VIII

Et l’Égypte, dira-t-on, ses monuments et ses hiéroglyphes ne sont-ils

pas bien plus anciens? Écoutons sur ce point le très érudit égyptologue

Le Page Renouf[3], une des grandes autorités en la matière. Il estime

que les monuments égyptiens et leurs inscriptions ne peuvent servir de

bases à des dates certaines; que les calculs fondés sur le lever

héliaque des étoiles n’est pas probant, attendu que dans les textes il

est plus vraisemblable qu’il s’agit de leur passage que de leur lever.

Mais il est convaincu que, d’après les calculs les plus modérés, la

monarchie égyptienne existait déjà plus de 2.000 ans avant que l’_Exode_

fût écrit; or, l’_Exode_ remonte probablement à l’an 1310 avant J.-C.;

et la date de la grande pyramide ne peut être reportée à moins de 3.000

ou 4.000 ans avant notre ère. Ces calculs, de même que ceux qui font

commencer l’ère chinoise 2.697 ans avant J.-C., nous ramènent assez

curieusement à l’époque assignée par les indianistes au développement de

la pensée védique, développement qui suppose une période de gestation et

de formation infiniment plus reculée. Ils n’impliquent pas du reste que

la civilisation égyptienne, tout comme la civilisation hindoue, ne soit

beaucoup plus ancienne. Un autre grand égyptologue, Léonard Horner, de

1851 à 1854, fit creuser dans la vallée du Nil, en divers endroits,

quatre-vingt-quinze puits. On constate que la hauteur que le Nil ajoute

chaque siècle à son lit d’alluvions est de 5 pouces, hauteur qui doit

être moindre pour les couches inférieures, à cause de la pression; or,

jusqu’aux profondeurs de 75 pieds, on trouva des sculptures de granit,

des figures humaines et animales, des mosaïques, des vases, des

fragments de briques et de poteries (celles-ci aux grandes profondeurs).

Comme il y a 12 pouces dans un pied, cela nous reporte à plus de 17.000

ou 18.000 ans. A une profondeur de 33 pieds 6 pouces on exhuma une

tablette avec des inscriptions qui, d’après un calcul facile, avait par

conséquent près de 8.000 ans. L’hypothèse de puits ou citernes, sur

lesquels on serait tombé par hasard, doit être écartée, car le même fait

s’est vérifié partout. Ces constatations, pour le dire en passant,

donnent une fois de plus raison aux traditions occultistes, touchant

l’antiquité de la civilisation humaine. Cette antiquité prodigieuse est

en outre confirmée par les observations sidérales des anciens. Il existe

par exemple un catalogue d’étoiles qu’on appelle le catalogue de

Souryo-Shiddhanto; or, les différences de position de huit de ces

étoiles fixes, prises au hasard, démontrent que les observations de

Souryo remontent à plus de 58.000 ans.

[3] P. LE PAGE RENOUF, _Lectures on the Origin and Growth of Religion

as illustrated by the Religion of Ancient Egypt_.

Le grand secret · 第 16 / 108 题