=218=. Une des premières conséquences de la précession des équinoxes est
la différence entre l'année sidérale et l'année tropique.
Année sidérale. On appelle _année sidérale_ le temps qui s'écoule entre
deux retours consécutifs du soleil au même point â de l'écliptique.
On peut concevoir que le cercle de latitude Nâ soit celui d'une étoile
fixe _e_; on peut donc dire que l'année _sidérale_ est le temps qui
s'écoule entre deux retours consécutifs du soleil au cercle de latitude
d'une étoile déterminée quelconque; de là le nom d'_année sidérale_.
=219=. _Différence entre l'année sidérale et l'année tropique_.
Supposons qu'une année tropique et une année sidérale commencent toutes
deux au même équinoxe du printemps, le soleil étant en â sur
l'écliptique; l'année tropique finit quand le soleil arrivé en â_(1) a
encore un arc â_(1)â = 50",2 à parcourir pour être de retour en â. Le
soleil parcourt donc 360° de l'écliptique en une année sidérale, et
360°-50",2 en une année tropique. La vitesse moyenne étant supposée la
même durant ces deux années, celles-ci sont entre elles comme ces deux
nombres 360° et 360°-50",2. Donc une année sidérale = 365j.sol.moy.,2422
· 360° / (360°-50",2). On trouve ainsi 1an.sid. = 365j.sol.moy.,25638.
La différence est 0j,01418 = 20min, 25s[87].
[Note 87: Nous avons déjà indiqué cette différence entre l'année
tropique et l'année sidérale, nº 217.]
=220=. DÃSACCORD ENTRE LES SIGNES ET LES CONSTELLATIONS DU ZODIAQUE. La
rétrogradation des points équinoxiaux a encore sur le zodiaque un effet
remarquable que nous avons déjà signalé nº 123. Dès avant Hipparque, on
avait pris le point équinoxial du printemps pour origine des divisions
du zodiaque partagé en douze parties égales nommées signes, et on avait
donné à chacun de ces douze espaces égaux le nom de la constellation qui
l'occupait à cette époque (nº 123). Ainsi le soleil entrant dans le
premier signe à l'époque de l'équinoxe du printemps, y trouvait la
constellation du _Bélier_; de là le nom de _signe du Bélier_; un mois
après, entrant dans le second signe, il y rencontrait la constellation
du Taureau, etc., jusqu'au douzième signe où se trouvait la
constellation des Poissons. Aujourd'hui il n'en est plus de même; comme
il s'est écoulé 2000 ans environ depuis l'invention du zodiaque, le
point équinoxial â a rétrogradé vers l'ouest de 50",2 · 2000 ou de 27°
53' à peu près; chaque signe ayant une étendue de 30° dans le sens de
l'écliptique, le point â est venu se placer à peu près à l'endroit où
commençait le douzième signe des anciens, celui des Poissons.
Il résulte de là que le soleil, entrant à l'équinoxe dans le premier
signe, toujours nommé le _Bélier_, y rencontre la constellation des
_Poissons_; un mois après, entrant dans le signe du _Taureau_, il y
trouve la constellation du _Bélier_, etc., etc. Tous les signes ont
rétrogradé d'une place à peu près. Ce désaccord ne peut qu'augmenter
avec le temps, jusqu'à ce que le point équinoxial ayant fait le tour de
l'écliptique soit revenu à la position qu'il occupait il y a 2000
ans[88].
[Note 88: V. dans les notes, Ã la fin du chapitre, un Appendice sur ce
qui vient d'être dit sur la précession des équinoxes et ses
conséquences.]