Pythagore paraît être né vers 500 avant Jésus-Christ, dans l’île d’Élée,
avoir beaucoup voyagé et s’être fixé enfin dans la Grande Grèce (Italie
méridionale). Pythagore, comme Empédocle, fut une espèce de mage ou de
dieu. Sa doctrine fut une religion, le respect dont il fut entouré un
culte, les habitudes qu’il imposa à sa famille et à ses disciples des
rites. Ce qu’il enseignait était que les véritables réalités, ce qui ne
change pas, étaient les nombres. La réalité à la fois fondamentale et
suprême est le _un_; l’être qui est un est Dieu; de ce nombre qui est un
dérivent tous les autres nombres qui sont le fond même des êtres, leur
raison intime, leur essence; nous sommes des nombres plus ou moins
parfaits; chaque chose créée est un nombre plus ou moins parfait. Le
monde, du reste, régi ainsi par des combinaisons de nombres a toujours
existé et existera toujours. Il se développe, seulement, selon une série
numérique dont nous n’avons pas la clef mais que nous pouvons
soupçonner. Quant à la destinée humaine elle est celle-ci: nous avons
été des êtres animés, hommes ou animaux; selon que nous aurons bien ou
mal vécu, nous revivrons dans les corps d’hommes supérieurs ou d’animaux
plus ou moins inférieurs. C’est la doctrine de la _métempsychose_, qui a
eu beaucoup de partisans chez les anciens, et même, d’une façon plus ou
moins fantaisiste, chez les modernes.
On attribue à Pythagore un certain nombre de maximes en vers, que l’on a
appelées les _Vers dorés_.