Depuis la mort des chefs de l’école odique, Reichenbach, du Prel et de
Rochas, cette étude des fluides a été quelque peu négligée, à tort selon
nous, car elle est loin d’être épuisée; mais il y a des modes en
métapsychie comme en toutes choses. La «Society for Psychical Research»,
notamment, durant ces dernières années, s’est occupée presque
exclusivement de la question des «Correspondances croisées», et son
enquête, si elle n’a pas donné des résultats absolument péremptoires,
permet du moins de soupçonner de plus en plus sérieusement la présence,
autour de nous, d’entités spirituelles, invisibles et intelligentes,
désincarnées ou autres, qui s’amusent, c’est le mot, à nous prouver
qu’elles se jouent de l’espace et du temps et poursuivent un dessein
qu’on ne démêle pas encore. Je sais bien que l’on peut, à la rigueur,
attribuer ces communications insolites aux facultés inconnues du
subconscient; mais l’hypothèse devient de jour en jour plus précaire, et
le moment n’est peut-être pas très éloigné où nous serons enfin forcés
d’admettre l’existence de ces désincarnés, de ces doubles, de ces
esprits errants, de ces élémentaires, de ces «Dhyan-Choans», de ces
«Dévas», de ces esprits cosmiques, dont les occultistes d’autrefois
n’avaient jamais douté.
Dans cet ordre d’idées, pour ne pas parler du _Raymond_ de Sir Oliver
Lodge, des très intéressantes expériences spirites de P.-E. Cornillier
ni d’une foule d’autres, ce qui nous entraînerait trop loin, les récents
travaux du Dr W. Crawford, qui ont fait sensation dans le monde
métapsychique, sont venus apporter à la théorie des «Invisibles», un
sérieux appui. Il est vrai, comme nous le verrons, que cet appui lui
vient moins des faits mêmes que de l’interprétation qu’on leur donne.