant assez vite: un mot du cœur suffit.

Il est bien d'attendre les mariés à la sortie de l'église; c'est un

dernier hommage.

Le marié donne le bras à sa femme;

Le père de la mariée suit en donnant le bras à la mère du marié; puis le

père du marié à la mère de la mariée, etc.

L'on mêle et l'on confond ainsi les deux familles.

Avons-nous besoin de dire que les gens de bonne compagnie ne font pas de

noces chez les restaurateurs? On invite moins de monde, mais l'on reçoit

chez soi.

Il s'est introduit depuis quelque temps un nouvel usage qui rompt

ouvertement en visière aux vieux us et coutumes, si fatigants, si

gênants pour les jeunes mariés.

En sortant de l'église, ceux-ci montent seuls dans une voiture, et

rentrent chez eux.

C'est une manière de rapt de bon ton de la part du mari.

La jeune femme reçoit alors la famille et les amis intimes; et nul autre

que ceux qui ont été priés, n'assiste à la réunion.

Il arrive même aux nouveaux époux de se soustraire à cette dernière

obligation, et de laisser à leurs parents le soin de faire les honneurs

du déjeuner ou du lunch que l'on offre à la famille.

Après s'être esquivés, ils partent pour un voyage réel à l'étranger ou

simplement pour une résidence peu éloignée, où ils pourront au moins

jouir en liberté du premier quartier de la lune de miel.

Les visites de noces ne commencent guère que dans le mois qui suit le

mariage.

Les nouveaux mariés ne rendent de visites qu'aux invités avec lesquels

ils veulent avoir et entretenir des relations; aux autres, ils envoient

leurs cartes.

Les personnes ayant reçu une lettre d'invitation ou seulement une lettre

de faire part,--qu'elles aient on non assisté au mariage,--sont tenues à

remettre ou à envoyer dans la huitaine leurs cartes au membre de la

famille qui leur a adressé cette lettre d'invitation ou de faire part.

Si c'est par suite d'un cas de force majeure qu'elles n'ont pas paru à

la cérémonie, les convenances veulent qu'elles le fassent savoir et s'en

excusent par lettre.

On ne rend jamais de visite aux nouveaux mariés avant d'avoir reçu la

leur.

L'ENTERREMENT

Là, d'un enterrement la funèbre ordonnance

D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance.

BOILEAU.

Les cérémonies de l'enterrement sont les dernières marques d'affection

que l'on donne à celui qui s'en va. A moins d'un empêchement absolu,

c'est manquer à toutes les convenances que de ne pas assister à un

enterrement auquel on est prié par une lettre spéciale.

Les lettres d'invitation doivent être remises la veille du jour du

convoi. Les lettres de faire part aux personnes éloignées s'envoient

aussitôt après. On y supprime depuis quelque temps les noms des membres

féminins de la famille.

Il est plus respectueux de faire porter à domicile les lettres

d'invitation. Sauf quelques rares exceptions, on peut toutefois les

mettre à la poste.

Quand les relations du défunt sont trop nombreuses, et que le temps

manque pour écrire les adresses, il convient de faire insérer dans les

journaux les plus répandus une invitation générale; c'est le meilleur

moyen de réparer les omissions qu'on peut commettre.

Les hommes se rendent à la maison mortuaire; les femmes vont directement

à l'église. Les proches parentes restent au domicile.

Chacun sera vêtu de noir ou tout au moins de couleur foncée; les hommes,

autant que possible, en habit noir, cravate blanche et gants noirs.

Il était d'usage autrefois qu'une femme n'assistât point au convoi de

son mari, ni de son enfant,--le mari à celui de sa femme. Cet usage tend

à disparaître à Paris, malgré tout ce qu'il peut y avoir de douloureux

pour une épouse, pour une mère, d'accompagner à sa dernière demeure son

mari ou son enfant.

Au départ du cortège, les parents les plus proches sortent les premiers

et se rangent derrière la personne qui conduit le deuil; puis viennent

les invités, les amis et les connaissances.

Si la température est douce, il faut, par respect pour le mort, tenir

son chapeau à la main. S'il fait froid ou qu'il pleuve, on reste

couvert, en ayant soin toutefois de se découvrir au moment où l'on

descend le corps pour l'entrer à l'église.

Les hommes se rangent à droite, les femmes à gauche; elles

n'accompagnent que fort rarement le convoi au cimetière.

On ne monte dans les voitures de deuil qu'au sortir de l'église, et l'on

y monte indistinctement avec des personnes qu'on ne connaît pas.

Dans la première, se trouve le clergé;

Dans celles qui suivent les parents, puis les gens de la maison, et

enfin les invités.

La famille devra toujours se pourvoir d'un nombre de voitures en rapport

avec celui des invités; et ces voitures reconduiront à leur domicile

tous ceux qui auront suivi le convoi jusqu'au cimetière. On donne un

modeste pourboire au cocher.

Le jour même ou le lendemain au plus tard, les invités, hommes et

femmes, remettront chez la personne de la famille qui leur a adressé le

billet d'invitation, leur carte pliée ou brisée à l'envers ainsi qu'il

est indiqué à la rubrique _Cartes de visite_.

Dans quelques maisons,--en bien petit nombre, il est vrai,--le veuf, la

veuve ou les proches parents, reçoivent le jour même de l'enterrement;

on fera donc bien de se renseigner chez le concierge, en déposant sa

carte.

Les personnes qui ont reçu une lettre de faire part, envoient leurs

cartes par la poste. Si elles tiennent à témoigner de leur sympathie

particulière, elles écriront une lettre de condoléance.

Il est toujours très convenable de faire acte de cœur dans ces

circonstances douloureuses.

On est tenu, dans les cinq ou six semaines qui suivent, de renvoyer des

cartes à toutes les personnes qui vous en ont adressé ou qui vous ont

écrit.

Quant aux visites, elles ne se rendent qu'à l'expiration du grand

deuil.

CHAPITRES COMPLÉMENTAIRES

Nous avons réuni, sous ce titre, plusieurs sujets nouveaux qui sont du

ressort du savoir-vivre, et d'autres qui, bien que traités déjà dans

l'ouvrage, appelaient un supplément pour réparer les omissions

inévitables.

AU DEHORS

_La Rue, les Boulevards, la Promenade._

Il faut être poli, gracieux et serviable en tout lieu et en toute

circonstance.

Si vous voyez venir à vous, sur le trottoir, une femme, un prêtre, un

vieillard, un infirme ou un homme chargé d'un fardeau, vous leur céderez

le haut du pavé, c'est-à-dire le côté des maisons.

Donnez toujours le haut du pavé à la femme que vous accompagnez.

Réglez votre pas sur le sien, et veillez à ce qu'elle ne soit pas

heurtée par les passants.

Si vous êtes seul et que vous rencontriez un ami, saluez-le et remettez

votre chapeau, quand bien même vous vous arrêteriez pour causer avec

lui.

Si c'est un supérieur ou un vieillard, restez découvert jusqu'à ce que

l'on vous ait prié de remettre votre chapeau.

Si vous entamez une conversation, parlez à voix basse pour ne pas

attirer l'attention des passants.

L'entretien doit être très court, et c'est à la personne la plus âgée ou

la plus considérable à le rompre la première, et à prendre congé.

Un homme qui rencontre une dame de sa connaissance, la saluera, mais ne

s'arrêtera point à causer avec elle, surtout si l'un et l'autre sont

jeunes.

La discrétion veut que l'on ne salue pas un homme qui donne le bras à

une dame, à moins qu'il ne vous y autorise par un signe.

On saluera bien moins encore une femme qui serait accompagnée par un

cavalier que l'on ne connaît pas.

Les règles de la bonne compagnie s'opposent à ce qu'un homme donne le

bras à deux dames à la fois, et à ce qu'une dame se tienne aux bras de

deux cavaliers;

Il y a exception toutefois pour le premier cas c'est lorsque l'obscurité

de la nuit et le pavé glissant et mauvais, peuvent nécessiter un appui,

un soutien.

Un fumeur qui aborde une femme doit jeter son cigare aussitôt. Il serait

plus qu'inconvenant de le garder à la main en parlant à une personne

qu'on respecte.

Dans la rue et à la promenade, un père peut donner le bras à sa fille,

au lieu de le donner à sa femme;

Un jeune homme l'offrira à sa mère, et non pas à sa sœur;

Un oncle à sa nièce, un neveu à sa tante, et non à sa cousine.

Un cavalier peut accompagner plusieurs dames à la promenade; mais il y

aurait inconvenance de sa part à s'implanter en quelque sorte au milieu

de la famille, à moins de prétendre à la main de la jeune fille.

Il ne faut pas non plus quitter son monde avec trop de précipitation, ce

serait impoli. Le tact est le meilleur juge en pareille circonstance.

Montez-vous en voiture pour accompagner une ou plusieurs personnes?

Faites-les passer devant vous; offrez la main aux dames et soutenez les

vieillards par le bras.

A l'arrivée de la voiture, descendez le premier, et usez des mêmes

attentions.

Quoi qu'il soit reçu aujourd'hui qu'un cavalier garde son chapeau dans

une voiture, même fermée, il sera de bon ton d'en faire la demande.

Maintenant est-il besoin d'ajouter que l'on doit toujours, par

politesse, offrir les places du fond et s'installer sur la banquette du

devant.

Si vous vous trouvez en tête à tête avec une dame dans une voiture, ne

vous asseyez pas à son côté avant qu'elle ne vous en ait prié. Agissez

de même envers un supérieur ou un vieillard.

Si l'on veut vous faire monter le premier, refusez d'abord; si l'on

insiste, montez. On ne doit même pas hésiter, quand c'est un supérieur

ou un haut personnage qui vous y convie.

Un jour, Louis XIV avait invité un Mortemart à l'accompagner à la

promenade. A cette époque déjà, les Mortemart étaient réputés pour leur

grand ton et leurs manières élégantes. On disait en parlant d'eux:

«L'esprit et la politesse des Mortemart».

Le carrosse du roi s'étant approché, Louis XIV fit signe de la main au

duc de passer le premier. Tout autre peut-être eût fait des cérémonies;

le duc monta aussitôt, ce qui lui valut les félicitations du grand roi.

L'invitation d'un souverain est un ordre.

EN FAMILLE

DEVOIRS DES ÉPOUX

Le savoir-vivre en famille comprend les devoirs des époux entre eux et

envers leurs enfants, et les devoirs de ceux-ci envers leurs parents.

En bonne règle de conduite, les époux ne devraient jamais se départir

entre eux des attentions, des petits soins qu'ils se prodiguaient, avant

et pendant les premiers temps de leur mariage.

Se regarder comme affranchi de toute contrainte, se relâcher de

l'observation scrupuleuse des égards et des convenances qu'on se doit

mutuellement, c'est compromettre le bonheur conjugal.

Un excellent moyen de le conserver, sera toujours de suivre le précepte

du Fabuliste:

Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,

Toujours divers, toujours nouveau.

La vie privée, plus encore que la vie publique, exige ce maintien

rigoureux des convenances, puisqu'elle nous place en tête-à-tête

continuel. De là ces concessions qu'il faut se faire de bonne grâce,

sans acrimonie aucune, afin de ne blesser jamais l'amour-propre qui

pardonne si difficilement.

Ecartez avec le plus grand soin dans vos entretiens tout sujet sur

lequel vous êtes en désaccord.

Ce serait une insigne maladresse à un mari de chercher à détourner sa

femme de ses devoirs religieux, surtout lorsque leur accomplissement ne

nuit en rien aux devoirs domestiques.

De son côté, la femme fera bien, dans l'intérêt de la paix et de la

tranquillité du ménage, de ne point vouloir convertir son mari. Qu'elle

se contente de lui donner le bon exemple, de le rendre heureux dans son

intérieur: le temps et les circonstances feront mieux que toutes les

controverses.

Bien d'autres sujets encore peuvent donner lieu à des altercations dans

le ménage.

Evitez-les autant que possible. Que jamais ces débats ne dépassent le

seuil de la chambre à coucher. N'en rendez témoins, ni vos enfants, ni

vos domestiques: ce serait diminuer d'autant votre autorité et le

respect qui vous est dû.

Les époux doivent toujours observer entre eux la décence, même dans

leurs rapports les plus intimes. Beaucoup de maris ont le tort très

grave de l'oublier, de perdre toute retenue après un certain temps de

mariage. En cela, ils se montrent aussi inconvenants qu'imprudents.

C'est courir de soi-même au-devant du danger, c'est ressembler à ce fou

qui, après avoir mis le feu aux poudres, se plaignait de l'explosion.

Si vous voulez qu'on respecte votre femme, commencez par la respecter

vous-même; honorez-la, si vous voulez qu'elle soit honorée.

La femme, dans toutes les circonstances de la vie, obéira à son mari, à

moins qu'il ne lui commande des choses contraires à l'honnêteté, et à

ses devoirs de mère et de chrétienne.

Manuel de la politesse des usages du monde et du savoir-vivre · 第 7 / 9 段