_________________________________ _________________________________
| | || | |
| JOACHIM | JOACHIM || JEAN | JEAN |
| ET | CHASSÉ || DEVANT | MIS |
| L'ANGE | DU TEMPLE || HÉRODE | EN PRISON |
| | || | |
|---------------------------------||---------------------------------|
| RENCONTRE DE | || LES DISCIPLES | LES DISCIPLES |
| JOACHIM ET DE | NAISSANCE || DE JEAN | DE JEAN |
| Ste ÉLISABETH | DE || DEVANT SA | INTERVIENNENT |
| A LA PORTE DORÉE | St JEAN || PRISON | AUPRÈS |
| | || | DE JÉSUS |
|---------------------------------||-----------------|---------------|
| JOACHIM ÉCRIT | || FESTIN | |
| SUR DES TABLETTES| St JEAN || D'HÉRODE. | DÉCOLLATION |
| LE NOM QU'IL | DANS || SALOMÉ | DE |
| VEUT QU'ON DONNE | LE DÉSERT || DANSE AU SON | St JEAN |
| A SON FILS | || DU VIOLON | |
|---------------------------------||---------------------------------|
| | || SALOMÉ | SALOMÉ |
| PRÉDICATION | St JEAN || PRÉSENTE A | APPORTE A |
| DE | RENCONTRE || HÉRODE LA TÊTE | HÉRODIADE LA |
| St JEAN | JÉSUS-CHRIST || DE St JEAN | TÊTE DE |
| | || | St JEAN |
|---------------------------------||---------------------------------|
| | || LE CORPS DE | ENSEVELISSE |
| JEAN | BAPTÊME || St JEAN | ENSEVELISSE_ |
| BAPTISE LES | DE || EST RENDU A | MENT DE |
| NÉOPHYTES | JÉSUS-CHRIST || SES DISCIPLES | St JEAN |
| | || | |
|---------------------------------||---------------------------------|
| | || | |
| | || | |
| SPES | FIDES || CHARITAS | HUMILITAS |
| | || | |
| | || | |
|---------------------------------||---------------------------------|
| | || | |
| | || | |
| FORTITUDO | TEMPERANTIA || JUSTITIA | PRUDENTIA |
| | || | |
| | || | |
|---------------------------------||---------------------------------|
+Vantail de gauche+ +Vantail de droite+
Dans cette maîtresse oeuvre, le progrès réalisé sur les Pisans est
considérable. Andrea y devine les lois de la perspective, épargne les
figures et modère les mouvements. Il est aussi sobre de plans et de
lignes que ses maîtres en furent prodigues, et rencontre du premier coup,
comme Giotto, les lignes mères de la composition, c'est-à-dire
l'ordonnance la plus simple et la plus claire. Tous les motifs sont
conçus avec une parfaite convenance au sujet, et sont traités avec un
sentiment profond, exprimé par des gestes harmonieux et sans violence,
tels que les veut la gravité sculpturale. Si le sujet traité par Pisano
est calme, les plis sont rares, comme, par exemple, dans la composition
des Vertus; tandis qu'au contraire, si la scène réclame du mouvement ou
dénote l'agitation intérieure, les plis se pressent, toutefois sans
abondance inutile, et le maître a su donner à ses figures une grâce
d'attitude qui fait de son oeuvre une sorte de trait d'union entre l'art
antique et l'art moderne.
Il reste à observer combien, en cela encore semblable à Giotto, le maître
néglige l'indication du lieu; ses groupements sont au plus sur deux
rangs, si bien que ses plans, rapprochés de la conception hellénique,
présentent les premières figures en haut relief et les secondes en
bas-relief.
La porte finie, la République donna pour récompense à l'artiste pisan le
droit de bourgeoisie, accordé rarement et seulement aux étrangers de la
plus haute distinction, ou d'un mérite éclatant. Placée à l'entrée
principale de l'est, c'est-à-dire en face l'autel, elle dut, en 1446,
céder la place à la porte de Ghiberti et fut transportée sur la face sud,
qu'elle occupe depuis. C'est lors de ce transfert que le fils de
Ghiberti, VITTORIO, l'entoura de la riche guirlande de fleurs et de
fruits qui en fait le délicieux encadrement.
Après la mort de Pisano, l'achèvement des portes du Baptistère resta
suspendu et ce fut seulement à la suite de la fameuse peste de 1403 que
la Seigneurie en décida l'exécution. A cet effet, fut ouvert un concours
dont le sujet était l'histoire de Jésus-Christ et auquel prirent part les
DELLA QUERCIA, les NICCOLÒ d'AREZZO, les BRUNELLESCHI et les GHIBERTI, et
où la préférence devait être donnée à la composition la plus rapprochée
de l'oeuvre d'Andrea Pisano. Brunelleschi s'étant retiré, GHIBERTI
l'emporta en dernier lieu; il avait alors vingt-cinq ans.
Dans cette porte où il était strictement limité par l'obligation de se
subordonner à l'oeuvre gothique, Ghiberti adopta la même division en vingt
panneaux supérieurs et en huit inférieurs contenant les figures des
Évangélistes et des Pères de l'Église, et encadra chaque châssis de têtes
saillantes, tandis qu'il couvrait les chambranles de fleurs, de fruits ou
d'oiseaux. Cependant, si les figures dépassent celles de la porte
gothique comme animation et comme expression, elles n'atteignent pas à la
grandeur sévère et à la sérénité calme de celles d'Andrea. Elles ont
pourtant une grâce ingénue et juvénile dont s'exclut encore tout soupçon
de maniérisme et l'art plastique y atteindrait la perfection, si Lorenzo
avait mieux compris les conditions du bas-relief, et son incapacité à
exprimer les saillies nuancées, les plans successifs ou les profondeurs
feintes. Ce grave défaut de son style, déjà sensible dans cette première
oeuvre, devait par ses développements ultérieurs entraîner la sculpture
dans une voie funeste.