Xénophe de Colophon est, lui aussi, un _unitaire_. Il n’admet qu’un Dieu
et paraît être de tous les philosophes anciens, le plus opposé à la
mythologie, à la croyance en des dieux multiples et ressemblant à des
hommes, doctrine qu’il méprise comme immorale. Il y a un Dieu éternel,
immuable, immobile, qui n’a pas besoin de se transporter d’un lieu à un
autre, qui est _sans lieu_ et qui gouverne tout par sa seule pensée.
Poussant plus loin, Parménide se dit que, si celui-là seul existe
réellement qui est un et qui est éternel et qui ne change pas, tout le
reste, non seulement lui est inférieur mais n’est qu’_apparence_ et que
nous tous, terre, ciel, végétaux, animaux, hommes, nous ne sommes qu’une
grande illusion, que fantômes, que mirage, qui disparaîtraient, qui
n’existeraient plus et qui n’_auraient jamais existé_ si nous pouvions
apercevoir l’être en soi.