Mais c’est surtout en ce qui touche au subconscient, aux mystères de
l’Hôte inconnu, à ce que nous appelons aujourd’hui la psychologie
anormale, à l’astral, à l’hypnotisme, au médiumnisme, aux propriétés de
l’éther, aux fluides ignorés, à la médecine odique, à l’hyperchimie, à
la survivance, à la connaissance de l’avenir, qu’ils devaient posséder
des secrets à la recherche desquels les hermétistes du Moyen âge, au
milieu de leurs pentacles, de leurs cryptogrammes, de leurs grimoires
falsifiés et méconnaissables, se sont exténués. C’est apparemment dans
ces régions de l’occultisme qu’il nous reste quelque chose à glaner; et
c’est vers elles que revient, par d’autres chemins, notre métapsychique.
C’est également dans ces parages ténébreux que les derniers initiés de
l’Inde, héritiers des traditions ésotériques, l’emportent encore de
beaucoup sur tout ce que nous savons et produisent ces phénomènes
singuliers que la jonglerie et la supercherie ne suffisent pas toujours
à expliquer et qui provoquent l’étonnement des voyageurs les plus
sceptiques et les plus soupçonneux.
Ont-ils en réserve, comme ils le prétendent, d’autres secrets, notamment
ceux qui leur permettraient de manipuler certaines forces terribles et
irrésistibles, telle que la force intramoléculaire ou la puissance
formidable et inépuisable de la gravitation, du son ou de l’éther? C’est
possible mais moins certain. Il est assez incompréhensible qu’en cas
d’urgence, quand il était question de vie ou de mort, ils n’y aient
jamais eu recours. L’Inde, comme l’Égypte, la Perse et la Chaldée, a
subi d’effroyables invasions qui non seulement menaçaient sa
civilisation, anéantissaient ses richesses, brûlaient ses livres sacrés,
massacraient ses habitants, mais s’attaquaient à ses dieux, violaient
ses temples, exterminaient ses prêtres. Cependant on ne constate pas
qu’elle ait jamais tourné contre ses agresseurs une arme surnaturelle.
On peut répondre que vu l’immensité des territoires, ces invasions ne
furent jamais totales, que les derniers initiés pouvaient fuir devant
elles et se réfugier en d’inaccessibles montagnes; qu’au surplus, leur
royaume n’étant pas de ce monde, ils ne se sentaient pas le droit d’user
de leurs pouvoirs supra-terrestres, car un axiome fondamental de la
haute science interdit de l’abaisser à la poursuite d’un dessein
matériellement avantageux; c’est encore possible. Il n’en reste pas
moins que la domination anglaise et surtout la conquête du Thibet, en
1904, par le colonel Younghusband, ont porté un coup très sensible au
prestige de leurs connaissances occultes.