Le monde

Ainsi sûr de lui, de Dieu et du monde, Descartes étudie le monde et lui.

Dans le monde il voit des âmes et de la matière; la matière c’est la

substance étendue, les âmes c’est la substance non étendue, la substance

spirituelle. La substance étendue est douée de mouvements. Est-ce elle

qui s’est donné le mouvement, sont-ce les corps qui se meuvent? Non, ils

sont mus. Quel est le premier moteur? C’est Dieu. Les âmes sont des

substances sans étendues et des forces motrices. A cet égard elles sont

analogues à Dieu même. Elles sont unies au corps et agissent sur eux.

Comment? C’est un mystère impénétrable; mais elles sont unies

étroitement, substantiellement au corps, ce qui est prouvé par les

douleurs physiques déprimant l’âme et les douleurs morales déprimant les

corps; et elles agissent sur eux, non point qu’elles créent des

mouvements, car la quantité de mouvements est toujours la même; mais

elles dirigent les mouvements en tel sens ou tel autre. Les âmes étant

spirituelles il n’y a pas de raison pour qu’elles se désagrègent

c’est-à-dire meurent et en effet elles ne meurent pas.

C’est pour cela que Descartes tient extrêmement à ce que les animaux

n’aient pas d’âme. S’ils avaient une âme elle serait spirituelle, elle

ne serait pas susceptible de désagrégation et serait immortelle. «Il n’y

a pas après l’athéisme de doctrine plus dangereuse et détestable que

celle-là», mais les animaux n’ont pas d’âmes, sont de purs mécanismes;

Descartes s’efforce à le prouver par un grand détail et il échappe ainsi

à la nécessité ou d’avouer immortelle l’âme des bêtes ce qui lui est

odieux, ou, en les faisant périr avec les corps, d’essuyer l’objection:

«N’en serait-il pas de même pour l’âme des hommes?»

Initiation philosophique · 第 129 / 209 题