La prodigieuse rapidité des succès du christianisme s’explique assez
aisément. Le polythéisme n’avait plus une grande influence sur les
foules et aucune doctrine philosophique n’avait trouvé le chemin des
foules, ni même ne l’avait cherché; le christianisme, essentiellement
populaire, aimant les humbles, aimant les petits, ayant tendance à les
préférer aux grands de la terre et à les considérer plus que ceux-ci
comme enfants de Dieu, fut reçu par les foules comme la seule doctrine
pouvant remplacer le polythéisme vermoulu et elles virent dans le
christianisme la religion qu’elles attendaient et dans les chefs du
christianisme leurs protecteurs et défenseurs.