L'électricité à l'Assemblée nationale

La semaine dernière, tous les journaux ont parlé du nouveau système

d'allumage instantané par l'électricité des trois cent-cinquante-deux

becs de gaz de l'Assemblée nationale. Voici sur ce système quelques

détails que nous croyons de nature à intéresser nos lecteurs.

L'appareil que nous avons représenté avec un soin minutieux se compose

d'une bobine Rhumkorff, de dimension assez modeste, de la pile, des

contacts et du système de fils.

Avant de mettre la bobine en jeu, il faut relever un contact à poignée

et lui donner la situation horizontale.

Le courant ne passe dans chacun des dix-huit lustres qu'au moment où

l'opérateur touche le bouton correspondant dans le clavier qu'on voit à

sa gauche. Il fait cette opération avec un excitateur à manche isolé

qu'il tient à la main et qui conduit à la pile par une chaîne analogue à

celle de la timbale des fontaines Wallace.

A chaque coup, l'opérateur tire une grosse étincelle à laquelle

répondent autant de petites qu'il y a de becs dans le lustre.

Nos lecteurs, qui seront admis dans les tribunes, pourront très-aisément

se rendre compte de la disposition indiquée par notre figure. En se

plaçant au-dessous du lustre, ils verront facilement le circuit zigzagué

des fils de platine, que le fluide parcourt tous au moment où

l'opérateur touche le boulon de l'armoire.

Notre artiste a dessiné l'opérateur au moment où il donne le feu à un

grand lustre de soixante-trois becs. Le circuit spécial à cet appareil

aura donc soixante-trois lacunes, dans lesquelles éclateront

soixante-trois étincelles.

[Illustration: VERSAILLES.--Le nouvel appareil d'allumage électrique

installé au palais de l'Assemblée Nationale.]

L'Illustration, No. 1603, 15 novembre 1873 · 第 19 / 30 题