+2° Salle B+.
N° 1257.--FILIPPINO LIPPI. _L'Adoration des Mages_ (1496). Une
certaine sécheresse dans la facture de ce tableau le rattacherait plutôt
au style de Ghirlandajo qu'à celui de Masaccio, le maître de Filippino.
N° 1268.--FILIPPINO LIPPI. _La Vierge et quatre Saints_. Composition
très supérieure à la précédente. La Vierge et l'Enfant assis sur un trône
sont entourés des saints Victor et Jean-Baptiste et des saints Bernard et
Zenobe. Ce dernier est une figure de vieillard de toute beauté.
N° 1112.--ANDREA DEL SARTO (1487-1531). _La Vierge avec l'Enfant, saint
François et saint Jean l'Évangéliste_. Dans ce tableau célèbre se
reconnaissent les qualités de coloris, de charme et de grâce extrême,
propres à Andrea, mais aussi son absence totale de sentiment religieux et
son impuissance à éprouver une émotion vraie.
N° 1279.--_Sodoma_. ANT. BAZZI (dit le Sodoma) (1477-1549). Saint
Sébastien. Tableau peint pour servir de bannière à la confrérie de
Saint-Sébastien à Sienne. Le martyre du Saint en occupe une des faces et
l'autre est consacrée à la Vierge avec l'Enfant, accompagnés de sainte
Gismonda, oeuvre admirable d'une sincérité et d'une conviction qui ne
laissent aucune place à la convention ou à l'a peu près.
N° 1252.--LEONARD DE VINCI. _L'Adoration des Mages_. Esquisse d'un
tableau disparu, exécuté en 1478 pour le Palais Vieux. Tout incomplète
que soit cette composition traitée en clair obscur, elle témoigne de la
prodigieuse sincérité de Léonard et de la conscience avec laquelle il se
livrait aux plus minutieuses études pour la moindre composition. Il a
cherché ici le contraste violent entre le calme des personnages en
adoration sur le premier plan et l'agitation des figures du second plan
où se poursuivent des luttes et des combats.
N° 1257.--FILIPPO LIPPI (1454-1504). _Adoration des Rois_. Une des
oeuvres les plus remarquables et les plus considérables du maître.
Commandée en 1496 par les Médicis, l'artiste dut y représenter leurs
portraits sous les traits des Rois Mages, et il groupa dans leur suite
ceux de tout ce que Florence alors comptait d'hommes illustres.
N° 1288.--LÉONARD DE VINCI. _L'Annonciation_. Ce tableau en longueur
fut exécuté en 1471, pendant que Léonard était encore sous la direction
de Verrocchio. Il avait été commandé par le couvent de Monte Oliveto, et
si l'on sent encore quelque inexpérience dans la couleur un peu lourde et
dans l'emploi d'architectures trop surchargées, les figures et les
paysages sont déjà traités avec un art consommé.
Rien ne peut rendre le charme et la grâce de la Vierge, la noblesse de
son attitude, l'ampleur de ses vêtements. Assise sur une terrasse au
seuil de sa maison, elle lit un livre placé sur un pupitre dont la base
est un admirable autel antique.
L'Archange reposant à peine sur terre, tant il semble encore soutenu par
ses ailes déployées, s'agenouille en face de la Vierge pour la salutation
angélique; un lys à la main, et vêtu de blanc, il est drapé d'un
somptueux manteau rouge, rehaussé d'ors discrets.
La terrasse, parsemée de fleurs, laisse apercevoir par-dessus sa
balustrade un paysage idéal auquel les cyprès du premier plan, avec leurs
grêles silhouettes découpées sur le fond du ciel, donnent le caractère de
poignante mélancolie particulière aux couchers de soleil toscans.
N° 1301.--ANTONIO DEL POLLAJUOLO. _Saint Eustache, saint Jacques et
saint Vincent_. Ces trois magnifiques figures sont debout sur une
terrasse d'où l'on découvre un vaste paysage. Elles sont peintes avec une
vigueur de style et une fraîcheur de coloris admirables et vêtues avec
une somptuosité extrême. Cette oeuvre, une des plus parfaites d'un grand
et noble artiste, est de premier ordre.
N° 1300.--PIERO DELLA FRANCESCA. Portraits de _Frédéric de
Montefeltro_, duc d'Urbin, et de _Battista Sforza_, sa femme. Ce
petit diptyque est considéré comme le chef-d'oeuvre des peintures à
l'huile du maître, tant la composition et l'exécution en sont d'une
incomparable beauté. Le prince et la princesse, en buste et de profil, se
regardent; ils sont modelés en pleine lumière, sans ombre, et se
silhouettent avec une vigueur étonnante sur un fin et délicieux paysage.
Les volets extérieurs du diptyque sont, avec une égale perfection,
peut-être plus curieux encore par l'idée mythologique qu'ils
interprètent. Sur un fond de paysage faisant suite au précédent,
s'avancent l'un vers l'autre deux chars triomphaux. Sur l'un, est assis
le duc Frédéric couronné par la Victoire, debout derrière lui. Les
chevaux sont conduits par l'Amour, et, devant le prince, sont groupées
les Vertus cardinales.
La duchesse occupe l'autre, elle est assise également et escortée de deux
figures de femmes. Son char est attelé de licornes, symboles de pureté,
que précèdent la Foi et la Charité.
Toutes ces figures minuscules sont peintes avec délicatesse; elles
n'occupent que la partie supérieure des panneaux, dont le bas est pris
par une inscription latine.
N° 1290.--BEATO ANGELICO. _Couronnement de la Vierge_. Le sujet de
ce tableau a permis au maître de s'abandonner sans réserve au ravissement
de traiter des béatitudes célestes; aussi est-ce un de ceux qu'il a
peints avec le plus de perfection et d'amour.
Sur un fond d'or strié figurant les rayons d'une gloire, trônent le
Christ et la Vierge entourés d'un choeur immense de délicieux petits anges
dansant, chantant ou jouant de divers instruments, tandis qu'en avant
s'échelonnent les élus et les saints. Rien ne peut exprimer la grâce et
la divine allégresse de toutes ces délicates figures vraiment béatifiées
par le mysticisme profond et touchant d'une âme exquise. Les attitudes
sont variées à l'infini, les visages sont peints avec le précieux fini de
la miniature; quant aux vêtements, ils sont toujours traités de la même
manière, dans les tons extrêmement vifs de l'enluminure, avec de nombreux
rehauts d'or. Au premier abord, ce parti pris donne quelque chose d'un
peu heurté, et presque de désagréable, auquel il faut que l'oeil s'habitue
pour subir dans sa plénitude le charme fascinateur propre aux
compositions idéales de l'Angelico.
N° 1306.--ANT. DEL POLLAJUOLO. _La Prudence_. Superbe figure de
femme assise sur un siège de marbre. Elle tient d'une main le miroir
symbolique, tandis qu'autour de l'autre s'enroule le serpent de la
sagacité. Elle est vêtue d'une tunique enrichie de pierres avec des
manches de brocart; sur ses épaules et sur ses genoux est drapé un
magnifique manteau dont la coloration fait déjà pressentir celle de
Michel-Ange.
Le détail de cette oeuvre de premier ordre est une merveille de rendu.
N° 1267bis.--SANDRO FILIPEPPI, dit BOTICELLI. _La Vierge et
l'Enfant_. Ce tableau en forme de médaillon compte assurément parmi
les meilleures compositions religieuses du maître, dont la nature,
d'ailleurs éminemment profane, fut hostile par essence aux
interprétations pieuses qui réclament une absence de recherche et une
simplicité inconciliables avec la complication de son propre tempérament.
La Vierge, assise de profil, tient l'Enfant mal dessiné et boursouflé; sa
tête délicieuse, légèrement penchée, est couverte d'un fin tissu de gaze
rayée noué autour du cou d'une manière recherchée. Debout devant elle,
deux ravissantes figures d'adolescents lui présentent un livre ouvert et
une écritoire, tandis que, plus en arrière, s'incline en souriant un
troisième jeune homme.
N° 1289.--BOTTICELLI. _La Vierge et l'Enfant à la Grenade_.
N° 1299.--BOTTICELLI. _La Force_. On retrouve l'école dans ce
tableau de jeunesse peint pour la série des Vertus, dans l'atelier de
Pollajuolo.
Botticelli, n'étant pas encore maître de son talent, a appliqué à cette
oeuvre des principes contraires à son tempérament; aussi y
contracte-t-elle quelque chose de dur et de heurté.
N° 1307.--FRA FILIPPO LIPPI (1412-1496). _La Vierge adore l'Enfant
présenté par deux anges_. Ce tableau, peint pour la chapelle du palais
de Cosme l'Ancien, est une des dernières et des meilleures oeuvres du
maître; la Vierge surtout est une des plus charmantes créations de la
peinture florentine. Elle est représentée sous les traits d'une très
jeune fille à l'expression naïve et pure, vêtue d'une robe coupée à la
mode florentine et dont la légère chevelure est couverte de fins voiles
transparents. Assise dans un fauteuil, elle joint les mains et contemple
avec recueillement l'Enfant que lui présentent deux anges d'un dessin peu
agréable et même défectueux.
N° 1291.--LUCA SIGNORELLI (1441-1524). _Sainte Famille_. Ce tableau
rond, dans le style large, dépouillé de tout artifice du maître, montre
avec ses admirables qualités de composition et de dessin, sa science
consommée du clair obscur, égale souvent à celle de Léonard.
N° 1298.--LUCA SIGNORELLI. _L'Annonciation, la Nativité et l'Adoration
des Mages_. Précieuse prédelle où les très petites figures sont
traitées tout à la fois avec un fini remarquable et la largeur de style
des «Fulminati» d'Orvieto ou des «soldats de Totila» du Mont-Cassin.