Pierre d’Ailly, Gerson

Pierre d’Ailly, très grand personnage ecclésiastique, grand-maître du

collège de Navarre, chevalier de l’Université de Paris, cardinal, chef

dans les discussions des conciles de Pise et de Constance, réformateur

très décidé des mœurs et coutumes de l’Église, n’avait pas une très

grande originalité comme philosophe, mais soutenait les doctrines déjà

connues du nominalisme avec une puissance de dialectique extraordinaire.

Il eut parmi ses élèves Gerson, chancelier lui aussi de l’Université de

Paris, réformateur lui aussi très zélé et très énergique, ennemi plus

déclaré encore et de la scolastique et du mysticisme et de l’ascétisme

outré et de l’astrologie, éminemment moderne dans le meilleur sens du

mot et qui eut des ennemis religieux et politiques qui l’honorent. Il a

écrit beaucoup de petits livres de vulgarisation scientifique,

religieuse et morale. On lui a longtemps attribué l’_Imitation de

Jésus-Christ_ qui, tout compte fait, ne lui ressemble guère; mais qu’il

aurait très bien pu écrire dans sa vieillesse, dans sa retraite, dans le

silence paisible et résigné des Célestins de Lyon.

Initiation philosophique · 第 110 / 209 题