PORTE DU SUD DU BAPTISTÈRE D'ANDREA PISANO (1335)

_________________________________ _________________________________

| | || | |

| JOACHIM | JOACHIM || JEAN | JEAN |

| ET | CHASSÉ || DEVANT | MIS |

| L'ANGE | DU TEMPLE || HÉRODE | EN PRISON |

| | || | |

|---------------------------------||---------------------------------|

| RENCONTRE DE | || LES DISCIPLES | LES DISCIPLES |

| JOACHIM ET DE | NAISSANCE || DE JEAN | DE JEAN |

| Ste ÉLISABETH | DE || DEVANT SA | INTERVIENNENT |

| A LA PORTE DORÉE | St JEAN || PRISON | AUPRÈS |

| | || | DE JÉSUS |

|---------------------------------||-----------------|---------------|

| JOACHIM ÉCRIT | || FESTIN | |

| SUR DES TABLETTES| St JEAN || D'HÉRODE. | DÉCOLLATION |

| LE NOM QU'IL | DANS || SALOMÉ | DE |

| VEUT QU'ON DONNE | LE DÉSERT || DANSE AU SON | St JEAN |

| A SON FILS | || DU VIOLON | |

|---------------------------------||---------------------------------|

| | || SALOMÉ | SALOMÉ |

| PRÉDICATION | St JEAN || PRÉSENTE A | APPORTE A |

| DE | RENCONTRE || HÉRODE LA TÊTE | HÉRODIADE LA |

| St JEAN | JÉSUS-CHRIST || DE St JEAN | TÊTE DE |

| | || | St JEAN |

|---------------------------------||---------------------------------|

| | || LE CORPS DE | ENSEVELISSE |

| JEAN | BAPTÊME || St JEAN | ENSEVELISSE_ |

| BAPTISE LES | DE || EST RENDU A | MENT DE |

| NÉOPHYTES | JÉSUS-CHRIST || SES DISCIPLES | St JEAN |

| | || | |

|---------------------------------||---------------------------------|

| | || | |

| | || | |

| SPES | FIDES || CHARITAS | HUMILITAS |

| | || | |

| | || | |

|---------------------------------||---------------------------------|

| | || | |

| | || | |

| FORTITUDO | TEMPERANTIA || JUSTITIA | PRUDENTIA |

| | || | |

| | || | |

|---------------------------------||---------------------------------|

+Vantail de gauche+ +Vantail de droite+

Dans cette maîtresse oeuvre, le progrès réalisé sur les Pisans est

considérable. Andrea y devine les lois de la perspective, épargne les

figures et modère les mouvements. Il est aussi sobre de plans et de

lignes que ses maîtres en furent prodigues, et rencontre du premier coup,

comme Giotto, les lignes mères de la composition, c'est-à-dire

l'ordonnance la plus simple et la plus claire. Tous les motifs sont

conçus avec une parfaite convenance au sujet, et sont traités avec un

sentiment profond, exprimé par des gestes harmonieux et sans violence,

tels que les veut la gravité sculpturale. Si le sujet traité par Pisano

est calme, les plis sont rares, comme, par exemple, dans la composition

des Vertus; tandis qu'au contraire, si la scène réclame du mouvement ou

dénote l'agitation intérieure, les plis se pressent, toutefois sans

abondance inutile, et le maître a su donner à ses figures une grâce

d'attitude qui fait de son oeuvre une sorte de trait d'union entre l'art

antique et l'art moderne.

Il reste à observer combien, en cela encore semblable à Giotto, le maître

néglige l'indication du lieu; ses groupements sont au plus sur deux

rangs, si bien que ses plans, rapprochés de la conception hellénique,

présentent les premières figures en haut relief et les secondes en

bas-relief.

La porte finie, la République donna pour récompense à l'artiste pisan le

droit de bourgeoisie, accordé rarement et seulement aux étrangers de la

plus haute distinction, ou d'un mérite éclatant. Placée à l'entrée

principale de l'est, c'est-à-dire en face l'autel, elle dut, en 1446,

céder la place à la porte de Ghiberti et fut transportée sur la face sud,

qu'elle occupe depuis. C'est lors de ce transfert que le fils de

Ghiberti, VITTORIO, l'entoura de la riche guirlande de fleurs et de

fruits qui en fait le délicieux encadrement.

Après la mort de Pisano, l'achèvement des portes du Baptistère resta

suspendu et ce fut seulement à la suite de la fameuse peste de 1403 que

la Seigneurie en décida l'exécution. A cet effet, fut ouvert un concours

dont le sujet était l'histoire de Jésus-Christ et auquel prirent part les

DELLA QUERCIA, les NICCOLÒ d'AREZZO, les BRUNELLESCHI et les GHIBERTI, et

où la préférence devait être donnée à la composition la plus rapprochée

de l'oeuvre d'Andrea Pisano. Brunelleschi s'étant retiré, GHIBERTI

l'emporta en dernier lieu; il avait alors vingt-cinq ans.

Dans cette porte où il était strictement limité par l'obligation de se

subordonner à l'oeuvre gothique, Ghiberti adopta la même division en vingt

panneaux supérieurs et en huit inférieurs contenant les figures des

Évangélistes et des Pères de l'Église, et encadra chaque châssis de têtes

saillantes, tandis qu'il couvrait les chambranles de fleurs, de fruits ou

d'oiseaux. Cependant, si les figures dépassent celles de la porte

gothique comme animation et comme expression, elles n'atteignent pas à la

grandeur sévère et à la sérénité calme de celles d'Andrea. Elles ont

pourtant une grâce ingénue et juvénile dont s'exclut encore tout soupçon

de maniérisme et l'art plastique y atteindrait la perfection, si Lorenzo

avait mieux compris les conditions du bas-relief, et son incapacité à

exprimer les saillies nuancées, les plans successifs ou les profondeurs

feintes. Ce grave défaut de son style, déjà sensible dans cette première

oeuvre, devait par ses développements ultérieurs entraîner la sculpture

dans une voie funeste.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 10 / 76 题