Les idées de Hegel sur l’art, la science, la religion sont les
suivantes. A l’abri de l’État qui leur est nécessaire pour qu’ils se
développent en paix, en sécurité et en liberté, les sciences, les
lettres, l’art, la religion poursuivent des fins, non pas supérieures à
celles de l’État, mais autres que celles de l’État. Ils cherchent, sans
détacher l’individu de la société, à l’unir au monde entier. Les
sciences, lui font connaître ce qu’elles peuvent de la nature et de ses
lois; les lettres, en étudiant l’homme en lui-même et dans ses relations
avec le monde, le pénètrent du sentiment de la concordance possible de
l’individu avec l’univers; les arts lui font aimer la création en
démêlant et en mettant en lumière et en relief tout ce qu’elle a de beau
relativement à l’homme et tout ce qui, par conséquent, doit la lui
rendre aimable et respectable et chère; la religion, enfin, cherche à
être un lien entre tous les hommes et un lien entre tous les hommes et
Dieu; elle esquisse le plan de la fraternité universelle qui est comme
l’état dernier, idéalement, de l’humanité, état sans doute qu’elle
n’atteindra jamais, mais qu’il est essentiel qu’elle imagine et qu’elle
croie possible, sans quoi elle serait toujours attirée vers l’animalité
plus et beaucoup plus qu’elle ne l’est.
La philosophie hegelienne a eu non seulement sur les études
philosophiques, mais sur l’histoire, sur la littérature, sur l’art, une
influence immense dans toute l’Europe. On peut la considérer comme le
dernier _système universel_ et comme le plus hardi qui ait été tenté par
l’esprit humain.