Il est bien que tout le monde sache que si l'ambre, considéré comme
parfum, peut être nuisible aux profanes qui ont les nerfs délicats, pris
intérieurement il est souverainement tonique et exhilarant; nos aïeux en
faisaient grand usage dans leur cuisine, et ne s'en portaient pas plus
mal.
J'ai su que le maréchal de Richelieu, de glorieuse mémoire, mâchait
habituellement des pastilles ambrées; et pour moi, quand je me trouve
dans quelqu'un de ces jours où le poids de l'âge se fait sentir, où l'on
pense avec peine et où l'on se sent opprimé par une puissance inconnue,
je mêle avec une forte tasse de chocolat gros comme une fève d'ambre
pilé avec du sucre, et je m'en suis toujours trouvé à merveille. Au
moyen de ce tonique, l'action de la vie devient aisée, la pensée se
dégage avec facilité, et je n'éprouve pas l'insomnie qui serait la suite
infaillible d'une tasse de café à l'eau, prise avec l'intention de
produire le même effet.