XI

Mais c’est surtout en ce qui touche au subconscient, aux mystères de

l’Hôte inconnu, à ce que nous appelons aujourd’hui la psychologie

anormale, à l’astral, à l’hypnotisme, au médiumnisme, aux propriétés de

l’éther, aux fluides ignorés, à la médecine odique, à l’hyperchimie, à

la survivance, à la connaissance de l’avenir, qu’ils devaient posséder

des secrets à la recherche desquels les hermétistes du Moyen âge, au

milieu de leurs pentacles, de leurs cryptogrammes, de leurs grimoires

falsifiés et méconnaissables, se sont exténués. C’est apparemment dans

ces régions de l’occultisme qu’il nous reste quelque chose à glaner; et

c’est vers elles que revient, par d’autres chemins, notre métapsychique.

C’est également dans ces parages ténébreux que les derniers initiés de

l’Inde, héritiers des traditions ésotériques, l’emportent encore de

beaucoup sur tout ce que nous savons et produisent ces phénomènes

singuliers que la jonglerie et la supercherie ne suffisent pas toujours

à expliquer et qui provoquent l’étonnement des voyageurs les plus

sceptiques et les plus soupçonneux.

Ont-ils en réserve, comme ils le prétendent, d’autres secrets, notamment

ceux qui leur permettraient de manipuler certaines forces terribles et

irrésistibles, telle que la force intramoléculaire ou la puissance

formidable et inépuisable de la gravitation, du son ou de l’éther? C’est

possible mais moins certain. Il est assez incompréhensible qu’en cas

d’urgence, quand il était question de vie ou de mort, ils n’y aient

jamais eu recours. L’Inde, comme l’Égypte, la Perse et la Chaldée, a

subi d’effroyables invasions qui non seulement menaçaient sa

civilisation, anéantissaient ses richesses, brûlaient ses livres sacrés,

massacraient ses habitants, mais s’attaquaient à ses dieux, violaient

ses temples, exterminaient ses prêtres. Cependant on ne constate pas

qu’elle ait jamais tourné contre ses agresseurs une arme surnaturelle.

On peut répondre que vu l’immensité des territoires, ces invasions ne

furent jamais totales, que les derniers initiés pouvaient fuir devant

elles et se réfugier en d’inaccessibles montagnes; qu’au surplus, leur

royaume n’étant pas de ce monde, ils ne se sentaient pas le droit d’user

de leurs pouvoirs supra-terrestres, car un axiome fondamental de la

haute science interdit de l’abaisser à la poursuite d’un dessein

matériellement avantageux; c’est encore possible. Il n’en reste pas

moins que la domination anglaise et surtout la conquête du Thibet, en

1904, par le colonel Younghusband, ont porté un coup très sensible au

prestige de leurs connaissances occultes.

Le grand secret · 第 65 / 108 题