Anaxagore de Clazomène, surtout physicien, vint s’établir à Athènes,
vers 470 avant Jésus-Christ, fut le maître et l’ami de Périclès, fut sur
le point d’être mis à mort, comme Socrate le fut plus tard, pour crime
d’indifférence à la religion des Athéniens et dut se réfugier à
Lampsaque, où il mourut. Comme Anaximandre il croyait que tout sort d’un
je ne sais quoi indéterminé et confus; mais il ajoutait que ce qui
faisait sortir les choses de cet état, c’était l’intelligence
organisatrice, l’esprit, comme chez l’homme c’est l’intelligence qui
tire les pensées du flottement cérébral et fait d’une idée confuse une
idée claire. Anaxagore a eu une influence presque incomparable sur la
philosophie grecque des temps classiques.
Empédocle d’Agrigente qui fut une sorte de magicien et de grand-prêtre
et pour ainsi dire de dieu, dont la vie et la mort sont du reste mal
connues, semble avoir été un cerveau très encyclopédique. La doctrine
des quatre éléments est de lui, et c’est-à-dire que les philosophes qui
l’avaient précédé donnaient pour principe unique des choses, les uns
l’eau, les autres l’air, les autres le feu, les autres la terre et que
lui les considéra tous quatre comme, à titre égal, les éléments premiers
de tout. Il croyait que le monde est mené par deux forces contraires:
l’amour et la discorde, ce qui veut éternellement unir et ce qui veut
éternellement séparer. A travers cette lutte un mouvement d’organisation
se fait, sans cesse retardé par la discorde, sans cesse favorisé par
l’amour et de ce mouvement sont sortis d’abord les végétaux, puis les
animaux inférieurs, puis les animaux supérieurs, puis les hommes. Il y a
dans Empédocle soit des souvenirs évidents de la religion du Persan
Zoroastre (opposition perpétuelle des deux grands dieux, celui du bien
et celui du mal) soit une coïncidence curieuse avec cette doctrine, qui
se retrouvera plus tard chez les Manichéens.