Sa morale et sa politique

La morale d’Aristote tantôt se rapproche de celle de Platon, comme quand

il pense que le souverain bonheur c’est le souverain bien et que le

souverain bien est la contemplation de la pensée par la pensée, la

pensée se suffisant à elle-même, ce qui est bien, à très peu près,

l’imitation de Dieu que recommandait Platon; tantôt est au contraire

très pratique et presque médiocre, comme quand il la fait consister dans

un milieu entre les extrêmes, dans une juste mesure, dans un certain

tact, art plutôt que science et science pratique plutôt que conscience,

qui saura faire distinguer quelles sont les pratiques convenables à

l’honnête homme et homme bien né. Il est juste d’ajouter que dans le

détail et quand il décrit l’honnête homme pour ainsi dire, c’est à des

vertus, sinon sublimes du moins singulièrement élevées, tout compte

fait, qu’il nous convie.

Sa politique, très confuse (le livre qui la contient ayant été, selon

toute apparence, fait de pièces et de morceaux et de différentes parties

de son cours après sa mort), est surtout une revue des diverses

constitutions politiques qui existaient dans tout le monde grec. Les

tendances, car il n’y a pas de conclusions, en sont très aristocratiques

encore, mais moins radicalement aristocratiques que celles de Platon.

Initiation philosophique · 第 42 / 209 题