étoient grands hommes de guerre; tous deux avoient les qualités propres
à se faire respecter, craindre et aimer de leurs soldats; tous deux,
quoique sous un règne où la vertu étoit méprisée, aimoient la gloire,
leur patrie et le bien public. Narsès, en un mot, seroit peut-être
égal à Bélisaire, si, au lieu d’appeler les Lombards en Italie, pour
se venger de la disgrace où il tomba sous le règne de Justin II,
il eût su vaincre son ressentiment, mépriser ses ennemis, plaindre
l’aveuglement ou l’ingratitude de son maître, et se contenter de le
rendre odieux, en sachant être malheureux. C’est un étrange spectacle
que présente l’empire! A ne juger que par les événemens, on le croiroit
à la fois près de sa ruine, et au comble de la gloire. Il triomphe en
Afrique et en Italie, parce que Bélisaire et Narsès y commandent. En
Asie, où rien ne remédie à sa foiblesse et ne supplée à ce qui lui
manque, il consent à payer aux Perses un tribut annuel de cinquante
livres d’or.
Quelques talens, cependant, qu’eussent ces deux capitaines célèbres,
jamais avec les seules ressources que leur fournissoit l’empire, ils
n’auroient conquis l’Afrique et l’Italie, si les Vandales et les Goths,
terribles quand ils avoient fait leurs conquêtes, avoient été assez
sages pour s’y affermir. Procope nous représente les Vandales établis
en Afrique, comme un peuple, qui, après la mort de Genseric, s’étoit
abandonné à toutes les voluptés. Ils passoient les journées entières
dans des bains parfumés ou au théâtre. Leurs habits étoient tissus d’or
et de soie; ils étaloient sur leurs tables le luxe le plus élégant
et le plus recherché; ils n’habitoient que des palais somptueux, des
jardins délicieux. Sans avoir des mœurs aussi efféminées, les Goths
avoient beaucoup perdu de leur courage. L’Italie les avoit amollis,
comme les Gaules avoient corrompu les Visigoths, que vainquirent les
Français; et l’on sait avec quel mépris en parlent les historiens[151].
[151] Grégoire de Tours nous peint les Goths comme des lâches.
_Ut Gotthorum pavor mos est... Cum secundum consuetudinem
Gotthi terga vertissent._ Ils n’étoient point tels quand ils
s’établirent dans les provinces de l’empire.
Bien loin que les Barbares songeassent à ne faire qu’une seule
nation avec les peuples chez lesquels ils s’établissoient, ils les
dépouilloient d’une partie considérable de leurs biens[152], et
ruinoient la forme de leur gouvernement[153].
[152] Procope dit que Genseric enleva aux principaux citoyens
d’Afrique leurs terres et leurs esclaves, que les biens des
Vandales furent exempts de toute charge, et qu’il exigea, au
contraire, des contributions si fortes des naturels du pays, que
ces malheureux, en travaillant beaucoup, pouvoient à peine les
acquitter. Les Ostrogoths s’étoient emparés en Italie d’un tiers
des terres. Dans les Gaules, les Visigoths prirent deux tiers des
terres, et les Bourguignons la moitié, avec un tiers des esclaves.
[153] Les Barbares, en s’établissant sur les terres de l’empire,
détruisoient la forme de gouvernement établie par les empereurs.
Elle étoit trop compliquée pour des hommes qui n’avoient presque
point encore d’idées de politique. Il n’y a au monde que l’abbé
du Bos qui ait pu se persuader que Clovis, en s’emparant des
Gaules, ne fit que se mettre au lieu et place des empereurs,
sans rien changer à la forme du gouvernement, et que les Gaulois
conservèrent leurs sénats, leurs officiers, leur administration;
que les cités eurent le droit de se faire la guerre, qu’on y leva
toujours les mêmes impositions que sous les empereurs, etc.; mais
ne n’est pas ici le lieu de réfuter cet auteur.
S’ils leur laissoient leurs lois civiles, c’étoit par mépris pour les
lois ou par ignorance, et ils établissoient une différence choquante
entre les vainqueurs et les vaincus[154]. Par cette politique, le
vainqueur se trouvoit toujours dans ses états comme dans un pays
ennemi, et ses sujets devenoient les alliés et les amis de toute
puissance qui vouloit le détruire. Voilà la principale cause de la
chûte précipitée de tant de monarchies établies par les Barbares, et
qui ne subsistèrent que pendant quelques années. C’est par-là que
Bélisaire, avec une poignée de soldats, se vit en état d’arracher
l’Afrique aux Vandales: les Africains, au lieu de s’opposer à ses
desseins, l’aidoient de tout leur pouvoir; ils portoient des vivres
dans son camp, et le regardoient comme un libérateur qui venoit briser
leur joug.
[154] Par les lois des Visigoths, il leur étoit défendu de
contracter des alliances par le mariage avec les Romains. On
peut se rappeler comment les Français traitèrent les peuples des
Gaules. _Si quis ingenus Francum aut hominem Barbarum occiderit
qui lege Salica vivit, sol. 200, culpabilis judicetur. Si Romanus
homo possessor, id est qui res in pago ubi commanet proprias
possidet, occisus fuerit, is qui eum occidisse convincitur, sol.
30 culpabilis judicetur. Si autem Francus Romanum ligaverit sine
causa, sol. 15. culpabilis judicetur._ (Leg. Sal. Tit. 34.) _Si
quis Ripuarius advenam Francum interfecerit, sol. 200. culpabilis
judicetur. Si advenam Burgundionem, 160. sol. advenam Romanum,
100. sol. advenam Alamanum, seu Fresionem, vel Bajuvarium, aut
Saxonem, 160 sol. culpabilis judicetur._ (Leg. Rip. Tit. 36.)
Avec des forces encore moins considérables, le même général, et Narsès
qui lui succéda dans le commandement de l’Italie, y remportèrent
d’assez grands avantages pour ruiner l’empire des Goths. Ces barbares
traitoient l’Italie comme une province ennemie, où ils ne seroient
entrés que pour faire du butin. Ils trouvoient beau de régner dans un
pays dévasté, et ne se doutèrent pas que, pour le conserver, il falloit
qu’ils leur fournissent des subsistances, et qu’ils se ruinoient, en
ruinant la culture des terres, obligés de tirer du dehors les bleds
et les autres choses les plus nécessaires à la vie, ils restoient
à la merci de la première puissance qui auroit une marine, et qui
intercepteroit leurs convois. Bélisaire commença son expédition contre
l’Italie par la conquête de la Sicile, qui en étoit le grenier. Ses
vaisseaux croisèrent sur les côtes d’Italie, et, se saisissant des
vivres qu’on portoit aux Goths, il les obligea d’abandonner les places
maritimes qu’ils occupoient, et leur enleva ainsi une partie de
l’Italie, avant même que d’y être entré. Profitant de la crainte qu’il
avoit inspirée aux Goths, ils les réduisit bientôt à demander une paix,
par laquelle ils se soumettoient à payer à l’empereur un tribut annuel
de cent livres d’or, et à lui prêter des troupes toutes les fois qu’il
en auroit besoin. On ajoute même que le roi Théodat offroit de renoncer
à sa couronne, et de mener une vie privée.
Rien n’est plus misérable que le tableau que commence à présenter
l’empire d’Orient. On voit une nation qui a rassemblé tous les vices
que le despotisme tour-à-tour, cruel, avare, superstitieux, timide,
emporté et voluptueux, peut donner à des hommes qui, dans tous
les temps, avoient été amis du mensonge, de la fourberie et de la
nouveauté. Constantinople est divisée par des factions éternelles;
nulle règle, nul principe; le trône appartient à qui veut l’usurper,
et il est presque toujours la récompense de quelqu’assassinat. Les
révolutions se succèdent rapidement les unes aux autres, et n’ont
souvent d’autre cause que cette inquiétude qui se lasse de l’état
présent des choses, et qui le regrette dès qu’il est changé.
L’ancien goût des Grecs pour la philosophie avoit dégénéré dans leur
décadence en une manie ridicule de sophistiquer. Ils portèrent cet
esprit dans la théologie chrétienne, et épuisèrent toutes les erreurs
où l’esprit humain peut tomber, quand, voulant franchir les bornes
qui lui sont prescrites, il ose sonder les profondeurs infinies de la
sagesse de Dieu. On peut donc se représenter la nation Grecque comme
une nation de théologiens. Chaque parti ne crut jamais mettre assez
de chaleur dans les controverses, ni d’art pour faire triompher la
vérité dont il se flattoit de posséder le dépôt. Ce zèle dégénéra en
emportement, en émeutes, en sédition. Etrange aveuglement de l’esprit
humain! Chaque secte, pour ramener ses ennemis à sa communion, s’en
faisoit détester par ses injustices et ses violences. C’étoit pour les
convertir et les empêcher de se damner qu’on les rendoit malheureux
dans ce monde; et les hommes qui exerçoient cette monstrueuse charité
ne voyoient pas qu’ils se damnoient eux-mêmes en violant les premières
lois de l’évangile et de l’humanité. Les questions théologiques étant
devenues des affaires d’état par les désordres qu’elles causoient,
furent bientôt les seules importantes; il n’est plus question de
repousser les ennemis de l’empire, mais de répondre à un argument;
de faire des préparatifs de guerre, mais de dresser une formule
de foi. Tout fut confondu. Comme les empereurs vouloient se mêler
d’être les juges de la foi, de prononcer des anathêmes, d’ordonner
des excommunications, et de régler la discipline de l’église, les
ecclésiastiques voulurent gouverner les affaires politiques; et quand
on refusa de les entendre, ils causèrent des révolutions à l’exemple
des armées, du sénat, du peuple et des provinces, qui, tour-à-tour,
faisoient leur empereur. Chaque parti élevoit successivement sur le
trône un prince de sa communion, et se servoit de son crédit pour
accabler des ennemis, qui, en recouvrant la faveur, ne mettoient plus
de bornes à leur zèle pour la gloire de Dieu, c’est-à-dire, à leur
vengeance.
Tandis que les Grecs étoient en proie à ces désordres, il se formoit
contre eux un nouvel ennemi, et aussi redoutable que les peuples qui
avoient détruit l’empire d’Occident. Mahomet, au commencement du
septième siècle[155], avoit établi une nouvelle religion chez les
Arabes. Apôtre et conquérant, il persuada et vainquit; et, réunissant
les deux pouvoirs de prince et de pontife, il ordonna aux califes, ses
successeurs, d’étendre sa religion et son empire par les mêmes voies
qui leur avoient donné naissance. Le prophète promit des récompenses
éternelles à ceux qui perdroient la vie en combattant contre les
infidelles, et menaça de l’enfer ceux qui resteroient oisifs dans leurs
maisons, à moins que par des tributs ils ne contribuassent aux frais et
aux succès de la guerre. Les Arabes ou Sarrasins, naturellement braves
et propres à supporter les fatigues de la guerre[156], avoient une
religion et un gouvernement politique qui tendoient de concert à n’en
faire qu’une nation militaire. Ils se précipitoient avec d’autant plus
de confiance au milieu des plus grands dangers, qu’ils se croyoient
martyrs de leur religion, et que les califes leur avoient persuadé
qu’une fatalité aveugle règle le sort des hommes, sans que leur
prudence puisse rien changer à des événemens résolus de toute éternité.
[155] Mahomet mourut en 632. Héraclius régnoit alors à
Constantinople depuis vingt ans. Abubècre, beau-père de Mahomet,
lui succéda; son règne ne dura que deux ans, et il eut pour
successeur Omar, calife, dont le courage et l’habileté étendirent
la réputation des Arabes.
[156] Les Arabes sont nommés sarrasins d’une contrée de l’Arabie
heureuse, appelée _Saraca_ ou _Saracène_.
Les conquêtes des Sarrasins sont une de ces révolutions les plus
extraordinaires que présente l’histoire. Après s’être emparés de
l’Egypte et de la Palestine, et avoir subjugué l’Afrique, ils se
répandent dans l’Asie, enlèvent à l’empire des provinces encore
plus importantes que celles que je viens de nommer, et renversent
la monarchie des Perses. Rien ne sembloit pouvoir s’opposer à ce
torrent débordé; l’Europe même n’étoit pas en sûreté. Tout le monde
sait comment les Sarrasins s’établirent en Espagne sur les ruines des
Visigoths, et de-là pénétrèrent jusque dans le cœur de la France;
comment ils conquirent la Sicile, et combien ils se rendirent
redoutables sur la méditerranée. La rapidité et la continuité de ces
succès seroient un prodige, dont la théologie des Mahométans pourroit
se servir pour prouver la mission de Mahomet, si la foiblesse de
l’empire de Constantinople et de la plupart des monarchies établies par
les Barbares n’avoit rendu tout facile à des hommes aussi braves et
aussi entreprenans que les Sarrasins.
Ils eurent l’audace, sous les règnes de Constantin Pogonat et de Léon
l’Isaurien, d’attaquer la capitale même de l’empire; ce qui la sauva
dans ces circonstances, c’est le feu Grégeois, dont l’invention étoit
due au célèbre Callinique. Ce feu brûloit au milieu des eaux, et les
Grecs en firent usage pour détruire les flottes de leurs ennemis. La
consternation des Arabes fut égale à leur surprise; et n’osant plus
se mettre en mer, ils se contentèrent de faire la guerre dans les
provinces éloignées de la capitale. Ils ne cessèrent d’être heureux
que quand ils cessèrent d’être unis. Les califes, en se multipliant,
perdirent une partie de leur crédit; et comme leur gouvernement étoit
militaire, ils furent méprisés dès qu’ils cessèrent de paroître à
la tête de leurs armées et de les commander, les Sultans, leurs
lieutenans, ne leur laissèrent que le titre et les fonctions de chefs
de la religion, et les divisions domestiques de ces nouveaux monarques
firent le salut de leurs voisins.
L’empire commençoit à respirer lorsqu’il se forma en Asie une
nouvelle puissance, dont les premiers succès devoient faire trembler
les empereurs. Les Turcs, peuple qui tiroit son origine du même
pays que les Huns, et qui, après avoir rendu différens services aux
Grecs, s’étoit établi sur les frontières orientales de l’empire, se
soulevèrent vers la fin du dixième siècle, contre Mahomet, sultan de
Perse, qui les traitoit avec dureté. Dès que cette nation eut connu ses
forces, elle se répandit dans toute l’Asie. Elle ne cherchoit d’abord
qu’à piller; et sous le règne de Constantin Moomaque, les Turcs firent
des courses jusqu’au Bosphore. La foiblesse des empereurs les enhardit,
et quand ils se furent fait un établissement solide, ils ne songèrent
qu’à s’agrandir.
Si les empereurs avoient su se faire une politique conforme à l’état
déplorable de leurs affaires; s’ils avoient pu dépouiller cet orgueil
que Constantin avoit laissé à ses successeurs, comme aux héritiers
de la grandeur des Romains, et renoncer aux idées d’une monarchie
universelle, quand il ne s’agissoit que de n’être pas détruits par
les infidelles, ils auroient peut-être profité de ce zèle indiscret
qui arma tout l’Occident pour la délivrance des saints lieux. Mais
ces princes se comportèrent comme des hommes foibles, à qui le danger
le plus voisin paroît toujours le plus grand. Les infidelles les
alarmoient; et quand ils virent approcher de Constantinople ces
armées nombreuses qui méditoient la conquête de la Terre-Sainte, ils
ne regardèrent plus les croisés que comme leurs ennemis. Il en faut
convenir, il sembloit que les Occidentaux, lassés d’avoir une patrie,
eussent repris cet esprit d’inquiétude et de brigandage qu’avoient
eu leurs pères. Les croisés, assez peu sensés pour croire que leur
expédition seroit agréable à Dieu, ne se doutèrent pas des obstacles
sans nombre qui s’y opposoient; ou comme s’ils eussent compté que la
providence répareroit leurs fautes par des miracles continuels, ils
ne songèrent pas même aux moyens d’arriver dans la Palestine, qu’ils
vouloient conquérir. Ces pélerins guerriers, toujours sans subsistance
et à la veille de périr, se voyoient réduits à piller les provinces où
ils passoient. De pareils hôtes devoient être fort incommodes; mais
puisque les empereurs n’étoient pas en état de leur fermer l’entrée de
la Grèce, il n’y avoit pour eux d’autre parti à prendre que celui de la
douceur et de la conciliation. Au lieu de chicaner les Occidentaux[157]
sur des conquêtes qu’ils ne feroient vraisemblablement pas, il falloit
n’avoir avec eux qu’un même intérêt. Les empereurs ne purent s’y
résoudre. Je ne sais quelle dignité qu’ils affectoient ne parut que de
l’orgueil et les rendit ridicules. Au défaut de la force ils eurent
recours aux ruses, à la finesse, aux subtilités; et c’étoit précisément
le moyen le plus infaillible de se faire mépriser des Occidentaux, dont
une certaine franchise, qu’ils devoient à l’esprit de chevalerie, étoit
peut-être la seule vertu.
[157] Les empereurs prétendoient que les croisés leur prêtassent
hommage pour les terres qu’ils se préparoient à conquérir sur les
infidelles.
Nos chroniques sont pleines des perfidies que les croisés éprouvèrent
de la part des empereurs; ils s’en vengèrent en les chassant de leur
capitale. Il étoit naturel qu’ils crussent gagner dans la Grèce
les indulgences qui les attendoient dans la Palestine[158], s’ils
s’emparoient de Constantinople pour y établir le rit des Latins, et
faire cesser un schisme qui rendoit les Grecs peut-être aussi odieux
que les infidelles. La domination des Latins dans la Grèce ne fut pas
longue, mais les empereurs Grecs, en recouvrant leur capitale, virent
de jour en jour leur ruine plus certaine. Ces guerres d’outre-mer,
dont les Occidentaux étoient enfin désabusés, n’avoient servi qu’à
inspirer plus de haines aux infidelles contre les chrétiens. Ils
étoient impatiens de se venger, et c’étoit sur l’empire que devoient
tomber tous leurs coups. «Conformément à notre sainte foi, disoit
Osman I, sultan des Turcs, invitons d’abord avec douceur les princes
chrétiens à recevoir la religion du prophète de Dieu. S’ils résistent à
nos invitations, il faut les déclarer ennemis de Dieu et de la vérité;
et, le fer et le feu à la main vaincre leur incrédulité, les soumettre
à notre culte, ou les punir de leur endurcissement.» Les infidelles,
faisant sans cesse de nouveaux progrès en Asie, étendirent leur
domination jusqu’au Bosphore. Les empereurs mendièrent inutilement des
secours dans la chrétienté; ils furent obligés de permettre aux Turcs
de bâtir des forts dans la Grèce; et Constantinople, déjà soumise à ses
ennemis avant que d’être devenue leur proie, succomba enfin sous les
armes de Mahomet III.
[158] Il ne faut pas douter que la religion ne soit entrée pour
beaucoup dans l’entreprise des croisés sur l’empire. Voyez
les lettres que Beaudoin, comte de Flandres, et élu empereur,
adresse, l’une à tous les chrétiens, et l’autre au pape. _Manus
domini hæc operatur_, dit-il dans la première; mais il prend un
ton plus emphatique dans la seconde. _Amantissime pater, vocate
cœtum, congregate populum, coadunate senes et sugentes ubera,
sanctificate diem acceptabilem domino, diem stabiliendæ unitatis
et pacis._
_Fin du Tome quatrième._
TABLE
De ce que contiennent les Observations sur les Romains.
AVERTISSEMENT. pag. 253
SOMMAIRES. 255
LIVRE PREMIER. 258
LIVRE SECOND. 314
LIVRE TROISIÈME. 373
LIVRE QUATRIÈME. 422
LIVRE CINQUIÈME. 475
LIVRE SIXIÈME. 534
FIN DE LA TABLE.
* * * * *
Corrections et notes: