À MAYNARD.

Pourquoi se donner tant de peine?

Buvons plutôt à perdre haleine,

De ce nectar délicieux,

Qui, pour l'excellence, précède

Celui même que Ganymède

Verse dans la coupe des dieux.

C'est lui qui fait que les années,

Nous durent moins que les journées.

C'est lui qui nous fait rajeunir,

Et qui bannit de nos pensées

Le regret des choses passées

Et la crainte de l'avenir.

Buvons, Maynard, à pleine tasse

L'âge insensiblement se passe,

Et nous mène à nos derniers jours;

L'on a beau faire des prières,

Les ans, non plus que les rivières,

Jamais ne rebroussent leur cours.

Le printemps, vêtu de verdure,

Chassera bientôt la froidure.

La mer a son flux et reflux;

Mais, depuis que notre jeunesse

Quitte la place à la vieillesse,

Le temps ne la ramène plus.

Les lois de la mort sont fatales

Aussi bien au maisons royales

Qu'aux taudis couverts de roseaux;

Tous nos jours sont sujets aux Parques;

Ceux des bergers et des monarques

Sont coupés des mêmes ciseaux.

Leurs rigueurs, par qui tout s'efface,

Ravissent, en bien peu d'espace,

Ce qu'on a de mieux établi,

Et bientôt nous mèneront boire,

Au-delà de la rive noire,

Dans les eaux du fleuve d'oubli.

Celle-ci est du professeur qui l'a aussi mise en musique. Il a reculé

devant les embarras de la gravure, malgré le plaisir qu'il aurait eu de

se savoir sur tous les pianos; mais par un bonheur inouï, elle peut se

chanter et _on la chantera_ sur l'air du _vaudeville de Figaro_.

Physiologie du goût · 第 120 / 139 题