_Chapelle Gondi_
_Chapelle Gaddi_
_Choeur_
_Chapelle Philippe Strozzi_
_Petit Cloître_
_Chapelle Strozzi_
_Transsept gauche_
_Transsept droit_
_Chapelle Rucellai_
_Chapelle des Espagnols_
_Sacristie_
_Nef_
_Campo Santo_
_Côté du grand Cloître_
_Cloître Vert_
_Avelli_
_Avelli_
_Passage du Cloître_
_Place Santa Maria Novella_
_Cour_
Entrée de l'Ancien Couvent.
+A l'intérieur+, l'église produit une médiocre impression, et le
manque de proportion entre la largeur et la hauteur est d'un mauvais
effet architectural.
Sur le mur d'entrée se trouve une précieuse fresque de MASACCIO,
malheureusement abîmée et très mal éclairée. Sous une belle et sévère
architecture s'enfonce une magnifique perspective simulée par une voûte à
caissons de pierre, à l'extrémité de laquelle se tient debout Dieu le
Père, la tête touchant au plafond. Cette admirable figure, d'une ampleur
et d'une majesté saisissantes, est certainement une des plus belles de la
Renaissance. La tête sévère regarde sans voir, les yeux perdus dans
l'immensité. Placée en terre au-dessous de lui est la croix dont il
soutient les bras avec ses mains et sur laquelle est attaché le Christ
dont la tête penchée porte l'expression d'une douleur profonde. Au pied
de la croix se tiennent debout la Vierge et saint Jean. Masaccio, rompant
avec la tradition, au lieu de représenter la Vierge toujours jeune, l'a
résolument peinte sous les traits d'une vieille femme dont le corps usé
et fatigué a perdu toute sveltesse et dont le visage ravagé a subi toutes
les douleurs, sans pour cela perdre l'expression d'une sérénité presque
auguste. En face d'elle, saint Jean fait contraste, tant sa poignante
douleur est bien humaine et opposée à la sérénité des êtres divins qui
l'entourent et que rien ne saurait atteindre.
En dehors de l'arcade et complètement séparés sont agenouillés les beaux
portraits du donateur et de la donatrice, d'une vie et d'un relief
saisissants.
Le fond droit du transept est fermé par la +Chapelle Ruccellai+ à
laquelle on accède par un double escalier. Au fond de la chapelle est la
fameuse _Vierge_ de CIMABUE, figure colossale peinte sur bois. Il
est malaisé, en voyant aujourd'hui l'hiératisme raide et maladroit de
cette peinture, de s'imaginer la révolution profonde qu'en 1280 causa son
apparition. C'est d'elle que peuvent réellement dater les premières
tentatives de l'art pour s'émanciper des formules byzantines si négatives
de toute originalité.
Il ne faut pas oublier non plus que l'élève et le successeur immédiat de
Cimabue fut Giotto, c'est-à-dire le génie dans lequel tout l'art italien
devait être contenu en germe. Quand un maître a su, comme Cimabue, former
une pareille individualité, l'on ne pourrait trop exalter en lui la
beauté du caractère et l'intégrité des sentiments. L'estime de ses
concitoyens pour lui était telle que la Vierge de Santa Maria y fut
transportée processionnellement, «la République se plaisant par de si
grands honneurs à rendre hommage aux vertus du peintre et du citoyen».
A droite dans la chapelle, le _tombeau de la Beata Villana del
Cerchi_ fut exécuté par ROSSELLINO en 1451.
La Sainte, gardée par deux anges, repose sous un baldaquin, les mains
croisées et les pieds nus.
A droite du choeur est la +Chapelle Philippe Strozzi+. Derrière
l'autel se trouve son tombeau exécuté en 1459 par BENEDETTO DA MAJANO
dont il avait été le plus zélé protecteur. Dans la forme grêle du
sarcophage de marbre noir et dans les anges qui l'entourent se sent déjà
le déclin de la sculpture à la fin du XVe siècle.
En 1502, FILIPPINO LIPPI, à son retour de Rome, fut appelé par les
Strozzi à peindre la décoration de leur chapelle. Il était à ce moment
sous l'influence directe de Raphaël et sa manière procédait directement
de lui avec toutefois une exagération de style frisant le mauvais goût.
Aussi la composition des fresques de la chapelle Strozzi est-elle
défectueuse; l'architecture désordonnée et tourmentée laisse fort à
désirer, enfin l'effet seul est cherché sans aucune préoccupation du
sentiment.
La fresque de droite représente les _Miracles de Saint Jean
l'Évangéliste_, scène bizarre où se confondent les costumes les plus
disparates de tous les peuples connus. Celle de gauche est consacrée à un
_Miracle de Saint Philippe_ ressuscitant une morte.
Le vitrail de la fenêtre fut également composé par Filippino Lippi.
+Le choeur+ est décoré des admirables _fresques_ de DOMINIQUE
GHIRLANDAJO peintes en 1490 sur la commande de Jean Tornabuoni.
Ce qui frappe surtout en elles, c'est la grâce noble et tranquille des
personnages, c'est la vie ordinaire des Florentins d'alors; ce qui les
rend si intéressantes, c'est la civilisation, c'est le costume d'une
époque dont elles sont les plus précieux documents.
Avec de si grandes qualités, le défaut qu'on pourrait justement leur
reprocher serait de manquer de grandeur dans l'expression des idées,
d'embourgeoiser presque les sujets sacrés qu'elles relatent. Pour
Ghirlandajo, la Naissance de la Vierge est simplement la naissance d'un
enfant noble du XVe siècle, avec le cortège des visites de félicitation
et le défilé des amis; comme dans la Naissance de saint Jean-Baptiste, il
peint la nourrice donnée aux petits Florentins d'alors et la collation
prise par la mère après l'événement. Si cette façon d'interpréter
l'histoire de la Vierge ou du Précurseur répond mal à la grandeur des
faits, il faut pourtant bien reconnaître que personne à l'égal de
Ghirlandajo n'eût été capable, avec un tel point de départ, d'arriver
d'une telle manière à ses fins.
Dans l'admirable poussée de la peinture au XVe siècle, il est impossible
que certains ordres d'idées et de sentiments, certains modes
d'interprétation, même à égalité de talent, ne répondent pas mieux que
d'autres à l'esthétisme individuel de tel ou tel artiste. En matière
d'art, l'éclectisme est la loi de la critique; il consiste à reconnaître
la beauté de l'oeuvre en elle-même et sous quelque forme qu'elle se
présente, car, là où la recherche de la perfection a été égale, il n'est
que juste de l'apprécier dans ses manifestations les plus divergentes. Il
faut aussi admirer sans réserve les belles et graves figures des
contemporains de Ghirlandajo animées d'une vie et d'un mouvement
singuliers.
Les fresques sont disposées, de chaque côté du choeur, sur trois rangées
de deux sujets chacune; elles sont terminées par une lunette et séparées
les unes des autres par des motifs architecturaux. Celles de la partie
supérieure ont malheureusement trop souffert pour qu'il soif facile de
les distinguer.
FRESQUES DE GHIRLANDAJO
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| _Mur de gauche_ _Mur de droite_ |
| |
| HISTOIRE DE LA VIERGE HISTOIRE DE St JEAN-BAPTISTE |
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| ____________________________ ____________________________ |
| | | | | |
| | +ASSOMPTION+ | CHOEUR | +FESTIN D'HÉRODE+ | |
| ___|__________________________|__ ___|__________________________|___ |
| | | | | | | |
| | 5 | 6 | | 6 | 5 | |
| | | | | | | |
| | ADORATION | MASSACRE | | BAPTÊME DE |PRÉDICATION | |
| | | | | |DE St JEAN | |
| | DES MAGES | DES INNOCENTS | | JÉSUS-CHRIST |DANS LE DÉSERT | |
| |________________|_______________| |________________|_______________| |
| | | | | | | |
| | 3 | 4 | | 4 | 3 | |
| | | | | | | |
| | PRÉSENTATION | MARIAGE | | ZACHARIE ÉCRIT | NAISSANCE | |
| | | | | | DE St JEAN- | |
| | AU TEMPLE | DE LA VIERGE | | LE NOM DE JEAN | BAPTISTE | |
| |________________|_______________| |________________|_______________| |
| | | | | | | |
| | 1 | 2 | | 2 | 1 | |
| | | | | | | |
| | JOAQUIM EXPULSÉ| NAISSANCE | | | ZACHARIE | |
| | | | | LA VISITATION | | |
| | DU TEMPLE | DE LA VIERGE | | | AU TEMPLE | |
|_|________________|_______________|___|________________|_______________|_|
MUR DE DROITE.--HISTOIRE DE LA VlERGE.
I.--_Joachim chassé du temple_.
Dans cette superbe composition, les deux groupes de droite et de gauche
sont particulièrement intéressants par les personnages célèbres qu'ils
représentent. A gauche, le vieillard sans barbe est Baldovinetti, qui
enseigna la peinture et la mosaïque à Ghirlandajo; celui qui, la tête
nue, a la main sur la hanche et porte un petit pourpoint bleu et un
manteau rouge, est Ghirlandajo lui-même; le personnage aux grosses lèvres
et à la chevelure noire est Mainardi, son élève; enfin celui vu de dos
est le frère du peintre, David Ghirlandajo.
II.--_La Naissance de la Vierge_.
Une des plus belles fresques de la série.
Dans une riche chambre florentine, sainte Anne, femme déjà âgée, est
couchée tout habillée sur son lit placé sur une estrade. Derrière elle
une servante verse de l'eau dans un bassin. Relevée sur un coude, elle
contemple la petite Marie dans les bras d'une belle dame assise au milieu
de la composition, tandis que de nobles visiteuses s'avancent sur la
gauche, vêtues de leurs somptueux habits de fête.
Ces femmes sont la fleur de la société florentine; on sent qu'elles ont
tenu à honneur de figurer dans cette oeuvre et de venir poser devant le
maître. Chacune a son individualité propre, et ces beaux traits
florentins si vifs, si intelligents, si presque modernes d'expression.
III.--_Présentation au Temple_.
IV.--_Mariage de la Vierge_.
V.--_Adoration des Mages_.
VI.--_Massacre des Innocents_.
VII.--(Lunette) _Mort de la Vierge_.
Composition en partie détruite.