La vanité est si bien ancrée dans le cœur de l'homme, et même de
l'homme de lettres, que la mienne cherchait une indemnité dans cette
abdication volontaire et cette retraite à la campagne. Je me rappelais
complaisamment Dioclétien plantant des laitues, Charles-Quint réglant
des horloges et gouvernant un couvent: je ne croyais pas pousser bien
loin la similitude; mais ces illustres exemples me consolaient. Par
suite d'un de ces partis extrêmes où se complaisent les imaginations
vives, il me semblait que plus la civilisation raffinée m'avait fait
subir de chagrins et de mécomptes, plus la vie littéraire m'avait
montré l'espèce humaine sous ses aspects méchants ou perfides, plus
aussi j'allais trouver dans les mœurs rustiques d'innocence, de
sécurité et de douceur. Aspirer à pleins poumons l'air vif et pur de
mes montagnes, me rasséréner dans la solitude, dans une intime
familiarité avec les beautés de la nature, faire un peu de bien autour
de moi pour donner un but sérieux et utile à mon oisiveté
contemplative, tel fut le programme de ma nouvelle existence.
Dans les commencements, tout alla bien: on était à la fin de
septembre, c'est-à-dire à la plus belle saison de notre Midi. Je ne me
lassais pas de mes promenades à travers ces délicieux paysages qui se
déroulent comme une immense corbeille aux pieds du Ventoux, et
auxquels il ne manque que des auberges, un Guide Joanne et le lointain
pour rivaliser avec la Suisse. La température était douce, le ciel
bleu, les couchers de soleil magnifiques. Chaque arbre commençait à
prendre sa teinte particulière: ces belles teintes d'automne, plus
réjouissantes à l'œil du paysagiste que la pâle et uniforme verdure
du printemps. J'avais un chien, qui, bien différent de mes confrères
les lettrés, me rendait le bien pour le mal, une caresse pour un coup
de pied. Je chassais, et, comme je voyais très-peu de gibier et n'en
tuais jamais, je rentrais chez moi avec plus d'appétit que de remords.
Chaque jour, j'avais le plaisir de faire dans ces sites agrestes et
solitaires quelque nouvelle découverte qui était bien mienne, car il
n'y avait là ni Anglais ni touriste pour me la disputer. Ces
découvertes n'étaient pas les seules: afin de ne pas rester tout à
fait désœuvré, je me mis à relire mes auteurs classiques, détail
singulièrement négligé dans notre vie d'improvisation et de fièvre,
dont les limites littéraires ne vont guère que de Lamartine à M.
About, comme son parcours matériel ne va que du boulevard du Temple à
la Madeleine. Je ne tardai pas à _découvrir_ qu'il y avait peut-être
plus d'esprit dans _Gil Blas_ que dans les _Mariages de Paris_; que la
prose de Pascal, de Fénelon, de la Bruyère, bien que moins imagée que
celle de MM. Théophile Gautier et Paul de Saint-Victor, pouvait en
balancer les mérites; que ce pauvre Boileau lui-même ne manquait pas
de bons sens; qu'on pouvait lire Racine, même après Victor Hugo, et
qu'il n'était pas impossible que, pour le naturel et le charme, madame
de Sévigné fût préférable à madame de Girardin.
En somme, il y eut là pour moi quelques semaines de bien-être
intellectuel et physique, pendant lesquelles ni Virgile, ni Gessner,
ni Florian, ne me parurent avoir surfait les délices de la vie
champêtre et la pureté des mœurs pastorales. J'avais réappris par
cœur le _O fortunatos nimium_... et je le récitais aux échos de nos
charmantes collines de Flassan et de Gigondas.
Bientôt, pourtant, je crus m'apercevoir qu'il y avait quelque chose
qui me gâtait un peu la campagne: ce quelque chose, c'étaient les
campagnards. Je ne vous étonnerai pas si je vous dis que ma longue
absence et mon exclusive préoccupation de littérature avaient
introduit dans mon très-modeste domaine une foule d'abus qui se
traduisaient soit en pertes d'argent, soit en désagréments de toutes
sortes. Ici, c'était un fermier à figure patriarcale qui, sous
prétexte qu'il cultivait de père en fils _mon_ carré de terre, avait
fini par le regarder comme sa propriété et cessait depuis longtemps
d'en payer la rente. Là, c'était un paysan à l'air candide qui avait
pris la douce habitude de cueillir chez moi de l'herbe pour ses
bestiaux, du bois pour son ménage, des légumes pour son pot-au-feu, de
la _feuille_ pour ses vers à soie, et qui demeurait stupéfait quand je
lui demandais sur tout cela mon droit de propriétaire. D'honnêtes
cultivateurs, de naïfs villageois, des femmes, des enfants, allant
travailler à leurs champs, avaient trouvé tout simple d'abréger leur
itinéraire en passant par mon avenue, par mon chemin, sous mes
fenêtres, et jusque dans mon jardin, où les haies vives étaient mortes
et où un joli petit sentier avait été peu à peu tracé à travers mes
plates-bandes: si bien que, tous les matins, avant l'aurore, nous
étions réveillés par un affreux bruit de charrettes, avec
accompagnement de jurons, et que je ne pouvais entr'ouvrir mes
croisées ou mettre le nez à ma porte sans voir un gros bonhomme
trottinant sur son âne le long de mes marronniers, une vieille femme,
dans un costume non prévu par Greuze, butinant son fagot dans mes
allées, ou des marmots joufflus, mais malpropres, piétinant dans mon
ruisseau, se roulant sur mon pré, grimpant sur mes arbres, et
ramassant par distraction mes poires et mes abricots.
Ma sœur Ursule, rentrée dans son élément, dressait l'inventaire des
abus à réformer, des chiffres à rétablir sur leur véritable base. Je
ne sais pourquoi ces réformes m'effrayaient encore plus que les abus
ne m'étaient désagréables. Il était clair que mon absence et mon
insouciance me faisaient perdre un bon quart de mon revenu,
c'est-à-dire un millier d'écus; mais ces mille écus représentaient
pour moi d'interminables discussions où j'avais la certitude de n'être
pas le plus fort. A ce premier ennui s'en joignit un autre: comme les
paysans me rencontraient souvent me promenant un livre à la main, ils
en conclurent que j'étais avocat. Dès lors, tous les recoins de ma
vallée de prédilection, tous les replis de ces collines, tous les
bouquets d'arbres de ces bois, devinrent, à mes dépens, des cabinets
de consultation. Au moment où j'en étais au plus bel endroit de mes
rêveries, de mes contemplations ou de mes lectures, je voyais tout à
coup surgir devant moi un grand gaillard qui m'abordait en se grattant
la tête et me narrait verbeusement comme quoi on lui avait fait tort,
dans la succession de son beau-père, d'une somme de trois francs
cinquante centimes; comme quoi le percepteur le forçait de payer
l'impôt d'une parcelle de terrain qui n'était plus portée sur le
cadastre, ou comment le maire voulait lui faire enlever son fumier,
qu'il s'était habitué à manipuler dans la rue. La situation ne tarda
pas à se dessiner d'une façon plus précise. Le maire exerçait ses
fonctions depuis dix ans, ce qui veut dire qu'il avait à peu près
autant d'ennemis qu'il existait de maisons dans le village. Moi
absent, nul n'avait osé lever l'étendard de la révolte; car le paysan
est, avant tout, circonspect, et il supporte patiemment tous les
déboires tant qu'il a peur; mais mon arrivée donna le signal d'un
déchaînement universel, et ce fut à qui me dénoncerait le tyran de
Gigondas. Simon Breloque,--c'était le nom du redouté magistrat,--était
un oppresseur, un persécuteur, un pacha, exerçant son autorité à la
turque, et traitant ses administrés comme un vil bétail. Il ruinait la
commune par des dépenses insensées que lui suggérait une vanité
féroce: il avait voulu mettre Gigondas sur le pied d'un chef-lieu de
canton, avoir une plantation d'arbres verts, des rues praticables, une
horloge, un garde champêtre habillé à neuf, un hôtel de ville et trois
réverbères. Pour subvenir à ces prodigalités, il aliénait les bois
communaux, molestait les troupeaux, écrasait le pauvre monde et
multipliait les centimes additionnels. Quiconque faisait mine de lui
résister était sûr d'attraper, dans les trois mois, quelque bon
procès-verbal qui lui coûtait gros et l'humiliait devant ses
concitoyens. Aussi les projets les plus audacieux commençaient-ils à
bouillonner dans ces cervelles villageoises. On parlait de tirer des
coups de fusil, de se barricader dans ses maisons, de se transporter
en masse à la sous-préfecture et de demander la tête du maire. Puis
on me prenait par l'amour-propre, exactement comme s'il se fût agi
pour moi d'une lutte contre le _Siècle_ ou le _Figaro_. Simon Breloque
disait publiquement qu'il était plus riche que moi, que son vin était
meilleur que le mien, qu'il avait plus d'influence que je n'en aurais
jamais, que sa maison, placée au point culminant du village, était le
véritable château, et qu'il se faisait fort de prouver que quatre
platanes, considérés de temps immémorial comme miens, appartenaient à
la commune. Ces propos, sans m'émouvoir beaucoup, m'agaçaient les
nerfs, et je reconnus là, pour la centième fois, combien l'homme, même
le plus fier des prétendues supériorités de son esprit, s'accoutume
vite au rétrécissement de son cadre et y ajuste aisément, en
miniature, les passions qui l'agitaient sur un plus grand théâtre.
Simon Breloque devint à mes yeux quelque chose comme un Gustave
Planche ou un Sainte-Beuve en écharpe tricolore. C'était, en réalité,
un paysan enrichi dans l'exploitation d'une _périère_ qu'il avait eue
presque pour rien et qui avait fourni d'excellentes pierres aux
constructions du voisinage: il possédait les qualités et les défauts
de l'emploi: actif, intelligent, énergique, mais dur, méprisant pour
les pauvres diables qui n'avaient pas su s'enrichir, et les accablant
de son luxe, qui consistait à manger des canards et des lapins pendant
qu'ils mangeaient des haricots. Son argent d'abord, puis la bonne
chère, et enfin les dignités municipales, lui avaient porté à la
tête. J'aurais dû l'étudier comme un type: ma sottise fut de
l'accepter comme un rival et un adversaire.
Au bout de six mois, employés à cette guerre d'observation, une idée
grotesque, impossible, logique pourtant, s'empara de mon esprit et
n'en délogea plus. Il fallait à tout prix renverser Simon Breloque,
qui, le dimanche, à la messe paroissiale, prenait décidément des airs
trop superbes en s'installant dans le banc de la mairie et en me
voyant relégué sur une chaise dans une obscure chapelle. Comment le
remplacer? Les plaignants abondaient à Gigondas, mais les capacités
manquaient. Ceux des habitants qui savaient lire et écrire (il y en
avait cinq ou six) étaient conseillers municipaux; ils passaient pour
avoir subi la délétère influence de Simon Breloque, qui en avait fait
des suppôts d'arbitraire, aussi souples que les sénateurs (romains)
sous les empereurs. Pour triompher de cette oligarchie villageoise, il
était nécessaire de frapper un grand coup, de mettre en avant un nom
sans réplique, et moi seul, à quatre kilomètres à la ronde, étais
capable de mener à bien cette difficile entreprise. Voilà du moins ce
que me disaient mes flatteurs; je n'avais pas l'air de les comprendre,
mais je les laissais dire. De là à me laisser persuader et à envisager
sans terreur, dans un avenir possible, la succession de Breloque me
tombant sur les épaules et me ceignant les reins, il n'y avait qu'un
pas: ce pas fut franchi. Mon sous-préfet, homme d'esprit, fut enchanté
de l'idée de compter parmi ses maires de village un membre de la
Société des gens de lettres; il pensa peut-être que la gravité
administrative prévaudrait en moi sur ce naturel frondeur,
incorrigible chez les vieux journalistes. Je fis bien quelques façons;
mais, encore une fois, il y avait là quelque chose qui sentait le
Dioclétien, le Charles-Quint, le Denys de Syracuse, et qui ne me
déplaisait pas. Je n'avais pas voulu être le second à la _Revue des
Deux Mondes_; j'allais être le premier de mon village: César n'eût ni
mieux dit ni mieux fait. Bref, après quelques délais indispensables
pour obtenir poliment la démission de Breloque, je fus nommé maire de
Gigondas.
Ici je vous demande la permission d'ouvrir une parenthèse, afin de
vous dire quelques mots des deux sujets dont notre littérature a le
plus abusé et qui m'impatientent le plus quand je les vois revenir
dans les œuvres contemporaines; le _moi_ et l'argent: mais ces
quelques mots sont nécessaires à la suite de mon récit. Nous avions,
Ursule et moi, à peu près douze mille francs de rente, ce qui nous
suffisait pour vivre à Paris, mais sans faire la plus légère économie.
On liait, comme on le dit, les deux bouts; rien de plus. Or je
songeai, en revenant à Gigondas, que nous allions y mener un train de
princes avec une dépense annuelle de six mille francs, et qu'après
deux années de ce système économique nous aurions devant nous une
année de revenu que nous pourrions affecter à un grand voyage en
Italie et en Terre-sainte; objet des désirs passionnés, mais sans
espoir, de ma bonne et dévote Ursule. Je voulais lui en faire la
surprise, et ç'avait été là un des motifs qui m'avaient décidé à cette
courageuse retraite. Ceci posé, je reprends ma narration.
L'allégresse des habitants de Gigondas, en apprenant la chute de Simon
Breloque et ma nomination, ne connut pas de bornes: ce fut du délire,
et je pus boire à longs traits à la coupe fragile de la popularité. Le
jour de mon installation restera à jamais gravé en lettres d'or dans
les fastes de la commune. Quatre arcs de triomphe enguirlandés et
pavoisés, avec des inscriptions inspirées par la circonstance, furent
dressés sur mon passage. Dès le matin, des boîtes annoncèrent, par
leurs détonations triomphales, qu'une grande journée venait de se
lever sur Gigondas. Tous les yeux versaient des larmes de joie; toutes
les bouches criaient _Vive M. le Maire!_ A la grand'messe, qui fut
chantée par les choristes de la paroisse et accompagnée par deux
violons, une clarinette, un tambourin et un ophicléide du chef-lieu de
canton, je crus vraiment qu'on allait m'encenser et glisser mon nom
dans le _Domine salvum fac_. Je fis ce que m'imposaient mes nouveaux
devoirs dans ces moments solennels. J'offris un pain bénit
gigantesque, confectionné par le meilleur pâtissier de la ville
voisine. Ensuite les chantres et les musiciens trouvèrent, au sortir
de la messe, dans le jardin du curé, une table chargée de
rafraîchissements substantiels. Mais fallait-il abandonner aux
horreurs de la faim et de la soif les gosiers moins bien traités par
la nature, les déshérités du plain-chant et de la clarinette? Non. On
mit des rallonges, on en mit beaucoup, et bientôt tout le village put
prendre part à ces agapes fraternelles où l'on mangeait, où l'on
buvait d'autant plus que l'on était plus enthousiaste et plus heureux.
La soirée ne fut pas moins belle. On improvisa un bal sur ma prairie,
au grand déplaisir d'Ursule, qui n'aimait pas la danse et qui
calculait que le regain allait être détruit d'avance sous les pieds
légers des danseurs. Mais ce fut à peine un petit nuage dans ce jour
radieux. Les _vivat!_ les cris de joie, éclataient avec une furie
toujours nouvelle et desséchaient ces robustes poitrines qui se
réconfortaient par des libations incessantes. D'immenses galettes, des
gâteaux de Savoie, de fabuleux jambons, des pâtés homériques, de
colossales brochettes de dindes et de poulets, s'étalaient sur des
tréteaux rustiques. On défonçait des tonneaux de bière. Le punch
flambait à droite, le vin de Tavel circulait à gauche; les estomacs
délicats se contentaient de curaçao et de limonade gazeuse. Au coucher
du soleil, les populations environnantes, attirées par la rumeur
publique et l'électricité des joies populaires, accoururent en foule,
et j'eus l'orgueilleux bonheur de posséder quatre mille enthousiastes,
quatre mille admirateurs, quatre mille convives au lieu de cinq cents.
A neuf heures, un transparent à mon chiffre illumina ma façade et fut
le signal d'un splendide feu d'artifice; des verres de couleur, des
lampions en astragales, serpentèrent le long de ma grille et
scintillèrent à travers le feuillage. Des fusées, saluées par
d'enivrantes clameurs, montèrent dans l'espace et firent pâlir les
étoiles. Là il y eut encore un de ces petits accidents que la
Providence se plaît à mêler aux triomphes de ce monde, pour nous
avertir de leur fragilité. Une fusée mal éteinte tomba sur un banc de
paille et y mit le feu. Le propriétaire se désolait; je le rassurai en
lui déclarant que le dommage était tout naturellement à ma charge. Ce
trait de générosité se communiquant de proche en proche, mit le comble
à l'ivresse générale: on cria plus fort que jamais; on me donna une
quinzaine de sérénades; on chanta; on dansa des farandoles et des
rondes; on monta sur les chaises; on en cassa quelques-unes; on mangea
de nouveau, on but encore; on trouva, pour célébrer les vertus de M.
le maire, des _ut dièze_ inconnus à Tamberlick.
Enfin, à minuit, comblé de félicité et de migraine, brisé d'émotion,
saturé de courbature, je dis adieu à mon peuple, qui chantait et
buvait toujours. Je me couchai, et je rêvai que le brigadier de la
gendarmerie m'amenait, pieds et poings liés, MM. Taxile Delord,
Assolant et Ulbach, et les forçait de crier _Vive M. le Maire!_
Le lendemain, il fallut payer la carte de cette allégresse: en voici à
peu près les chiffres:
Pain bénit 20 fr.
Buis et rubans pour les arcs de triomphe 25
Honoraires des musiciens 40
Déjeuner des musiciens, des chantres et
de leurs amis, invités par môsieu le
maire 95
Pâtisseries 130
2,000 bouteilles de bière, à 50 c. pièce 1,000
1,000 litres de vin de Tavel, à 50 c. id. 500
Curaçao, rhum et liqueurs fines 275
Rôtis divers pour les invités de môsieu
le maire 360
Lampions et verres de couleur pour illuminer
môsieu le maire 80
Feu d'artifice pour le triomphe de môsieu
le maire 120
Limonade gazeuse pour les dames 50
Pain 15
Bons distribués aux indigents 150
Prix estimatif d'un banc de paille incendié
par une fusée de môsieu le maire 600
-----------
TOTAL 3,460 fr.
On m'avait fait grâce des centimes.
Nous disons trois mille quatre cent soixante francs, c'est-à-dire plus
d'un trimestre de notre budget parisien.
J'inaugurais assez mal mon système économique, mais j'étais le plus
fêté, le plus acclamé, le plus triomphant, le plus populaire, le plus
glorieux des maires de village.