Libres!
Notre collaborateur, M. Savigny, vous a raconté dans le précédent numéro
le drame de la Porte-Saint-Martin, _Libres!_ Il ne nous reste plus qu'à
expliquer aujourd'hui la gravure qui reproduit les divers épisodes de
cette pièce si dramatique. C'est le combat, c'est la bataille, c'est la
mêlée entre les Albanais du pacha et les Souliotes de Lambros, appelés à
l'insurrection par le polémarque, les bras étendus, le fusil levé au
milieu de ces vaillants soldats. Ce héros au sabre recourbé, à la
_chahia_ dont les glands d'or flottent au vent, c'est Lambros, libre, et
montrant à Aly la défaite de ses troupes; un homme est couché à gauche,
étendu à terre par la balle d'Andronicus. Au centre, Mikalis, le
comique, et sa fiancée Smaragda se reposent des agitations du drame en
pêchant à la ligne. Il joue un grand rôle, le pêcheur qui surprend plus
de secrets qu'il ne prend de poissons.
Notre dessinateur a reproduit, dans les médaillons latéraux, au
principal sujet, les principales décorations du drame: la Grèce, avec
ses ruines, ses temples, ce Parthénon qui élève son fronton mutilé au
milieu de fûts de colonnes renversées. Au-dessous, se dessine le petit
village de Variadès, aux maisons blanches, aux toits supportés par des
étais de bois, et aux vignes courant sur les tuiles rouges; à droite, la
falaise, couronnée d'arbres et dominant les vastes horizons de la mer.