Non seulement le fluide odique ainsi capté renferme et reproduit la
volonté du magnétiseur, il renferme encore et représente une partie de
la personnalité du magnétisé, et notamment toute sa sensibilité.
Le colonel de Rochas a fait sur ce point, qu’il appelle:
«_L’extériorisation de la sensibilité_», une foule d’expériences
déconcertantes et cependant inattaquables et décisives, qui nous
ramènent directement aux pratiques de l’envoûtement des magiciens de
l’antiquité et des sorcières du Moyen âge, ce qui nous montre une fois
de plus que sous les plus étranges croyances ou superstitions, dès
qu’elles sont suffisamment générales il y a presque toujours une vérité
cachée ou oubliée.
Je crois inutile de rappeler ici les expériences qui sont connues de
tous ceux qui ont entr’ouvert un livre de métapsychique. Je dois me
borner; ce que j’ai dit suffit à établir qu’il y a en nous un principe
vital qui n’est pas indissolublement lié à notre corps, qui peut le
quitter, qui peut s’extérioriser, du moins en partie et momentanément
durant notre vie, qui peut être rendu visible, qui possède une force
indépendante de nos muscles, qui peut condenser de la matière, la
modeler, l’organiser, la faire vivre, non seulement en apparence, comme
les fantômes de notre imagination, mais comme des corps tangibles et
réels, dont la substance s’évanouit et rentre en nous de façon
inexplicable. Nous avons également vu que ce principe vital peut être
capté dans un objet, et maintient indestructiblement dans cet objet,
malgré toutes les manipulations physiques ou chimiques, la volonté du
magnétiseur et la sensibilité du magnétisé. N’est-ce pas le moment de se
demander si, étant à ce point séparable et indépendant de notre corps,
si étant à ce point indestructible, par exemple dans les cendres d’un
papier brûlé qui n’en renfermait qu’une minime partie, ce fluide vital
ne survit pas à la destruction de notre corps? En réponse à cette
question, nous avons, outre la logique, les très troublantes
constatations des sociétés savantes qui se sont vouées à la recherche
des cas de survivance rigoureusement constatées, notamment, les cinq ou
six cents apparitions de morts contrôlées par la «Society for Psychical
Research». Il faut convenir que ces apparitions, qui sont probablement
des manifestations odiques d’outre-tombe, paraissent beaucoup plus
vraisemblables, depuis que nous connaissons certaines propriétés de
l’étrange fluide que nous venons d’étudier.