RIVE DROITE (OUEST)

+DE SS. APOSTOLI A OGNISSANTI+

+SS. APOSTOLI, SANTA TRINITA, VIA TORNABUONI, PALAIS SAN JACOPO IN

RIPOLI, SANTA MARIA NOVELLA, SAINT-FRANÇOIS VANCHETTONI, OGNISSANTI+.

+SS. APOSTOLI+, vieille basilique reconstruite au XVe siècle, dont

la fondation, d'après une inscription placée près du portail, remonterait

à Charlemagne.

+A l'intérieur+, au fond du bas-côté de gauche, se trouve un beau

_ciborium_ en terre vernissée d'ANDREA DELLA ROBBIA. A côté, tombeau

d'_Oddeo Altoviti_ en forme de sarcophage richement sculpté, bel

ouvrage de BENEDETTO DA ROVEZZANO.

+Le Palais Rucellai+ (20, Via Vigna Nuova) fut un des premiers

ouvrages du grand architecte florentin LEONE BATTISTA ALBERTI qui le

construisit en 1460, et y appliqua pour la première fois l'ordre rustique

et les pilastres.

L'ancienne +loggia+ du palais qui lui faisait face a ses arcades

aujourd'hui murées.

+LA PLACE SAINTE-TRINITÉ+ s'étend près du pont Santa Trinita. A

l'angle de la place et du Lung Arno se trouve +le Palais Spini+ dont

la masse carrée a le caractère sévère de la forteresse (XIVe siècle). A

côté, le palais +Salimbeni+ (Hôtel du Nord) fut construit en 1520

par Baccio d'Agnolo.

+L'ÉGLISE SAINTE-TRINITÉ+, construite en 1250 par NICOLAS PISANO,

fut remaniée en 1570 par BUONTALENTI. Elle comporte trois nefs à arcs

ogivaux soutenus par le pilier carré romain qu'employa Pisano dès le

XIIIe siècle. Sur le transept s'ouvrent le choeur et quatre chapelles.

En entrant par la porte latérale (sur la via Parione) garnie d'«Avelli»,

la première chapelle du transept est la +chapelle Sassetti+, décorée

en 1485 par DOMINIQUE GHIRLANDAJO de six fresques consacrées à _Saint

François d'Assise_, commandées par François Sassetti. Dans la partie

supérieure du mur du fond, le pape Honorius approuve la règle de l'ordre;

dans la partie inférieure, saint François ressuscite un enfant de la

maison Spini. Cette scène, très intéressante par sa composition, se passe

sur la place Santa Trinita, devant l'église et le palais Spini; au bas

sont les donateurs, François Sassetti et sa femme Nera Corsi. Au haut de

la fresque du mur de droite, saint François devant le Sultan; au-dessous,

les funérailles de saint François, belle composition inspirée de la

fresque identique du Giotto à Santa Croce.

De chaque côté de la chapelle, enfermés dans une niche cintrée, encadrée

de délicats bas-reliefs inspirés de l'antique, se trouvent les tombeaux

de _Francesco Sassetti_ et de _Nera Corsi_, ouvrages

remarquables de JULES DE SANGALLO. Les sarcophages en marbre noir sont

simplement ornés de bucranes.

+LA VIA TORNABUONI+ prolonge la place Santa Trinita et contient le

plus beau palais de Florence, le +PALAIS STROZZI+. Commencé en 1489

sur les plans de BENEDETTO DA MAJANO pour le célèbre Philippe Strozzi,

l'adversaire acharné des Médicis, il ne fut achevé qu'en 1553. Le plus

beau des palais florentins à bossages, ses trois façades sont d'ordre

rustique uniforme, une simple plinthe servant d'appui aux étages percés

de belles fenêtres géminées.

La caractéristique du palais Strozzi est dans les superbes lanternes

cylindriques en fer forgé placées à ses angles. Décorées des Croissants,

armes des Strozzi, elles sont hérissées de pointes recourbées qui en

forment le couronnement.

Des porte-flambeaux et des anneaux en fer forgé décorent la façade.

+LE PALAIS STROZZINO+, de même style, mais moins vaste, est situé

derrière le palais Strozzi, sur une petite place.

+PALAIS CORSINI+. _Galerie_.

N° 167.--BOTTICELLI. _La Vierge, l'Enfant et deux Anges_.

Tableau de la jeunesse du maître, peint encore sous l'influence directe

de Fra Filippo Lippi, mais avec une profondeur de coloris tout autre.

N° 162.--FILIPPINO LIPPI. Médaillon, _la Vierge et l'Enfant entourés

d'anges_, un des premiers ouvrages de Filippino et une des rares

oeuvres peintes sous l'influence directe de son père.

N° 5.--MEMLING. Très beau portrait d'homme, de la première manière de

Memling, sous l'inspiration de Roger Van der Weyden.

SIGNORELLI. Ravissant et délicat tableau de _la Vierge avec l'Enfant,

entourés de Saint Jérôme et de Saint Bernard_.

+PALAIS ANTINORI+, belle et sévère façade de Jules de Sangallo.

+PALAZZO STROZZI+, joli petit bas-relief de Luca. La place

Sainte-Marie Nouvelle est décorée de deux petits obélisques de marbre de

1608 reposant sur des tortues de bronze. Ils servaient de but pour les

courses au quadrige instituées par Cosme Ier, en 1563.

+LA LOGGIA SAINT-PAUL+, placée en face de l'église sur un des côtés

de la place, a été construite par BRUNELLESCHI en 1451. C'est un long

portique dont les écoinçons furent ornés par la suite de

_médaillons_ vernissés, mauvais ouvrage des continuateurs des DELLA

ROBBIA.

A l'extrémité du portique, la lunette d'une porte est occupée par une des

plus belles oeuvres d'ANDREA DELLA ROBBIA, _la Rencontre de Saint

Dominique et de Saint François_, composition d'une intensité et d'une

profondeur de sentiment remarquables.

+SAINTE-MARIE NOUVELLE+. Pendant que l'ordre de Saint François se

restreignait dans la pauvreté et la simplicité primitives imposées par

son fondateur, l'ordre de Saint-Dominique, suivant l'esprit du sien, se

répandait sur toute l'Italie et empiétait dans des proportions si

considérables, que Florence, dès le XVe siècle, se trouva obligée de se

défendre contre lui. Chassés et proscrits, après un court exil les

dominicains revinrent plus puissants que jamais et possédèrent bientôt

six couvents tant à Florence qu'à Fiesole, dont celui de Sainte-Marie

Nouvelle fut un des premiers.

L'église fut commencée en 1278 par deux dominicains, FRA SISTO et FRA

RISTORO, sur l'emplacement d'une église primitive dédiée à la Vierge;

elle prit de là le surnom de «Nouvelle». On est frappé encore ici de la

préoccupation de construire grand, qui semble avoir été le but unique des

architectes italiens des XIIIe et XIVe siècles et dont le résultat,

toujours identique, est une froideur et une sécheresse désagréables dans

leur nudité presque protestante. Appuyé à l'édifice, subsiste le

campanile carré de l'église primitive. Il est, par extraordinaire, du

plus pur style roman et ses deux derniers étages, ajourés de part en

part, ne sont formés que d'arcatures soutenues sur de sveltes

colonnettes; il en acquiert une légèreté aérienne. Il reste encore de

l'ancienne construction les six élégants «Avelli» de la façade; ces

sortes de niches ogivales servaient chacune de tombes collectives aux

plus nobles familles florentines dont elles portaient les armoiries.

LEONE BATTISTA ALBERTI acheva en 1460 toute la décoration extérieure de

Sainte-Marie Nouvelle. Il exécuta en premier lieu le revêtement en marbre

blanc et noir de la façade, et comme il s'en tint au style gothique déjà

employé, ce style, sous la main du plus grand architecte de la

Renaissance, gagna une singulière élégance. Leone Battista coupa sa

façade en trois ordres: les portes latérales accompagnées des Avelli

anciens et d'arcatures aveugles lui formèrent le premier, tandis qu'il

composait le second, fortement en retrait, d'une simple et large frise

supportant comme troisième ordre le beau pignon terminal. Au milieu de la

façade, il inscrivit la haute porte principale, qu'il fit monter presque

jusqu'au pignon et qui, flanquée de ses quatre massives colonnes

corinthiennes, produit un effet grandiose dans sa simplicité. Sur le côté

gauche de l'église en retour d'équerre, d'autres Avelli s'étendaient

contre le mur du couvent; mais comme ils ne suffisaient plus par suite de

la mode de se faire enterrer à Sainte-Marie Nouvelle, Alberti dut

construire, à droite de l'église et formant retour sur la rue

Belle-Donne, une sorte de Campo Santo formé d'un mur bas à bandes de

marbre alternées où il disposa des Avelli intérieurs et extérieurs

construits sur le modèle des anciens et aménagés de la même façon.

[Illustration:_Sainte Marie Nouvelle_]

Florence historique, monumentale, artistique · 第 47 / 76 题